Bourses, taux, euro... Les marchés redoutent le pire pour l'Espagne

 |   |  577  mots
Copyright Reuters
Copyright Reuters (Crédits : AFP)
L'euro a poursuivi sa glissade jusqu'à 1,2067 et les taux espagnols à 10 ans ont touché 7,565 % ce matin.

C'est presque devenu une tradition. Chaque été depuis 2007, les marchés paniquent. "Le blockbuster de l'été : "Eurofears, le retour", sur tous vos écrans !" : le titre du commentaire de marché quotidien du courtier Aurel bgc ce matin en dit long sur le sentiment des opérateurs de marché en cette fin de mois de juillet. Cette fois, c'est l'incertitude sur l'issue de la crise espagnole qui fait s'envoler les taux, plonger l'euro et décrocher les Bourses. En effet, le plan d'aide européen aux banques espagnol n'a pas rassuré les investisseurs sur le lien entre risque bancaire et risque souverain. De plus, avec l'appel au secours de la région de Valence puis de la Murcie ce week-end, le plan de sauvetage des banques apparaît de plus en plus dérisoire. "Le problème des régions rend plus probable la nécessité pour l'Espagne d'un sauvetage global", résume Christian Schulz, analyste de Berenberg Bank.

L'hypothèse du "Grexit", à nouveau un facteur de volatilité

Autre facteur de volatilité pour les marchés, l'hypothèse d'une sortie de la Grèce de la zone euro est à nouveau évoquée, au moment où une délégation de "troïka" de ses créanciers internationaux est attendue à Athènes. En Allemagne, le vice-chancelier allemand et ministre de l'Economie Philipp Roesler (FDP) a déclaré douter de la capacité de la Grèce à rester dans la zone euro. Il a également estimé que le scénario, autrefois redouté, avait "perdu de son horreur".

Les taux à 10 ans autour de 7,5 % en Espagne, de 6,4 % en Italie

Le ministre espagnol de l'économie, Luis de Guindos, a eu beau exclure tout renflouement de l'Etat espagnol qui viendrait s'ajouter au plan de sauvetage de ses banques, ce lundi matin, les taux espagnols sont restés autour de 7,5 %, un coût d'emprunt intenable pour le pays, après avoir touché un nouveau plus haut à 7,565 % ce matin. La prime de risque payée par l'Espagne par rapport à l'Allemagne a dépassé les 630 points de base, un nouveau record.
Le regain de tension en zone euro a également entraîné une hausse des rendements de la dette italienne. En Italie, les taux à 10 ans ont atteint 6,426 %, soit un écart de plus de 550 points de base avec les taux allemands.

Premières tensions sur la dette françaises : seul le Bund conserve son statut de valeur refuge

Les emprunts d'Etat allemands sont les seuls à conserver leur statut de valeur refuge. Les taux allemands à 10 ans sont descendus jusqu'à 1,127 %. En revanche, l'obligataire français qui avait jusque là tendance à « suivre » le marché des emprunts d'Etat allemands a commencé à faire les frais de la méfiance des investisseurs à l'égard de la zone euro. Toujours très bas, le rendement des emprunts d'Etat français à 10 ans s'est toutefois tendu de quelque dix points de base par rapport à vendredi. Les taux français à 10 ans étaient alors tombés à 2,024 %.

L'euro poursuit sa glissade

De son côté la monnaie européenne continue à dévisser. L'euro était à son plus bas niveau face au dollar depuis deux ans ce matin, à 1,2067.

Interdiction des ventes à découvert : l'Espagne et l'Italie tentent de limiter les dégâts sur les Bourses

Sur les marchés actions, pour tenter d'enrayer la spéculation, l'Espagne a décidé d'interdire dès lundi et pour trois mois les ventes d'actions à découvert, allant plus loin que l'Italie qui a elle interdit temporairement les ventes à découvert des valeurs financières.
 

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 23/07/2012 à 23:04 :
L'euro et L'Europe actuelle est une hérésie. Il s'agit d'une invention d'hommes politiques pour la classe politique et n'a aucun fondement, ni historique, ni culturelle, ni économique. Malheureusement, nous sommes tous gouvernés par des rêveurs, issues du monde étatiques et incapables de se remettre en question. Au temps des rois, nous leurs aurions coupé la tête sans autre forme de procès !
a écrit le 23/07/2012 à 21:06 :
L'europe est une castastrophe absolue !
a écrit le 23/07/2012 à 20:22 :
Bonne nouvelle! Jean Jacques Rosa a écrit que la baisse de l'euro était une condition nécessaire pour le retour aux monnaies nationales.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :