La revalorisation du Livret A, induite par l'inflation, a eu un effet immédiat sur le stock tandis que la hausse des taux courts a été plus progressive. L'équation sera même plus compliquée pour les banques de détail en 2023. Cela souligne d'ailleurs toute la pertinence de la stratégie de diversification.
Philippe Heim, président du directoire de La Banque Postale
LA TRIBUNE - Vous venez d'être renouvelé pour un mandat de cinq ans à la tête de La Banque Postale. Comment définissez-vous aujourd'hui le positionnement de La Banque Postale ?
PHILIPPE HEIM - La Banque Postale, c'est tout d'abord 20 millions de clients, c'est-à-dire la banque de tous les Français. Nous sommes à la fois la banque des villes, de la ruralité, des montagnes, de l'outre-mer. Nous représentons la population française, de la clientèle en situation de fragilité aux clients patrimoniaux. C'est également une banque diversifiée. Le modèle traditionnel de la banque de détail, qui était la colonne vertébrale de La Banque Postale, avait besoin d'être renforcé. L'opération majeure est bien évidemment la prise de contrôle à 100 % de CNP Assurances, qui s'est réalisée en plusieurs étapes avant d'être finalisée en juin dernier. Nous avons également déployé la banque d'investissement et de financement, avec des positions solides auprès des collectivités locales et une empreinte qui s'étend auprès des ETI et des grandes entreprises. Nous avons également développé la filière de banque privée, avec une nouvelle marque, Louvre Banque Privée, qui représente quelque 73 milliards d'euros d'actifs sous gestion.