Quand le FBI met son nez dans le trading à haute fréquence

 |   |  406  mots
De nombreux agents du FBI ont été mobilisés pour prouver que certains traders à haute fréquence ont recours à des pratiques illégales.
De nombreux agents du FBI ont été mobilisés pour prouver que certains traders à haute fréquence ont recours à des pratiques illégales. (Crédits : Reuters)
La police fédérale américaine suspecte les traders à haute fréquence de fausser le jeu des marchés financiers en obtenant illégalement certaines informations avant qu'elles ne soient communiquées aux investisseurs "normaux".

Décidément, la finance ne peut s'empêcher de flirter avec le pénal. Aux Etats-Unis, le FBI enquête depuis un an sur les activités de trading à haute fréquence à Wall Street, a révélé lundi un de ses porte-parole.

Les enquêteurs cherchent à déceler si certaines entreprises se seraient rendues coupables de concurrence déloyale, grâce à un accès à l'information quasi-instantané qui leur donnerait quelques millisecondes d'avance cruciales sur les investisseurs "normaux".

"Fraudes informatiques et délits d'initiés"

"Beaucoup de personnes au sein du gouvernement travaillent sur le sujet, s'en inquiètent et pensent qu'il y a des pratiques illégales", a commenté ce représentant du FBI, selon le Wall Street Journal. "On suspecte les traders à haute fréquence d'obtenir certaines informations avant qu'elles soient rendues publiques, et donc avant les autres investisseurs, ce qui fausse le jeu".

>> Lire : Warren Buffet prive les trader à haute fréquence d'accès direct à Business Wire

Le FBI affirme avoir détaché une grand nombre d'agents pour cette enquête. Il s'agit d'identifier si de "possibles violations de la réglementation boursière", des "fraudes informatiques" ou des "délits d'initiés" ont été commis à l'échelle des entreprises ou des individus spécialisés dans cette branche du trading, qui consiste à exécuter des achats et ventes d'actions à très grande vitesse grâce à des algorithmes complexes.

Wall Street "viciée" par les traders à haute fréquence ?

Le porte-parole n'a pas souhaité préciser si l'enquête était en rapport avec les investigations menées par le ministre de la Justice de l'Etat de New York, Eric Schneiderman. Ce dernier, qui a déjà fait condamner de nombreux banquiers d'affaires coupables de délit d'initié depuis 2009, se penche également depuis plusieurs mois sur les possibles pratiques déloyales des courtiers à haute fréquence. Ses services ont confirmé mi-mars l'ouverture d'une enquête officielle.

Le débat sur le courtage à haute fréquence a été relancé lundi par la sortie du livre "Flash Boys: a Wall Street Revolt" de Michael Lewis. Selon l'auteur, la place financière new yorkaise est "viciée" par ces traders qui profitent de l'avantage temporel que leur apportent des technologies ultra perfectionnées sur les investisseurs ne possédant pas le même niveau de sophistication.

>> Des robots-traders ont-ils réagi aux annonces de la Fed plus vite que la lumière ?

