Etats-Unis : les banques refusent l’argent de la marijuana, même légale

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En cinq jours, plus de 5 millions de dollars de marijuana et dérivés ont été vendus à Denver.
En cinq jours, "plus de 5 millions de dollars" de marijuana et dérivés ont été vendus à Denver. (Crédits : Jenni Konrad)
Malgré la légalisation du cannabis dans 21 Etats, les banques ne peuvent pas offrir leurs services aux entreprises du secteur par crainte des lois fédérales leur interdisant toute transaction.

Depuis le début de l'année, les premiers "coffee shops" américains ont ouvert leurs portes, commercialisant du cannabis à des fins récréatives dans les États qui en ont légalisé l'usage. En cinq jours, la ville de Denver a enregistré "plus de 5 millions de dollars (3,66 millions d'euros) de chiffres d'affaire" mais le Conseil municipal s'inquiète de l'afflux de cash dans les commerces liés à la vente de drogue.

Et pour cause, la loi fédérale interdit aux banques de réaliser des transactions avec ce genre d'activités autorisés par certains Etats (21 en comptant New York) mais illégales au niveau fédéral.

"C'est presque franchement gênant", a commenté Charlie Brown, membre du Conseil, pour le site local The Denver Channel. L'homme décrit le manège opéré par les commerces qui «font sortir trois employés avec trois mallettes noires (dont une seule contient l'argent) en même temps» pour protéger leurs liquidités.  

 Des lois fédérales peu flexibles

"En bref, les lois fédérales précisent que n'importe quelle entité qui détient […] des fonds transférés entre parties (chèques, cartes de crédits, virement bancaires) […] doit respecter les lois fédérales", expliquait en décembre au Denver Post Don Childears, président de la Colorado Bankers Association. Et de mettre en garde contre l'afflux de liquidités :

"Cela signifie qu'il n'est pas possible actuellement de mettre en banque les fruits du marché de la marijuana. Sans le système de paiement, une telle entité se résumé à une énorme coffre -le cash sort, le cash rentre."

Pour le journal basé à Denvers, les banques ne sont ainsi qu'un endroit sûr où déposer l'argent en liquide pour un marché "qui ne peut pas payer ses employés avec des chèques ou en carte prépayées".

Un feu orange attendu par les banques

L'administration du président des États-Unis Barack Obama tente de trouver une solution à la situation. En septembre, le sous-procureur général James Cold indiquait "être en train de travailler" sur l'absence de services bancaires.

Pour l'anecdote, en 2011, un mois après qu'American Express ait annoncé arrêter les transactions liées à la marijuana médicinale, Cole avait transmis aux banques une directive rappelant les risques encourus si elles réalisaient des transactions impliquant le commerce de drogue.

Mais plus qu'un feu vert, les banques attendent un feu orange leur permettant de ne pas avoir à remplir un rapport d'activité illégale à chaque dépôt d'un commerce de marijuana connu, explique le Denver Post. Le Colorado et d'autres États en ont fait la demande et espèrent un changement prochain de la législation financière mais pour cela, il faudra attendre une décision de Washington.

 

Crédit photo : $5 weed bill par Jenni Konrad via Flickr CC Licence by.

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Commentaires
a écrit le 14/01/2014 à 18:50 :
Une-seule-solution : la lé-ga-li-sa-tion !!!

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