L'innovation dans la banque repose le plus souvent sur des start-up. Des partenariats qui ne fonctionnent pourtant pas toujours bien. Le champion de l'incubation, Crédit Mutuel Arkéa, cède depuis deux ans l'essentiel de son portefeuille dans les fintech. De son côté, Société Générale, qui a su développer en interne, « en mode start-up », des vrais succès, comme Forge dans les cryptoactifs, ou en rachetant des fintechs comme Shine (aujourd'hui revendue), lève aujourd'hui le pied et revoit toute sa stratégie innovation dans le domaine. Quitte à provoquer, en début d'année, le départ de son emblématique directrice de l'innovation, Claire Calmejane.
Quelques rachats d'actifs ont certes eu lieu mais ce sont plutôt des gros tickets désormais, comme la montée de BPCE, par apport d'actifs, au capital de Swile, devenu un gros acteur du marché des avantages salariés.
Parallèlement, de nouvelles formes de partenariats émergent. C'est notamment celui qui préside au lancement de Mucho, une nouvelle plateforme numérique de gestion des avantages salariés (tickets restaurant, cadeaux...), qui souhaite étendre son offre jusqu'à la distribution d'assurance santé et prévoyance collective, voire des solutions d'épargne salariale ou d'intéressement. Car derrière ce lancement se trouvent à la fois une structure peu commune, 321, un « start-up studio », et un donneur d'ordre... BNP Paribas.
Le pitch est simple : BNP Paribas a identifié un manque dans son offre aux TPE/ PME en matière de gestion « RH » et a demandé au studio 321 de monter un projet et d'en assurer la phase de design et de build. Puis de trouver des entrepreneurs pour piloter le projet dans une phase de commercialisation avant une éventuelle intégration au sein de BNP Paribas. En résumé, BNP Paribas finance, studio 321 monte le projet et une équipe d'entrepreneurs, en l'occurrence menée par Christophe Doré pour Mucho, est chargée de mener le projet jusqu'à son intégration au sein de BNP Paribas. Et chacune des parties se retrouvent au capital de la start-up.