Orange a décidé de continuer seul son projet bancaire initié en 2017 avec son partenaire historique Groupama. L’opérateur télécom a ainsi décidé de racheter la participation de 22 % de l’assureur mutualiste dans le capital d’Orange Bank. Et d’injecter 230 millions d’euros dans sa filiale bancaire en réalisant une nouvelle augmentation de capital. De quoi assurer son développement, en France et à l’international, et de parvenir à la rentabilité d’ici fin 2024. Depuis son lancement, la banque digitale a accumulé quelque 650 millions d’euros de pertes. Entretien avec Paul de Leusse, directeur...... éral adjoint d’Orange, en charge des services financiers, et directeur général d’Orange Bank.
LA TRIBUNE- Pour quelles raisons Orange a-t-il décidé de racheter la participation de 22% de Groupama et détenir 100 % du capital d'Orange Bank ?
PAUL DE LEUSSE- La principale raison de cette opération est que nous sommes dans une forte accélération du développement de la banque, avec plus de 40.000 nouveaux clients tous les mois, une présence en France et en Espagne et de nouveaux projets à l'international. Or, Groupama nous a clairement indiqué qu'il n'avait pas vocation à accompagner cette croissance tout en souhaitant rester notre partenaire commercial. C'est pourquoi Groupama sort du capital d'Orange Bank mais il se réengage parallèlement avec nous comme distributeur, avec une exclusivité sur nos produits de banque de quotidien et de crédit qui est prolongée jusqu'en 2028. Groupama restera donc un partenaire important, entre 30 et 40 % de notre production de crédit cette année, mais son poids dans l'activité va logiquement diminuer avec la croissance de notre activité.
Orange aura-t-il les moyens de financer seul la croissance d'Orange Bank alors que le groupe est déjà engagé dans de lourds investissements dans les télécoms ?
Oui, Orange a les moyens de financer seul le développement d'Orange Bank et va réinvestir dans sa filiale en réalisant une augmentation de capital de 230 millions d'euros, ce qui est très conséquent. Et pourquoi notre actionnaire s'engage à nouveau ? Car il constate à la fois notre dynamique commerciale, notre forte hausse des revenus, 57 % sur un an au premier semestre, et la baisse continue de nos coûts de gestion par client, de 35 % en trois ans grâce à nos efforts de digitalisation des processus. Nous sommes dans une trajectoire financière vertueuse, qui nous permettra d'atteindre la rentabilité d'ici à la fin 2024.
Pourquoi les discussions que vous avez engagées avec des banques pour une éventuelle entrée à votre capital n'ont-elles pas abouties ?