Banco BPM : le patron d'UniCredit bouscule à nouveau le jeu
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Doté d'une solide réputation de dealmaker, Andrea Orcel, PDG d'UniCredit, n'hésite pas à ouvrir plusieurs fronts à la fois.
Reuters
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Doté d'une solide réputation de dealmaker, Andrea Orcel, PDG d'UniCredit, n'hésite pas à ouvrir plusieurs fronts à la fois.
Reuters
Le banquier Andrea Orcel, PDG de la deuxième banque italienne, UniCredit, à la solide réputation de dealmaker, a le don de fâcher les autorités politiques. Son raid surprise, en septembre dernier, sur la banque allemande Commerzbank, à la faveur de la vente d'actions par l'État allemand, a été très fraîchement accueilli par le gouvernement allemand.
Dès septembre, le chancelier Olaf Scholz a manifesté son opposition à toute offre hostile et, la semaine dernière, le tout nouveau ministre des Finances, Jörg Kukies, un ancien banquier d'affaires, a clairement rappelé qu'« une prise de contrôle agressive d'une banque systémique comme Commerzbank est inappropriée ».
Désormais actionnaire à 21% de Commerzbank, Andrea Orcel se donne du temps, en l'occurrence un an, avant de préciser ses intentions, sachant qu'Unicredit détient déjà, en Allemagne, HypoVereinsbank (HVB) qui offre de fortes synergies potentielles en cas de rapprochement avec Commerzbank. Mais le patron d'Unicredit est aussi un homme pressé et opportuniste. À la veille d'une consolidation bancaire en Italie, il prend les devants et lance une offre publique d'échange (OPE) sur Banco BPM, troisième banque italienne basée à Milan et à Vérone.
Cette transaction valorisée à 10,1 milliards d'euros devrait permettre de réaliser, selon le communiqué d'UniCredit, des synergies de coûts de 900 millions d'euros et de revenus de 300 millions d'euros dans les vingt-quatre mois suivant la clôture de l'opération prévue en juin 2025.
À lire également
« L'Europe a besoin de banques plus fortes et plus grandes qui l'aident à développer sa propre économie et être compétitive face aux autres principaux blocs économiques. Grâce au travail effectué ces trois dernières années, UniCredit est désormais bien positionnée pour affronter ce défi », avance Andea Orcel, dans le communiqué. Le banquier s'était déjà abrité derrière le rapport Draghi sur la compétitivité de l'Europe (face aux États-Unis) pour plaider en faveur de la consolidation bancaire européenne, en trouvant d'ailleurs un certain écho du côté de la Banque centrale européenne (BCE).
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.
