Commerzbank : le président italien défend l'offensive d'UniCredit
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« Il est donc essentiel que des champions européens émergent », capables de rivaliser sur la scène mondiale, a insisté le président italien.
Massimo Pinca
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« Il est donc essentiel que des champions européens émergent », capables de rivaliser sur la scène mondiale, a insisté le président italien.
Massimo Pinca
Le président italien Sergio Mattarella défend son poulain. Alors que la banque italienne UniCredit s'est assurée la possibilité d'obtenir 21% du capital de l'allemande Commerzbank via des instruments financiers, le dirigeant italien, en visite d'État en Allemagne ce vendredi, a soutenu les efforts pour créer des poids lourds européens.
Dans plusieurs « secteurs décisifs », les principaux acteurs sont « en grande partie issus d'autres pays, d'autres continents, d'autres régions », a-t-il dit lors d'une conférence de presse au côté du président allemand, Frank-Walter Steinmeier.
S'il a refusé de commenter des « événements concrets » qui agitent la sphère bancaire, la référence à UniCredit était assez claire.
Il s'agit aussi d'une réponse au chancelier allemand. « Les prises de contrôle forcées ne sont pas bonnes pour les banques », avait, en effet, déclaré en début de semaine le chancelier Olaf Scholz à des médias allemands depuis New York. Dans le même temps, le ministre des Finances Christian Lindner avait exprimé son mécontentement sur le sujet auprès de son homologue italien, Giancarlo Giorgetti, indique ce vendredi le journal Die Welt.
Et pour cause, la volonté d'UniCredit de monter au capital de sa concurrente a mis le monde politique et financier allemand en ébullition. Cette transaction a alimenté les spéculations sur un rachat total de Commerzbank par la banque italienne, qui possède déjà le prêteur allemand HypoVereinsbank. En réponse, le gouvernement allemand a décidé de ne pas vendre pour l'instant d'autres actions Commerzbank qu'il détient.
Mais pour Sergio Mattarella, ces rapprochements entre entreprises des deux pays sont positives pour l'Europe. L'Allemagne et l'Italie ont « la capacité et la responsabilité de pousser à la croissance de l'Union européenne », a-t-il ajouté, faisant référence à ce qui passe notamment par l'achèvement de l'union des marchés de capitaux. « Une grande monnaie unique de grande importance mondiale doit être soutenue par un système financier complet », a-t-il conclu.
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Les directions des deux banques ont eu un premier échange en mode virtuel ce vendredi matin, dont le contenu n'a pas été révélé. Mais la banque allemande ne semble pas ravie par ce rachat.
La semaine dernière, la directrice financière de la banque depuis le 1er janvier 2020, avait déclaré que l'Etat allemand serait inspiré de « conserver » ses titres Commerzbank, l'important étant « de réfléchir calmement à ce qui est sur la table et à la manière d'y réagir ».
Cherchant à défendre son indépendance, Commerzbank a relevé jeudi ses prévisions de rentabilité et a annoncé vouloir mieux rémunérer ses actionnaires, dans le but de faire monter son cours en Bourse et de rendre son rachat plus coûteux.
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De son côté, la banque italienne assure avoir « toute flexibilité (afin de) conserver (sa participation) la vendre (ou alors) l'augmenter ultérieurement ». « Il existe un important potentiel de création de valeur qui peut être tirée de Commerzbank, soit dans un scénario autonome, soit au sein d'UniCredit », au « bénéfice de l'ensemble de l'Allemagne », relève la banque italienne.
(Avec AFP)
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