La Banque centrale européenne devrait confirmer ce jeudi une pause sur les taux directeurs, après un cycle de baisse entamée en juin 2024. La croissance plutôt résiliente et une inflation maîtrisée ne plaident pas en faveur d’une nouvelle baisse.
Alors que tous les regards sont dirigés vers la réunion de la Réserve fédérale la semaine prochaine, avec une annonce attendue d'une première baisse des taux fédéraux depuis un an, la réunion de la Banque centrale européenne (BCE), ce mercredi et jeudi, suscite moins d'intérêt. Le terrain a été bien balisé en juillet par la présidente de la BCE, Christine Lagarde, en indiquant que la banque centrale de la zone euro était désormais confortable avec un taux de dépôt à 2 %.
Traduction, la BCE va maintenir ses taux au niveau actuel. « Nous risquons même de rester à ce niveau pendant très longtemps », lâche un gérant obligataire. Certes, le marché anticipe encore une baisse de taux d'ici à la fin de l'année, avec un contrat future fin décembre qui oscille autour de 1,80 %. Mais sur les échéances à 2026 ou 2027, ces contrats sont bien arrimés à 2 %.
Tout va bien
Rien dans les indicateurs d'activité (qui se redressent) ou les indices de prix à la consommation ne pourrait en effet justifier une baisse des taux de la BCE. En juin, Christine Lagarde avait d'ailleurs bien expliqué que le cycle monétaire ouvert avec la pandémie est terminé et que la lutte contre l'inflation a été gagnée, sans provoquer de récession. En clair, le job a été fait et il faut attendre désormais de voir quelle sera la prochaine étape.
Aujourd'hui, ce que redoute finalement le plus la BCE serait une inflation insuffisante (undershooting), bien en deçà de la cible des 2 %, sous l'effet combiné d'un euro fort, de prix de l'énergie faibles et d'une consommation atone. De fait, selon les prévisions de la BCE, l'inflation pourrait même avooisiner 1,4 % au printemps prochain, avec une inflation sous-jacente inférieure à 2 % en 2026. Ce qui offre de l'espace à la BCE pour une nouvelle baisse en cas de choc déflationniste.
Un autre élément que la BCE devra prendre en compte sera l'effet d'un nouveau cycle de baisse des taux de la banque centrale américaine sur le dollar. Même si ce n'est pas le rôle de la BCE de piloter le taux de change, Christine Lagarde a évoqué plusieurs fois la parité euro/dollar, évoquant même un seuil de 1,2 à ne pas dépasser.
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