À Marseille, Singa tend la main aux personnes primo-arrivantes et leur ouvre la porte de l'entrepreneuriat
Maëva Gardet-Pizzo
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Dans le poêlon, les grains de café vert virent au brun. « Tu vois là ? Les grains deviennent gras, c'est l'arôme qui se révèle », sourit Sarale, assise sur un tapis beige, tout en secouant d'un geste énergique un petit poêlon. Ce matin, dans la lumière tamisée de Fidèle, restaurant éthiopien fondé par son amie Tina à Marseille, c'est l'heure de la cérémonie du café. Comme à peu près cinq fois par jours en Éthiopie, où toutes deux sont nées.
« Avant, en Éthiopie, les femmes n'avaient pas d'emploi mais elles avaient toujours des tas de choses à faire : trier du blé ou des lentilles, coudre, éplucher des oignons. Plutôt que de le faire chacune dans son coin, elle s'invitent les unes les autres et rapportent leur travail de la maison. Elles sont ensemble et partagent tout », raconte Sarale de son sourire plein de vitalité.
Cette cérémonie, Sarale voudrait désormais en faire son métier.
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Arrivée en France « par amour » en 2012, celle qui avait été sous-directrice d'une école privée en Ethiopie décide de se former à l'hôtellerie. Anglophone, elle y travaille la nuit d'abord. Puis, quand sa maîtrise du français s'avère suffisante, en journée. « En France, j'ai remarqué que les gens boivent beaucoup de café mais ne lui donnent pas l'attention qu'il mérite, contrairement au vin. On ne servirait pas du vin dans un gobelet en plastique », dit-elle avant de brûler un encens puis de faire infuser les grains torréfiés fraîchement moulus dans une jebera, élégante cafetière en terre cuite qu'elle pose sur un petit brasero.

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