Bras de fer en vue entre RBS et le Trésor britannique

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(Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
Le gouvernement a décidé de mettre un veto à des bonus trop important chez Royal Bank of Scotland, dont il est l'actionnaire majoritaire. Dans ce cas, les avocats de la banque conseillent à sa direction de démissionner.

Le test risque d'être crucial pour Alistair Darling, le ministre des Finances britannique fragilisé après la nomination de Michel Barnier à la tête de la rénovation de la régulation financière européenne. Le chancelier de l'Echiquier va devoir faire face aux banquiers de Royal Bank of Scotland (RBS), bien décidés à ne pas voir leur précieux bonus leur passer sous le nez cette année.

D'après le Times, le Trésor a signifié à la banque, détenue à 70% par l'Etat (et bientôt à 84%), qu'il mettrait son veto à une enveloppe de bonus de 1,5 milliard de livres. Ce à quoi la direction de la banque, conseillée par ses avocats, prévoit de répliquer par une démission massive. Si ce scénario intervient, les conséquences commerciale pour RBS pourraient être majeures, ce qui ne serait pas du tout dans l'intérêt de son principal actionnaire… l'Etat.

"Nous ne nous attendons pas à des hausses des bonus importantes, et la plupart des gens verraient une augmentation de 50% comme une augmentation majeure", indique une source du Times au ministère des Finances. Or, 1,5 milliard de livres consacrés aux bonus correspond justement à une augmentation de 50% sur un an.

Dans cette histoire du serpent qui se mord la queue, Alistair Darling est attendu au tournant. Politiquement parlant, il lui est impossible de cautionner une telle hausse des rémunérations variables, souvent montrée du doigt dans l'opinion publique comme une des causes des prises de risques inconsidérées des dernières années. Mais économiquement, la hausse des bonus est nécessaire si RBS veut avoir une chance de retenir ses meilleurs éléments et de soutenir la concurrence internationale.

"Tenir les contribuables en otages"

Les avocats des dirigeants de RBS le savent et multiplient les déclarations dans ce sens. Le Times cite ainsi Ronnie Fox, le patron de la firme Fox Lawyers : "Si on vous met en position de ne plus pouvoir faire le travail pour lequel vous êtes payé, alors je ne vois pas comment vous pouvez garder votre poste d'administrateur, et je recommanderais dans ce cas au conseil d'administration de démissionner", assure l'avocat.

Dans l'opposition politique, on joue la carte de la fermeté. Vince Cable, le ministre "fantôme" des finances libéral-démocrate annonce qu'il "accueillerait volontiers les démissions (des dirigeants de RBS, ndlr). Car la banque ne peut pas tenir les contribuables en otages".

Le Trésor a déjà imposé à RBS de payer les bonus de tous les salariés gagnant plus de 39.000 livres par an en action et en trois ans. Et Alistair Darling a posé comme condition à l'entrée de RBS dans son programme de garantie publique des actifs toxiques et l'injection de 25,5 milliards de livres supplémentaires, le fait que la banque lui laisse le contrôle des bonus…

Toute cette polémique a émergée lorsque Lord Myners, le secrétaire d'Etat à la City, a révélé que plue de 5.000 banquiers britanniques allaient gagner plus d'un million de livres en 2009 si rien n'était fait pour limiter les rémunération variables. Il en a appelé à la responsabilité des actionnaires des banques…

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