Espagne : seconde vague de recapitalisation des caisses d'épargne en vue

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Le gouvernement espagnol souhaite que les capitaux privés viennent renforcer la solvabilité des entités financières.

L'Espagne se prépare à une seconde phase de recapitalisation de ses caisses d'épargne, après celle déjà initiée en 2010 et qui a déjà permis de restructurer le système. Le pays est déjà dans la ligne de mire des marchés à cause des doutes sur la solidité de son secteur financier. La réussite de ces établissements aux prochains stress tests européens apparaît comme cruciale.

Cinq caisses d'épargne n'avaient pas eu de résultats corrects, lors des tests de juillet, alors même que les calculs avaient été faits sur la base des résultats consolidés de leurs fusions en cours. Leurs besoins en capital avaient alors été évalués à 1,8 milliard d'euros.

Aujourd'hui, la plupart des analystes estiment que les besoins de l'ensemble du secteur financier s'élèvent à plus de 40 milliards d'euros. Les caisses sont les plus concernées, compte tenu de leur exposition à l'immobilier en crise. Leur taux de créances douteuses est de 5,53%. Dans ce contexte, selon le quotidien Expansión, le Fonds de restructuration ordonnée bancaire, fonds de sauvetage créé par l'Etat en 2009, et doté de 12 milliards d'euros, préparerait une émission de 2 à 3 milliards d'euros. Jusqu'à présent, il a été sollicité à hauteur de 11 milliards.

Forts liens régionaux

Quoi qu'il en soit, le Gouvernement de José Luis Rodríguez Zapatero compte surtout sur les capitaux privés pour renforcer la solvabilité des caisses. Depuis la réforme de la loi sur les caisses d'épargne l'été dernier, ces investisseurs peuvent en effet participer à hauteur de 50%. Toutefois, vu le contexte, il est peu probable qu'ils s'y risquent. Pourtant, les caisses ont besoin de liquidités et le marché interbancaire leur est quasiment fermé. Certaines ont donc opté pour la vente de leurs participations industrielles. Ainsi, CatalunyaCaixa a vendu ses parts dans Repsol pour 448 millions d'euros.

Dans ce contexte, l'apport public semble être un premier pas pour retrouver la confiance des marchés et attirer les investisseurs. D'aucuns pensent que la "bancarisation" des caisses est, en outre, un changement nécessaire pour attirer les capitaux privés, inquiets par le modèle des caisses qu'ils connaissent mal. L'originalité des caisses réside notamment en l'importance de leur activité sociale et culturelle et de leurs liens avec la région dont elles proviennent. Les caisses peuvent, de fait, transférer leur activité financière à une banque gérée par une fondation créée pour l'occasion. Cette "bancarisation" reste optionnelle, et la Confédération Espagnole des Caisses d'Epargne rejette les pressions en ce sens, selon Europa Press.

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Commentaires
a écrit le 21/01/2011 à 20:46 :
Il faudrait être complètement fou pour acheter des actions de ces caisses d'épargnes espagnoles criblées par des dette immobilières pourries et par des centaines de milliers de logement neufs surévalués et invendus. Je souhaite bien du plaisir aux futurs actionnaires de ces banques zombies !!!

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