Catastrophes naturelles, un risque croissant pour les assureurs

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Les dégâts causés par les intempéries de ces dernières semaines ont été évalués à 430 millions d'euros par la Fédération française de l'assurance (FFA).
Les dégâts causés par les intempéries de ces dernières semaines ont été évalués à 430 millions d'euros par la Fédération française de l'assurance (FFA). (Crédits : Gonzalo Fuentes)
430 millions d’euros : c’est l’évaluation qui a été donnée par la Fédération française de l’assurance, pour les inondations et orages de ces dernières semaines en France. Face à la multiplication de ces épisodes de dérèglement climatique, la Banque de France a souligné l’importance de l'ampleur nouvelle de ces risques pour les assurances.

Une semaine après la fin de l'épisode d'intempéries dévastatrices en France, l'heure est aujourd'hui au bilan. La Fédération française de l'assurance (FFA) a évalué le coût des inondations et des orages de pluie et de grêle de ces dernières semaines à 430 millions d'euros pour 214.000 sinistres déclarés. Les dommages, de nature variée - inondations, coulées de boue, dommages électriques, impacts sur les carrosseries, pertes d'exploitation, etc - s'étendent sur une grande partie du territoire et portent tant sur les habitations que les véhicules et les biens professionnels.

« Les agriculteurs ont aussi été particulièrement touchés par les aléas climatiques et plus spécifiquement par les orages de grêle qui ont détruit plusieurs milliers d'hectares de vignes. Les pluies torrentielles ont généré un excès d'eau dans les parcelles, affectant principalement les grandes cultures (colza, blé, orge) », indique la FFA dans un communiqué.

Ces sinistres sont couverts par les contrats d'assurance de dommages et par la garantie dommages tous accidents du contrat d'assurance auto, ainsi que pour tous les contrats d'assurance de bien dont la garantie catastrophes naturelles « entrera en application pour les assurés des communes ayant fait l'objet d'un arrêté », rappelle le communiqué de la FFA.

Réforme du régime des catastrophes naturelles

Les assureurs sont de plus en plus affectés par les catastrophes naturelles, dont la fréquence augmente dans le monde. Elles constituent désormais un paramètre important de risque pesant sur le secteur. Sylvie Goulard, sous-gouverneure de la Banque de France, a insisté sur ce point ce lundi 25 juin en présentant le rapport sur l'évaluation des risques du système financier. Elle a souligné l'augmentation du taux de sinistre de 13% en 2017 par rapport à l'année précédente : les événements climatiques fin 2017 - et notamment le cyclone Irma qui a ravagé les îles de Saint-Martin et Saint-Barthélémy - ont en effet provoqué 3 milliards d'euros de sinistres pour les assureurs français (selon la FFA).

« À court terme, il n'y a pas d'inquiétude à avoir, a déclaré Sylvie Goulard, car les assureurs français bénéficient d'un taux avantageux de réassurance et ne rencontrent pas de problème de solvabilité. Mais à l'avenir il faudra mieux déterminer si ces sinistres sont d'ordre ponctuel ou s'ils traduisent directement le changement climatique ».

Le recours massif à la réassurance pour de tels événements permet de couvrir le risque lié à l'augmentation de la fréquence de ces catastrophes, constituant un « maillon essentiel dans la chaîne de couverture des risques ».

Bernard Spitz, le président de la FFA, a évoqué des discussions en cours sur le régime des catastrophes naturelles :

« La profession travaille actuellement avec le gouvernement à une modernisation du régime des catastrophes naturelles qui permettra de développer la culture de la prévention, de généraliser la prise en charge des frais de relogement, de simplifier le mode de fonctionnement des franchises pour les particuliers et de les plafonner pour les professionnels. Ces propositions devraient être finalisées d'ici la fin de l'année. »

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Commentaires
a écrit le 25/06/2018 à 22:47 :
Arrêtez vous allez me faire pleurer...
Les assureurs sont des escrocs par nature. Et en plus ils ont un monopole arrangé par l'Etat.
Dois je vous rappeler que l'homme le plus riche du monde est un assureur ?

Jeu set et match.
a écrit le 25/06/2018 à 19:45 :
resumons le titre
' les cotisations vont augmenter'
corollaire.......
tout comme la mutuelle obligatoire en entreprise qui fait double usage avec la mutiuelle perso , mais avec remboursement unique, et l'assurance proprietaire obligatoire qui fait double usage unique aussi avec celle du locataire, il y aura pression du lobby pour trouver une double obligation ( ' sous peine de transmission aux services competents') quelque part pour faire financer ca gratuitement ' paye par personne'.....
j'ai tout bon?
a écrit le 25/06/2018 à 17:10 :
Le risque c'est le "matériau" de base des assureurs et si l'année N est coûteuse en indemnisation , ils se récupèrent en augmentant les cotisations de l'année N+1.
Par contre, il faut constater le manque de culture du risque et le peu de mesures de préventions qui pourraient atténuer beaucoup de dégâts. Aujourd'hui, une crue du type de la centennale de Paris en 1910 et c'est l'économie paralysée et des centaines de milliards de dégâts.
Réponse de le 25/06/2018 à 20:17 :
Les assureurs ont leur "sur-assureur" qui les assure, mais la difficulté viendra du fait qu'il y aura des calamités partout en même temps. Quand c'est une cata ici, et rien ailleurs, l'année suivante, une autre cata dans un autre endroit, ça peut aller, mais plusieurs à la fois, chaque année, là, ça fait déborder le vase et rien ne va plus !
a écrit le 25/06/2018 à 16:26 :
Et le réchauffement climatique, responsable de ces catastrophes, on en parle quand? Parce que bon - verser des milliards de dividendes sur une planète inhabitable, j’en vois pas bien l’intérêt...
Il serait donc temps d’en finir avec cette croissance éternelle nécessaire pour résorber le chômage! Car c’est notre planète qui nous dit stop.
a écrit le 25/06/2018 à 16:11 :
"Catastrophes naturelles, un nouveau risque majeur pour les assureurs"

Hum... c'est avant tout un risque majeur pour les gens qui en sont les premières victimes non ? L'actionnaire milliardaire dans son bunker ne risque absolument rien. Par contre en effet sa société risque d'avoir à débourser plus d'argent pour indemniser avec le changement climatique se renforçant on ne peut le nier.

Mais pas d'inquiétude entre l'obligation étatique de s'assurer et des cotisations qui flambent chaque année, apriori les assurances devraient continuer à bien se porter.
Réponse de le 26/06/2018 à 4:15 :
Venez vous installer en Asie. L'assurance n'y est pas obligatoire, mais c'est a vos risques et perils. Si vous assurez, par exemple votre habitation et qu'il ne se passe rien pendant une periode decidee contractuellement, on vous rembourse une large part de vos primes. Elle est pas belle la vie.
Vous voyez, le capitalisme, il y a aussi de bons cotes. Mais il est vrai qu'en France on aime avoir, le beurre, son argent et puis pourquoi pas la cremiere.

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