72 néobanques ont été lancées dans le monde en 2020

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Plus de 250 néobanques existent dans le monde et une nouvelle néobanque est lancée chaque semaine depuis deux ans.
Plus de 250 néobanques existent dans le monde et une nouvelle néobanque est lancée chaque semaine depuis deux ans. (Crédits : Nubank)
Le modèle économique des néobanques a été fragilisé par la crise sanitaire mais l'écosystème semble toujours aussi solide avec plus de 250 néobanques dans le monde, et de nombreux projets en cours de lancement, souligne une étude d'Exton Consulting.

Le succès des néobanques ne se dément pas. Leur nombre a été multiplié par quatre en deux ans dans le monde pour atteindre 256, sans compter les nombreux projets en cours de lancement, rapporte une étude d'Exton Consulting, spécialisé dans les services financiers.

Ainsi, 72 nouvelles néobanques sont apparues en 2020, soit un nombre équivalent à celui de 2019. Soit un lancement tous les six jours ! Pourtant, la crise sanitaire a mis en lumière certaines fragilités du modèle économique et la croissance du secteur devra emprunter de nouveaux chemins pour gagner en rentabilité.

50 millions de clients en Europe

Selon les données du Country NeoBanking Index d'Exton, l'Europe reste toujours le moteur de l'innovation, avec trois des cinq marchés les plus avancés dans le domaine : le Royaume-Uni (et de loin), la Suède et la France. Les situations sont cependant très contrastées en Europe, entre le leader britannique (37 néobanques) et un pays comme la Pologne qui n'en possède aucune. Mais, au total, plus de 50 millions de consommateurs ont ouvert un compte dans une néobanque en Europe à la fin 2020.

Mais d'autres marchés rattrapent rapidement leur retard, à l'exemple notamment de la Corée du Sud, devenu en quelques années le second marché mondial pour les néobanques, mais aussi le Brésil et plus tardivement, les Etats-Unis.

Un modèle fragilisé

Pour autant, le modèle peine cependant à trouver sa rentabilité, qui repose, pour l'essentiel, sur les commissions d'interchange de paiement par carte. Or, les confinements ont pesé sur le nombre (et surtout la valeur) des transactions, même si la crise sanitaire a donné un coup de fouet aux usages de paiement électroniques.

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Le modèle est donc fragile, et plus de 30 néobanques ont déjà fait faillite depuis 2015. La dernière en date, Xinja en Australie, vient d'annoncer sur son site qu'elle fermait ses comptes et rendait sa licence bancaire. Plus que la Covid-19, c'est la commercialisation agressive de livrets avec des taux d'intérêt élevés qui lui aurait été fatale.

Une nouvelle quête à la rentabilité

 "Les néobanques ont tiré un premier enseignement : les commissions de transactions par carte, les commissions d'adhésion à un compte premium ou les commissions de courtage de services tiers ne suffiront pas, dans la plupart des cas, à franchir le seuil de rentabilité", soulignent les auteurs de l'étude.

Conclusion, selon Exton Consulting : "les néobanques devront proposer de nouveaux produits pour atteindre la rentabilité". Un constat qui n'est d'ailleurs guère différent de celui du régulateur en France, l'ACPR, dans son étude publiée cet été sur la rentabilité des néobanques françaises.

Trois options pour l'avenir

Plusieurs options peuvent donc se présenter aux néobanques pour conforter leur modèle. La première, qui a des airs de retour aux sources du métier bancaire, repose sur le développement du crédit numérique, avec un parcours client simplifié au maximum. C'est tout le sens du succès d'United Credit en France, ou de Klarna en Suède, dans le domaine du crédit à la consommation. C'est également ce qui explique l'attrait des investisseurs pour les néobanques spécialisées dans le financement des TPE/PME.

La deuxième option serait de créer des "super applications" intégrant des services financiers et non financiers, à l'image des marketplaces déjà en usage dans l'univers du commerce en ligne. Ces réflexions rejoignent d'ailleurs les préoccupations des banques traditionnelles, dont les revenus de détail ne cessent de décliner à l'aune de la persistance des taux bas.

Les exemples d'évolution vers des services non financiers sont encore rares. Et c'est souvent les banques qui donnent, cette fois-ci, le ton avec le lancement de Dealwise (plateforme d'achat avec cashback) par ING ou de la marketplace de la banque singapourienne DBS, spécialisée dans les offres de voitures et de voyages.

Enfin, la dernière option possible serait de fournir des services d'investissement pour une clientèle plus aisée, à grand renfort de technologies et d'algorithmes. "Quelque soit l'option choisie, les néobanques devront rapidement atteindre la rentabilité pour rassurer leurs investisseurs", conclut l'étude.

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Commentaires
a écrit le 23/12/2020 à 9:26 :
Et comme on le voit le monde se porte de mieux en mieux ! ^^

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