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 03/04/2014 à 10:20 :
La prédictibilité des individus est un fait.
La prédictibilité des paradigmes économiques est un fait.
La prédictibilité de la mise sur le marché d'innovations High-Tech , ou appartenant à l'industrie d l'économie Brick and mortar est un fait.
La prédictibilité des agents politiques est un fait. Actions positives tout comme bides.
a écrit le 03/04/2014 à 9:43 :
Maintenant , il est très facile d'envoyer un système THF dans les choux...On s'y amuse d'ailleurs assez souvent.
La preuve que ce système est stupide.
a écrit le 03/04/2014 à 9:35 :
Ne nous noyons pas. le THF confère un indéniable avantage à celui qui l'utilise , et cela sur tous les horizons de temps. Il sera gagnant sur la seconde , l'heure , la journée , l'année.
Il implique des frais d'accès élevés et est surtout réservé aux entreprises ou aux particuliers fortunés.
Il augmente la volatilité , c'est à dire les écarts , à l'intérieur d'unités de temps de plus en plus courtes.
Mais dire qu'il améliore la liquidité des titres est faux , et , en ce sens il représente un danger : le Flash Crash.
Sur New-York , 60 % des transactions sont THF...d'où le départ de beaucoup d'investisseurs particuliers.
L'enquête du FBI à fait rire les opérateurs à gorges déployées. Ici , personne ne croit à une régulation. Et le FBI apparait un peu comique...très comique même.
L'efficacité du THF est REDOUTABLE....mais , on ne peut parler du THF sans parler des Dark-Pools.
Réponse de le 03/04/2014 à 9:52 :
J'ajoute :
Il est facteur de distorsion de cours. Paramétrer un robot pour qu'il envoie une série rapprôchée d'ordres de ventes ou d'achat fera baisser ou monter le titre. Même si ces ordres ont été paramétrés pour être annulés avant transaction.
Par conséquent , le THF est l'arme des NULS , celle des presse-boutons.
Une gestion conservatrice , avec de personnels Ultra-qualifiés à College + 5 ou 8 , c'est à dire BAC + 15 , parfaitements affutés en économie et Techno vous fera exploser n'importe quel THF.
a écrit le 02/04/2014 à 15:59 :
De fins limiers les agents du FBI.Déconnez pas on est le 2 avril aujourd'hui.Blague dans le train le THF c'est fait pour truander ,tout le monde sait cela depuis longtemps,c'est une courette à celui (ou celle) qui créera l’algorithme (informatique) le plus chiadé pour court- circuité le voisin.
Les beaux esprits de la finance parlent d’errements .
a écrit le 02/04/2014 à 14:44 :
L'hypocrisie dans toute sa splendeur...
a écrit le 02/04/2014 à 10:49 :
je demande la chose suivante: que les appareils de jeux (roulettes de casino, electroniques, blackjack..) recoivent une prise pour que j y branche mon ordinateur à haute performance. Je vois déjà les cris des proprios. Mais si ils ne le font pas, je me sentirais traité inégalement ;-). Laissons les machines spéculer? ok. pourquoi pas. mais alors il faut aussi que les casinos mettre une interface à disposition. Et que tout le monde recoive une bonne taxe "casino" car cela n est que du jeux et n a rien de placement économiques et est absent de toute éthique. la finance est beaucoup trop sérieuse pour la laisser entre les mains de banquiers actuels.
a écrit le 02/04/2014 à 8:15 :
Surtout ne pas soulever le couvercle de la finance....l odeur ne serait pas tenable et on verrait des politiques tous sales..
a écrit le 02/04/2014 à 6:43 :
bouc émissaire facile pour cacher les gens cupides et la politique de la FED qui se cachent derrière.
Personne n'y comprend rien mais tout le monde sait que c'est mal.
La seule question est alors pourquoi avoir laissé se truc se mettre en place s'emballer pour dérailler. Facile, c'est le responsable tout désigné du prochain crash. Et là, faites leur confiance, vous connaitrez tous les détails de se machin maléfique. Pendant ce temps, les gens qui se sont remplis les fouilles avec seront tranquilles. Une fois de plus, tout le monde va regarder le doigt. Merci la presse.
Réponse de le 02/04/2014 à 10:42 :
Il faudra aussi mettre a la porte les services des contoles financiers. Ils ont laisse faire ces delits d initiés. Et aussi tous ceux qui le savent et ne font rien et auraient les pouvoir d intervenir.. en France comme ailleurs.
a écrit le 02/04/2014 à 1:12 :
Si le FBI y va, alors que ça fait des années que le législateur et les organes de contrôle ne font rien volontairement, c'est que probablement il y a un loup. Au point de se demander pourquoi même GS qui en faisait des gorgées chaudes s'y oppose aujourd'hui.
Et si le HFT présentait de gros risques en cas de retournement de marché? On en a déjà eu des exemples frappants. Leur défense consistant à prétendre amener de la liquidité est du flan. C'est une évidence, en particulier quand ils retirent les ordres avant même de les rendre compensables. Miser 1000 fois 100 qu'on n'exécute pas, ne change pas le fait qu'on ne mise que 100... Donc pas de profondeur, mais en plus, les analyses montrent que lors de chute brutale, ces opérateurs se retirent et en cascade.
Serait-ce là la raison de vouloir intervenir aujourd'hui?
a écrit le 01/04/2014 à 19:06 :
De toute façon le trading haute fréquence est algorithmique donc stupide! Si c'était la recette miracle aux milliardaires aucune entreprise ne louerait ses services en THF.
Réponse de le 02/04/2014 à 8:49 :
"De toute façon le trading haute fréquence est algorithmique donc stupide!" : Vous devez être calé en algorithmie vous au point que vous semblez penser que ça ne rapporte rien... Si je propose du boeuval à 2.10 euros sur un marché, qu'un autre demande du boeuval à 2.50 sur un autre marché, vous pensez que l'algorithme stupide qui transfère mon boeuval d'un marché à l'autre ne rapporte rien?
Sinon, vous trouvez qu'il est plus intelligent de planifier des tournées de livraison à la petite semaine avec des fiches Excel ou qu'il est plus intelligent de faire appel à des algorithmes pour trouver le parcours optimisé?
"Si c'était la recette miracle aux milliardaires aucune entreprise ne louerait ses services en THF. " : Vous préférez gagner moins mais à coup sûr en laissant le risque à d'autres ou vous préférez risquer votre propre argent?
Réponse de le 02/04/2014 à 9:25 :
@anonyme

