BNP Paribas se dote d’un accélérateur géant de startups internes

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Situé à deux pas de l'hôtel Drouot dans le 9ème arrondissement de Paris, le Bivwak est un espace de 3.500 m2 où les collaborateurs de BNP Paribas peuvent venir incuber leur projet ou se former à la méthode agile.
Situé à deux pas de l'hôtel Drouot dans le 9ème arrondissement de Paris, le Bivwak est un espace de 3.500 m2 où les collaborateurs de BNP Paribas peuvent venir incuber leur projet ou se former à la méthode agile. (Crédits : BNP Paribas)
La banque vient d’ouvrir un nouveau lieu consacré à l’innovation, près des Grands Boulevards, où les projets de ses intrapreneurs seront accélérés pendant six mois. Baptisé Bivwak, cet espace inspiré de la culture startup servira aussi de lieu de formation et d’acculturation aux nouvelles technologies et méthodes de travail.

Allergiques aux anglicismes et aux mots à la mode, passez votre chemin. Au Bivwak!, nouveau lieu consacré à l'innovation inauguré ce mercredi 6 novembre par BNP Paribas dans le cœur de Paris, à deux pas de la mairie du 9ème arrondissement et de l'hôtel Drouot, il n'est pas question d'objet d'art ni de voiture de collection mais de workshop, de squad, de UX, de dev'op, de core team et d'upskilling ! Dans un bel immeuble pré-haussmannien rénové et loué auprès de Groupama, le cadre est à des années-lumière du style industriel tech de Station F - où la banque a un programme d'accélération fintech avec Plug & Play -, de son espace WAI voisin aux couleurs pop, boulevard Poissonnière, destiné aux startups et ETI, ou des Dunes, le technocentre de la Société Générale à Val-de-Fontenay.

Pourtant, sous les moulures, du « camp de base » du rez-de-chaussée à la « terrasse du like » du 1er et la « XP zone » du 2ème, les murs du Bivwak sont couverts de tableaux blancs à remplir d'idées et de post-it, de mantras de la culture startup, avec des cabines connectées à tous les étages et du mobilier design sobre propice, sans doute, au bourgeonnement d'idées.

Dans cet espace de 3.500 m2, la banque a commencé à accueillir depuis octobre des collaborateurs venant incuber une idée ou accélérer, pendant six mois maximum, un projet de nouveau produit, service ou modèle économique, afin d'aboutir à un vrai « MVP » (produit minimum viable) ou un prototype d'offre, d'application, pouvant aller jusqu'à la création de startup interne et de filiale autonome.

« Nous avions testé le développement de projets en mode agile rue Réaumur [à l'espace de coworking Spaces, ndlr]. Cela a été un succès. Nous avons voulu faire chez nous, en plus grand, ce que nous avions commencé en mode projet », a expliqué Jacques d'Estais, le directeur général adjoint de BNP Paribas lors d'une conférence de presse ce mercredi.

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BNP Paribas Bivwak accélérateur intrapreneurs

[L'intérieur du Bivwak. Crédit : BNP Paribas]

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Diffuser une culture d'agilité

Responsable de la branche de services financiers internationaux IFS (crédit conso, assurance avec Cardif, banque privée, gestion d'actifs, immobilier), c'est lui qui a porté ce projet, représentant un investissement d'une dizaine de millions d'euros par an, et qui concerne toutes les divisions du groupe. La banque avait déjà plusieurs initiatives et programmes d'intrapreneuriat comme People's Lab et Innovation Booster. L'ambition de ce nouveau lieu est de favoriser les connections entre lignes de métier et de croiser les expertises, mais aussi de devenir un espace de formation pour les collaborateurs. « Nous voulons davantage développer l'acculturation au numérique et aux nouvelles méthodes de travail, l'upskilling ou reskilling, pour assurer l'employabilité de nos collaborateurs, de tous âges et tous niveaux », a indiqué Jacques d'Estais.

« Il faut que tous les actuaires de Cardif soient capables de devenir des data scientists ! », confie-t-il à titre d'exemple.

Un peu plus de 350 collaborateurs viendront s'y former d'ici à la fin de l'année sur les thèmes de la data, la tech et le business à impact positif.

La banque a noué un partenariat avec l'école de code General Assembly, qui établit au Bivwak son campus français où elle dispensera des formations aux salariés de BNP Paribas mais pas seulement. Le lieu sera aussi ouvert à des startups externes et d'autres grands groupes ayant des programmes d'intrapreneuriat, comme Danone.

« Je suis convaincu que le développement agile doit s'ancrer dans la culture de notre entreprise. Nous devons être en mesure de nous développer rapidement, d'essayer des choses, de faire des erreurs et de recommencer à tout recommencer, le tout au moindre coût possible », a commenté Jean-Laurent Bonnafé, le directeur général du groupe, dans une publication LinkedIn après avoir visité les lieux mardi soir. « Nous devons également faire tomber les barrières entre les activités commerciales et promouvoir la collaboration entre nos experts, startups et partenaires », a-t-il ajouté.

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BNP Paribas Bivwak accélérateur intrapreneurs

[L'intérieur du Bivwak. Crédit : BNP Paribas]

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Déjà des startups internes opérationnelles

La première version du dispositif d'intrapreneuriat d'IFS rue Réaumur avait permis d'incuber 32 projets. Certains sont en train de prendre leur envol. C'est le cas de Tilia, fondée par Christine Lamidel et devenue une filiale de BNP Personal Finance qui commercialise depuis juin cette offre d'accompagnement des aidants (45 euros par mois). Ou encore de FFYN, un service de mise en relation des gestionnaires d'actifs et des investisseurs institutionnels, « excubé » en entité juridique indépendante, générant des revenus et visant la rentabilité dans les huit mois selon son cofondateur et directeur général, Richard Jones venu de BNP Securities Services.

Un autre projet pourrait suivre : Be Nomad, une appli d'aide à la mobilité pour les collaborateurs, proposant du « corpoworking », des postes de travail éphémères à réserver en quelques clics dans un des sites du groupe en Île-de-France pour éviter les déplacements chronophages. Opérationnel depuis novembre, ce service, cofondé par Jérôme Carré, responsable des risques France chez Cardif, expert-comptable de formation devenu startupper, enregistre 280 réservations par semaine et plus de 4.000 inscrits.

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Commentaires
a écrit le 07/11/2019 à 9:56 :
Ouais, ils arrivent après la bataille ! car ce qui compte dans une start up au départ, c'est la valeur du projet et celui qui le porte.

Du coup il va y avoir de l'oseille, car les taux bas donne des liquidités, cela permet tout. Seulement, le sens de start up, je up c'est a la fin le constat de réalisation du projet.

Et souvent, il n'y a pas de sujet sur la chose, que des constat a postériori.....

Étrange situation de verser trop d'argent pour fabriquer des bulles éco, dont si il y avait autant de réussites start upiennes, nous le constaterions, non?

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