Spiritueux : à son tour, Pernod Ricard tente de s’adapter à la crise
Laurence Bottero
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Photo d'illustration
Christian Hartmann
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Un marché français estimé à 8 milliards d'euros, fort d'une exportation évaluée à 5 milliards d'euros, voilà pour la photographie 2024 du marché des spiritueux. Et si après une période post-crise sanitaire qui avait porté le secteur - celui-ci se trouvait en pleine remise en question, notamment face aux nouvelles habitudes de consommation - une étude Mordor Intelligence tablait tout de même sur un taux de croissance annuel tutoyant les 10% pour la période 2024-2029.
Mais nul ne pouvait prévoir la hausse des droits de douane imposée par le président des États-Unis ni le durcissement également des conditions d'exportation en Chine des spiritueux en provenance de l'Europe, soumis notamment à des exigences de caution et à une taxation qui vient encore contraindre les entreprises françaises.
Or, les États-Unis comme la Chine sont les deux principaux marchés. De quoi déstabiliser la filière française et ses acteurs qui, tous, tentent de s'adapter aux nouvelles conditions.
Le britannique Diageo, qui possède les marques Bailey's, Johnnie Walker ou J&B, a annoncé mi-mai dernier un plan d'économie de 500 millions de dollars, s'estimant par ailleurs impacté par la hausse des droits de douane avec les États-Unis à hauteur de 150 millions de dollars.
Propriété de LVMH, Möet et Chandon a également fait part de sa volonté de réduire ses effectifs de 10%, des départs volontaires non remplacés, a précisé le PDG du groupe, Bernard Arnault lors d'une audience au Sénat fin mai. Du côté de l'italien Campari, sa filiale Courvoisier, basée en Charente, devrait se séparer de 27 salariés.
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Pas moins confronté à une conjoncture tendue, le français Pernod Ricard a annoncé en interne sa volonté de revoir l'organisation. Ce qui se traduirait notamment par une sorte de rationalisation des divisions passant de cinq actuellement à deux, l'une consacrée aux alcools de vieillissement baptisée Gold, l'autre aux autres alcools, appelée Crystal. Une réorganisation qui doit passer d'abord par le dialogue social, prochaine étape avant de revoir un mode de fonctionnement qui serait ainsi plus adapté au comportement du marché.
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