Quand le FBI met son nez dans le trading à haute fréquence

La police fédérale américaine suspecte les traders à haute fréquence de fausser le jeu des marchés financiers en obtenant illégalement certaines informations avant qu'elles ne soient communiquées aux investisseurs "normaux".

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De nombreux agents du FBI ont été mobilisés pour prouver que certains traders à haute fréquence ont recours à des pratiques illégales.
De nombreux agents du FBI ont été mobilisés pour prouver que certains traders à haute fréquence ont recours à des pratiques illégales. (Crédits : Reuters)

Décidément, la finance ne peut s'empêcher de flirter avec le pénal. Aux Etats-Unis, le FBI enquête depuis un an sur les activités de trading à haute fréquence à Wall Street, a révélé lundi un de ses porte-parole.

Les enquêteurs cherchent à déceler si certaines entreprises se seraient rendues coupables de concurrence déloyale, grâce à un accès à l'information quasi-instantané qui leur donnerait quelques millisecondes d'avance cruciales sur les investisseurs "normaux".

"Fraudes informatiques et délits d'initiés"

"Beaucoup de personnes au sein du gouvernement travaillent sur le sujet, s'en inquiètent et pensent qu'il y a des pratiques illégales", a commenté ce représentant du FBI, selon le Wall Street Journal. "On suspecte les traders à haute fréquence d'obtenir certaines informations avant qu'elles soient rendues publiques, et donc avant les autres investisseurs, ce qui fausse le jeu".

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Le FBI affirme avoir détaché une grand nombre d'agents pour cette enquête. Il s'agit d'identifier si de "possibles violations de la réglementation boursière", des "fraudes informatiques" ou des "délits d'initiés" ont été commis à l'échelle des entreprises ou des individus spécialisés dans cette branche du trading, qui consiste à exécuter des achats et ventes d'actions à très grande vitesse grâce à des algorithmes complexes.

Wall Street "viciée" par les traders à haute fréquence ?

Le porte-parole n'a pas souhaité préciser si l'enquête était en rapport avec les investigations menées par le ministre de la Justice de l'Etat de New York, Eric Schneiderman. Ce dernier, qui a déjà fait condamner de nombreux banquiers d'affaires coupables de délit d'initié depuis 2009, se penche également depuis plusieurs mois sur les possibles pratiques déloyales des courtiers à haute fréquence. Ses services ont confirmé mi-mars l'ouverture d'une enquête officielle.

Le débat sur le courtage à haute fréquence a été relancé lundi par la sortie du livre "Flash Boys: a Wall Street Revolt" de Michael Lewis. Selon l'auteur, la place financière new yorkaise est "viciée" par ces traders qui profitent de l'avantage temporel que leur apportent des technologies ultra perfectionnées sur les investisseurs ne possédant pas le même niveau de sophistication.

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