Vous spéculez sur la prédictibilité du comportement humain (i.e. celui des investisseurs) et malgré la batterie d'algorithmes à dispositions des traders, personne n'a vu venir le krach de 1929... Ce n'est pas parce qu'une machine de calcul est performante que cela signifie qu'elle est intelligente. La seule intelligence dont dispose une machine, c'est celle transmise par le programmeur. Votre postulat est caractéristique du marketing des vendeurs de stupid-phone.
a écrit le 01/04/2014 à 18:43 :
marrant !!! on feint de découvrir ce qui se pratique depuis longtemps déjà et a été déjà dénoncé à maintes reprises!! Mieux vaut tard que jamais!!!!
a écrit le 01/04/2014 à 18:05 :
Le THF, c'est de la spéculation pure, ça n'a aucun intérêt économique. Conclusion, cette pratique devrait être interdite.
a écrit le 01/04/2014 à 16:47 :
En France, le trading à haute fréquence a été dénoncé par J.M. Naulot, banquier et ex-membre de l'AMM, dans son livre "Crise financière, pourquoi les gouvernements ne font rien". C'est selon lui la version moderne du *front running", vieille pratique interdite, qui consiste pour un opérateur à profiter de la connaissance des ordres de ses clients pour spéculer à coup sûr. Jusqu'ici, aucune réforme n'a été réalisée, ni en Europe ni aux Etats-Unis, pour limiter le THF. On attend avec intérêt de voir ce qui va sortir des enquêtes du FBI.
Réponse de le 01/04/2014 à 21:37 :
Personne n'est forcé d'utiliser des ordres à cours limité, à seuil ou à plage de déclenchement cependant c'est effectivement une information exclusive aux courtiers. Le courtage des courtiers pour leur propre compte devrait être légalement interdit à l'échelle mondiale cependant nous en revenons à la même problématique que la taxe sur les transactions financières. Il n'y a qu'un gouvernement faible d'esprit pour casser son propre marché financier au profit des marchés étrangers.
a écrit le 01/04/2014 à 16:45 :
Il ne s'agit ici que d'un combat entre trading à haute fréquence et trading à ultra haute fréquence( combat entre le 1er et le second de la classe), l'investisseur "normal"est totalement en dehors de cette compétition et ne peut pas être lésé sauf en cas de flash krach, mais là entrent en jeu des algorithmes à tous les niveaux de temporalité qui s'activent par effet de cascade.
a écrit le 01/04/2014 à 16:25 :
Oui très édifiant, je m’intéresse à la question sans avoir aucune connaissance de ce monde. Couac, auriez vois des lectures sur ce thème à conseiller ?
a écrit le 01/04/2014 à 16:20 :
Des algorithmes de trading plus ou moins évolués ont fait depuis longtemps leur apparition (c.f www.botraiders.com) et y a pas besoin d'être au pied de la bourse pour faire de bonne perf. si on sait analyser correctement les données. Le trading haute fréquence, c'est un peu l'équivalent du mauvais développeur informatique, il s'appuie sur les performances toujours grandissantes du hardware (processeurs, mémoire, etc.) pour ne pas avoir à optimiser son code. mais si on a un bon code (i.e une bonne analyse du marché), on surpassera le THF.
Réponse de le 01/04/2014 à 16:58 :
C'est pour cela qu'il y a de plus en plus de trades automatisés dans toutes les bourses du monde! Quelle est la part des trades à la bourse de NY en THF? 60%, peut être plus...
Réponse de le 01/04/2014 à 19:09 :
@Fred

