Négociations salariales: les banques moins généreuses cette année
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L'année dernière, les NAO avaient déclenché certains mouvements de grèves ponctuels. Un fait rare dans le secteur.
Gonzalo Fuentes
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L'année dernière, les NAO avaient déclenché certains mouvements de grèves ponctuels. Un fait rare dans le secteur.
Gonzalo Fuentes
Cette année, les établissements bancaires réduisent la voilure sur les augmentations de salaires. Ceci, dans un contexte de négociations annuelles obligatoires (NAO) et d'inflation réduite, et de bénéfices confortables.
« La tendance n'est pas au beau fixe pour les salariés », déplore ainsi auprès de l'AFP Christel Arnaud Saint Martin, présidente de la fédération des banques au sein du syndicat CFTC.
BNP Paribas a, par exemple, opté pour une enveloppe dédiée aux augmentations individuelles, portée à 1,8% de la masse salariale. C'est aussi le cas à la Société Générale, de l'ordre de 2%. Ces pourcentages sont supérieurs à l'inflation, mesurée à 1,3% au dernier pointage de l'Insee en novembre, inférieure à l'année dernière. Mais avec ces revalorisations au cas par cas, à la main des responsables d'équipes, « tout le monde n'est pas récompensé », rappelle la syndicaliste. Du côté des assureurs, les salariés de Groupama ont, eux, obtenu une augmentation générale de 1%, avec un plancher pour certaines catégories de personnel.
Rassemblant entre autres 14 des 18 fédérations régionales, et plusieurs filiales, dont le CIC, le Crédit Mutuel Alliance fédérale a, lui, dédié un budget de 2% de sa masse salariale à des augmentations individuelles, en plus de l'augmentation générale. Le groupe bancaire a acté une augmentation de 1,5% pour tous ses salariés, assortie d'un plancher de 650 euros bruts.
Par ailleurs, les actionnaires du Crédit Mutuel sont moins gourmands par rapport à BNP et Société générale, qui leur reversent 50 à 60% du profit net. Le Crédit Mutuel dispose d'une marge de manœuvre relativement confortable. Son bénéfice net sur la première moitié d'année s'élève à 2 milliards d'euros, contre 1,8 milliard d'euros pour la Société Générale, et 6,5 milliards d'euros pour BNP Paribas.
Pour rappel, les négociations annuelles obligatoires se déroulent entre un employeur et les délégués syndicaux. Elles ont pour objectif de favoriser et d'encadrer le dialogue social au sein des entreprises.
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L'année dernière, les NAO avaient déclenché certains mouvements de grèves ponctuels, un fait rare dans le secteur, sont cette année encore très tendues entre les syndicats et les directions. Les représentants du personnel de la Société Générale ont même pratiqué la politique de la chaise vide lors de la dernière réunion sur le sujet avec la direction, refusant de signer l'accord. Une première depuis 2020.
Dans un tract salé publié mercredi, la CGT relatait le « boycott » de l'intersyndicale, devant des propositions « bien en deçà des besoins ». Ce sont pourtant bien celles-ci qui s'appliqueront en 2025. BNP Paribas, qui avait connu ce cas de figure l'an dernier, à l'inverse, a obtenu cette année les paraphes des instances représentatives. Contre quoi : des primes de partage de la valeur (PPV) de 900 euros et 1.200 euros, selon les salaires chez BNP Paribas.
Au Crédit Mutuel Alliance fédérale, le président Daniel Baal est même allé jusqu'à féliciter publiquement les négociateurs sur le réseau social LinkedIn : « Les négociateurs et les partenaires sociaux pour la qualité de l'accord signé » cette année. L'ensemble des mesures salariales « consolide la place » de la banque « en tant qu'entreprise socialement engagée et soucieuse de l'intérêt de ses collaboratrices et collaborateurs », a-t-il complété.
Les négociations sont toujours en cours au sein du groupe BPCE, rassemblant notamment les Banques populaires et les Caisses d'Epargne. Des sources syndicales évoquent des discussions entre 0,5% et 1% d'augmentation générale selon les caisses et les tranches de salaires. Elles débutent à peine dans la galaxie du Crédit Agricole, de source syndicale, et à la Banque postale, selon une porte-parole.
Chez Axa, « les premières réunions d'échanges sur la NAO se tiennent depuis la mi-novembre », a indiqué ce jeudi un porte-parole. Le géant français de l'assurance se dit par ailleurs « très sensible aux préoccupations légitimes des salariés concernant l'inflation ».
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Zoom sur les négociations annuelles obligatoires
Selon le Code du travail, la négociation annuelle obligatoire (NAO) doit s'engager, à l'initiative de l'employeur, au moins tous les quatre ans. Les entreprises concernées doivent aussi avoir une ou plusieurs sections syndicales d'organisations représentatives.
Les NAO abordent plusieurs sujets bien définis. Le premier étant la rémunération des salaires effectifs, mais aussi le temps de travail, et le partage de la valeur ajoutée dans l'entreprise. Moins connue, l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes est aussi discutée dans les NAO. Des mesures visant à supprimer les écarts de rémunération peuvent être prises. La qualité de vie et des conditions de travail fait aussi partie des sujets abordés durant ces négociations.
(Avec AFP)
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