La BCE met la pression sur la banque italienne Monte Paschi

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La banque du pays a ajouté que la BCE lui avait demandé de présenter un nouveau plan d'ici au 3 octobre, précisant la façon dont elle compte réduire ses prêts à risque à 20% de son portefeuille total de prêts d'ici 2018.
La banque du pays a ajouté que la BCE lui avait demandé de présenter un nouveau plan d'ici au 3 octobre, précisant la façon dont elle compte réduire ses prêts à risque à 20% de son portefeuille total de prêts d'ici 2018. (Crédits : © Stefano Rellandini / Reuters)
La Banque centrale européenne (BCE) a envoyé une lettre à la banque italienne, lui demandant de réduire de 30% le montant de ses créances douteuses au cours des trois prochaines années.

C'est le genre de missive dont Monte dei Paschi di Siena se serait bien passée. La Banque centrale européenne (BCE) a envoyé une lettre à la banque italienne, lui demandant de réduire de 30% le montant de ses créances douteuses au cours des trois prochaines années, a annoncé lundi l'établissement bancaire en difficulté. Monte dei Paschi di Siena précise que la BCE lui a enjoint de ramener ses prêts à risque à 32,6 milliards d'euros en 2018, contre 46,9 milliards en 2015. Les objectifs pour 2016 et 2017 sont, respectivement, de 43,4 milliards et de 38,9 milliards d'euros. La troisième banque du pays en volumes de prêts a ajouté que la BCE lui avait demandé de présenter un nouveau plan d'ici au 3 octobre, précisant la façon dont elle compte réduire ses prêts à risque à 20% de son portefeuille total de prêts d'ici 2018.

La lettre s'inscrit dans le cadre de l'activité classique de supervision bancaire et n'est pas un ultimatum adressé à Monte Paschi, a dit à Reuters une source proche du dossier. Monte Paschi est la banque italienne ayant la plus forte proportion de créances douteuses, celles-ci représentant 41% du total de son portefeuille de prêts. L'établissement, qui cherche à s'adosser à l'un de ses concurrents, a réalisé une augmentation de capital de trois milliards d'euros l'an dernier après avoir réalisé la plus mauvaise performance en Europe au dernier bilan de santé de la BCE en 2014.

Lundi matin, le titre a chuté de 8,65%, avec l'ensemble des valeurs bancaires italiennes, Intesa Sanpaolo perdant 2,68%, UniCredit 1,12% et Banco Popolare 1,56%. Plus largement, l'indice FTSE des banques italiennes perdait 2,3%. Le secteur est alourdi par 360 milliards d'euros de prêts non performants et a particulièrement souffert en Bourse du vote britannique pour une sortie de l'Union européenne le 23 juin.

Une porte-parole de la Commission européenne a dit dimanche que Rome discutait avec l'exécutif européen concernant un plan de recapitalisation de ses banques avec des fonds publics. Le gouvernement italien a de son côté démenti lundi une information du Financial Times selon laquelle il serait prêt à injecter des milliards d'euros dans son système bancaire en cas de crise grave malgré les avertissements de Bruxelles sur la nécessité de respecter la réglementation européenne qui veut que les banques, et non les contribuables, financent les plans de sauvetage. "L'Italie n'a aucune intention de défier Bruxelles sur les banques. Nous respectons les règles et préférons des solutions de marché pour nos banques", a dit un porte-parole du gouvernement (Reuters).

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Commentaires
a écrit le 05/07/2016 à 17:20 :
Je pense que c'est la fin de cette institution
a écrit le 04/07/2016 à 20:10 :
La BCE fait penser à un médecin qui dirait à un patient alcoolique : vous sifflez trois litre de gros rouge par jour... je vous intime de vous limiter à un demi-litre !

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