Tout à fait. La performance technique ne peut être un substitut à l'intelligence économique et la THF est algorithmique donc ne peut intéresser que les investisseurs naïfs et/ou peu performants.
Réponse de le 01/04/2014 à 19:12 :
@anonyme

Je vais prendre une image très simple: est-ce que l'automatisation de vos achats alimentaires vous permettrait de profiter de promotions liées au DLC/DLUO? J'en doute.
a écrit le 01/04/2014 à 15:55 :
Tout ceux qui se tiennent informés sur les pratiques des voyous de la finance savent déjà depuis longtemps comment on manipule le trading haute fréquence. Il s'agit d'être informé des données boursières quelques fractions de seconde avant la masse des autres traders (les ordinateurs n'ont pas besoin de plus). Comment faire ? En installant la salle de marché et ses connections Internet à quelques pâtés de maison des ordinateurs de la Bourse de N-York, de manière à pouvoir gagner ces quelques fractions de seconde... Edifiant, non ?
Réponse de le 01/04/2014 à 16:23 :
n'est-il pas possible de supprimer cette dérive en obligeant un acheteur à ne pas revendre à moins d'un temps donné(1h00, 2h00, 1 jours,..) ?
Réponse de le 01/04/2014 à 18:50 :
Pourquoi pas dix ans, réfléchisse run peu
Réponse de le 01/04/2014 à 19:39 :
oui, ou alors taxer chaque transaction pour que ça soit indolore pour l'investisseur mais mortel pour le spéculateur. Plus simplement, on peut constater que la cotation en continu n'a aucune utilité économique et qu'une seule cotation journalière suffit amplement. Bref, à 09h on calcule le cours pour toute la journée et les traders achètent ou vendent une seule fois. Si l'un deux fait une erreur (et ca arrive en permanence) ca ne fout pas le marché à l'air et les autorités ont le temps de réagir.
Réponse de le 02/04/2014 à 0:21 :
De toute manière quand les nouvelles économiques sont mauvaises vous ne pouvez pas empêcher la confiance (càd le cours) d'une entreprise de s'effondrer. Limiter la durée d'ouverture, ou la fréquence des transactions ne changeront pas la loi du marché de l'offre et de la demande. La spéculation est caractéristique de l'investissement car on ne place pas son capital pour le voir fondre au soleil. Il est vain de travestir les marchés financiers pour ce qu'ils ne sont pas: des oeuvres de charités. La création d'une bulle est propre à la cupidité humaine. Néanmoins je m'interroge sur le bien fondé d'une surcapitalisation boursière (capital flottant) d'une société disposant de très peu de fonds propres pour son fonctionnement. Afin de limiter la "mauvaise" spéculation, il serait de mon point de vue plus sage de limiter la part du capital introduite sur les marchés.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :