Cette société de trading à haute fréquence n’a jamais connu les "jours sans"

 |  | 627 mots
Lecture 4 min.
Les résultats sont si bons que les fondateurs de l'entreprise se sont offert une franchise de NHL l'année dernière. (Photo : Reuters)
Les résultats sont si bons que les fondateurs de l'entreprise se sont offert une franchise de NHL l'année dernière. (Photo : Reuters) (Crédits : Bloomberg)
Pour convaincre les régulateurs américains d'approuver son entrée en bourse, la société de trading de haute fréquence Virtu a révélé qu'elle n'avait subi qu'un jour de perte en cinq ans.

L'entrée en bourse prochaine de Virtu permet d'en apprendre un peu plus sur le trading à haute fréquence, explique Bloomberg News. L'entreprise, spécialisée dans le passage d'ordres financiers via des algorithmes informatiques, a fourni lundi les documents nécessaires à une IPO aux autorités américaines.

Ce faisant, l'entreprise fondée par l'ancien dirigeant du  New York Mercantile Exchange, Vincent Viola, a dû dévoiler ses résultats. Et quels résultats ! La société n'a subi qu'un jour de pertes au cours des cinq dernières années.

Le business des algorithmes 

Basée à New York, Virtu Financial Inc. s'est lancée aux Etats-Unis en 2008. Depuis, elle a conquis de nombreux pays dans lesquels elle gère obligations d'Etat, échanges de monnaies ou encore contrats à terme. Sur son site internet, l'entreprise revendique trois adresses, outre NewYork : Austin, au Texas, Dublin, en Irlande, et Singapour.

Le rôle de Virtu : mettre en relation les ordres d'achat et de vente des investisseurs et collecter la différence entre les deux. Jadis, cette tâche était assurée par des humains.

Mais des entreprises de trading à haute fréquence, armées d'ordinateurs surpuissants et d'algorithmes sophistiqués, sont aujourd'hui celles qui déterminent la plupart des prix des actions et des marchandises échangées à travers le monde. Selon l'Institut Louis Bachelier, 40 à 70% des transactions sont effectuées via le trading à haute fréquence.

Avec 184 millions de dollars de bénéfices nets en 2013, soit deux fois plus que l'année précédente, les affaires sont si bonnes que l'an dernier, les fondateurs et dirigeants de Virtu, Vincent Viola et Douglas Cifu, ont acheté une franchise professionnelle de hockey américaine, les Florida Panthers.

Méfiance face au "trading éclair" 

Pourtant, certains redoutent que cette introduction en bourse, qui doit s'accompagner du respect de nouvelles règles, ne mine les résultats de Virtu. Bloomberg cite Frank Ingarra, trader en chef à NorthCoast Asset Management LLC : leurs résultats sont si bons "que l'introduction en bourse peut être bénéfique, mais elle peut aussi leur nuire en ouvrant la porte à plus de régulations et de vigilance".

Car la méfiance est de mise face aux risques du "trading éclair", qui consiste à exécuter de manière automatique des transactions financières à très grande vitesse.

Flash crash et problèmes informatiques

Le "flash crash" du 6 mai 2010 a mis en lumière les dérives de trading à haute fréquence, rappelle Marc DeCambre du Quartz. Une panne des systèmes d'échange informatisés avait alors fait baisser les cours de bourse américains de 10% en quelques minutes. Le public garde également à l'esprit les bugs qui ont inquiété Facebook lors de son introduction en bourse en 2012.

Le Wall Street Journal estime que l'entrée en bourse pourrait avoir lieu le mois prochain. Mais Quartz rappelle que Virtu n'est pas à l'abri d'une catastrophe de dernière minute, comme pour BATS en 2012. Le jour-même de son entrée en bourse, l'entreprise financière a été contrainte de se retirer.  Le prix de ses actions avait plongé suite à un bug informatique - un comble pour une entreprise financière qui mise sur les nouvelles technologies.

Des bugs à 440 millions de dollars

Virtu a donc insisté sur sa gestion précautionneuse des risques pour rassurer la SEC, l'autorité américaine des marchés financiers, qui doit valider son entrée en bourse. Elle doit se différencier de groupes comme Knight Capital.

En un jour, le destin de cette entreprise de services financiers a basculé à cause d'un problème de logiciel. Coût du bug : 440 millions de dollars. Au bord de la faillite, Knight Capital avait alors dû fusionner avec Getco. Virtu était justement l'un des candidats au rachat en 2012.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 12/03/2014 à 17:30 :
Autant dire que depuis 5 ans, "Virtu" (il fallait oser un tel nom, franchement !) ponctionne chaque jour un peu de sous aux fonds d'investissements traditionnels qui gèrent l'argent de notre assurance vie en UC... pour augmenter le rendement dont bénéficient ses très gros investisseurs. Merci le trading haute fréquence, merci l'innovation financière, et bravo les 1% de la population qui se goinfrent toujours plus (et incidemment, polluent toujours plus) !!!
a écrit le 11/03/2014 à 20:57 :
Si le trading à haute fréquence est si performant, pourquoi cette société propose-t-elle ses services alors qu'elle pourrait tranquillement amasser des millions? A mon avis aucun algorithme aussi puissant soit-il ne permet d'anticiper la volatilité du comportement humain, cependant il faut bien vendre sa soupe aux investisseurs naïfs...
Réponse de le 12/03/2014 à 10:47 :
Sur une très très courte période, si. Cette pratique devrait être interdite. C'est de la connerie financière de haut vol.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :