Amende de 2 milliards de dollars pour Wells Fargo, dix ans après la crise des subprimes
Estelle Nguyen et Gabrielle Thin

Wells fargo annonce une baisse de 12 pourcent de son benefice au au deuxieme trimestre
Rick Wilking
Estelle Nguyen et Gabrielle Thin

Wells fargo annonce une baisse de 12 pourcent de son benefice au au deuxieme trimestre
Rick Wilking
Wells Fargo voulait définitivement tourner la page. Dix ans après la crise des subprimes, la banque californienne a accepté de régler une amende de 2,09 milliards de dollars (1,8 milliard d'euros) mettant fin à l'enquête sur ses pratiques commerciales condamnables. Dans un communiqué publié mercredi 1er août 2018, les autorités américaines reprochent à Wells Fargo le montage et la vente de crédits immobiliers dont les dossiers contenaient des informations erronées et qui ne présentaient pas les critères de qualité avancés par la banque.
Les prêts en question remontent à 2005 et jusqu'à 2007, soit juste avant l'éclatement de la crise des subprimes. Il s'agit de crédits immobiliers à risques titrisés (RMBS pour residential mortgage-backed securities en anglais), car consentis à des ménages dont la capacité de remboursement n'était pas garantie, et dont les taux d'intérêt sont, en contrepartie, très élevés.
Les autorités américaines ont également soulevé qu'en 2005, Wells Fargo aurait assoupli ses critères d'exigence que les clients doivent remplir pour contracter les prêts afin d'accélérer ses ventes. Selon le département de la Justice, ces pratiques douteuses ont généré "des milliards de dollars de pertes" pour les investisseurs. Pour évaluer l'intégrité de son volume croissant de prêts, Wells Fargo a soumis un échantillon de ces prêts à des tests.
Même si la banque a déclaré que cette amende avait déjà été provisionnée dans ses comptes, elle n'a pas pour autant admis sa culpabilité.
Le marché a d'ailleurs semblé rassuré : l'action Wells Fargo progresse légèrement en début de séance à Wall Street ce jeudi.
Cette sanction n'est pas la première qu'a écopé Wells Fargo, puisque trois mois plus tôt, en avril 2018, la banque avait dû payer un milliard de dollars pour des pratiques commerciales illicites, dont des primes d'assurance automobile superflues. L'ouverture de près de 3,5 millions de comptes fictifs a aussi coûté 185 millions de dollars en 2017 à ce qui était considéré auparavant comme la banque américaine la mieux gérée, à la suite de quoi 5.300 salariés ont été licenciés.
Dix ans après la plus grosse crise financière depuis la Grande Dépression de 1929, les autorités financières cherchent toujours à sanctionner les responsables. En effet, Wells Fargo n'est pas la première banque à se faire épingler. La britannique Barclays a écopé d'une amende de 2 milliards d'euros en mars dernier, fin 2016 Deutsche Bank a accepté de payer 7,2 milliards de dollars pour éviter plus de poursuites. L'amende est même montée jusqu'à 40 milliards de dollars au total pour quatre banques américaines (JP Morgan Chase, Citigroup, Morgan Stanley, Bank of America) pour solder les poursuites liées à ces subprimes.
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En rendant cette décision, le ministère de la Justice souligne le rôle que la banque, qui octroie près d'un crédit immobilier sur cinq aux Etats-Unis, a joué dans la catastrophe financière de 2008.
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