Boursorama espère un effet loi Macron sur le marché bancaire

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A partir du 6 février, un nouveau service gratuit d'aide à la mobilité bancaire sera mis en place. La directrice générale de Boursorama, Marie Cheval, espère bien en profiter pour gagner des nouveaux clients.
A partir du 6 février, un nouveau service gratuit d'aide à la mobilité bancaire sera mis en place. La directrice générale de Boursorama, Marie Cheval, espère bien en profiter pour gagner des nouveaux clients. (Crédits : Julien Millet)
La banque en ligne, filiale de la Société Générale, va franchir le cap du million de clients dans quelques jours. Elle attend beaucoup de l’entrée en vigueur le 6 février du service d’aide à la mobilité bancaire automatisé en mettant en avant qu'elle est la moins chère.

La date tombe plutôt bien pour Boursorama : le 6 février prochain entrera en vigueur la loi Macron sur la mobilité bancaire, au moment où la banque en ligne célébrera son millionième client. Cet acteur historique de la banque sur Internet, filiale à 100% de la Société Générale depuis l'été 2015, comptait 978.000 clients en France à la fin de 2016, en croissance de près de 30%. Le million sera atteint dans quelques jours, l'occasion de lancer une opération commerciale pour entretenir le buzz.

« Nous avons une originalité dans l'univers bancaire : plus d'un quart de nos clients ont moins d'un an d'ancienneté, alors que chez les banques classiques, l'ancienneté est en moyenne de 30 ans » nous confie Benoît Grisoni, le directeur général adjoint de Boursorama.

« Le service d'aide à la mobilité bancaire va faciliter les transferts de compte, donc aider à l'acquisition de clients et inciter les clients à nous confier un peu plus de flux (financiers) », espère-t-il.

Coup de projecteur sur les frais bancaires

A partir du 6 février, les banques seront en effet obligées de se charger à la place des clients des démarches auprès de tous les organismes concernés par les prélèvements et virements automatiques (EDF, salaire, assurance maladie, etc). Le client n'aura qu'à signer un mandat de mobilité avec sa nouvelle banque et le changement de domiciliation bancaire devra être effectif en 22 jours ouvrés maximum.

« Il existait déjà un service d'aide à la mobilité, mais qui n'était pas aussi simple et automatique. Nous pensons que le nouveau système lèvera des freins administratifs et psychologiques qui demeurent », estime le DGA de Boursorama.

Le coup de projecteur mis sur le nouveau dispositif devrait relancer le débat sur les frais bancaires, terrain qui lui est favorable.

« Nous avons doublé notre base de clients en trois ans, grâce à notre positionnement de banque la moins chère », fait valoir Marie Cheval, la directrice générale, en référence à différents classements dont l'étude annuelle des tarifs bancaires réalisée par Choisir-ma-banque.com pour « Le Monde ».

Un de ses concurrents, Fortuneo (filiale de Crédit Mutuel Arkéa), joue aussi la carte des prix et a été élu « banque la moins chère » par Le Point/meilleurebanque avec un coût moyen annuel de 10,14 euros et 60% de clients n'ayant réglé aucuns frais. Boursorama affiche un coût moyen de 12,01 euros et une proportion équivalente de clients ne payant pas de frais, la caractéristique des banques en ligne.

« Notre benchmark, ce ne sont pas Fortuneo ou ING, mais les banques classiques, dont le coût approche des 200 euros par an », insiste Benoît Grisoni.

Objectif : 2 millions de clients en 2020

La banque en ligne va proposer la mobilité totale, avec clôture de l'ancien compte, mais aussi la mobilité « à la carte » pour des clients qui auraient intérêt à garder un ou plusieurs comptes ailleurs, à cause d'un prêt immobilier en cours par exemple.

« On n'est pas dans le tout ou rien, la notion de banque principale ne nous intéresse pas. On est un peu un e-commerçant comme les autres, les clients nous testent et ne nous confient pas 100.000 euros d'un coup. Ils viennent à 98% pour la banque du quotidien, le compte courant et la carte, il faut en général 18 mois pour atteindre le maximum d'encours » indique le DGA de Boursorama.

Le pionnier du courtage en ligne, qui fêtera ses 20 ans l'an prochain, propose des livrets d'épargne, de l'assurance-vie, du découvert autorisé, du crédit conso et, depuis 2010, du crédit immobilier, chasse gardée des banques traditionnelles, où ING Direct l'a rejoint il y a dix-huit mois. « On en fait pas mal » répond-on de façon vague à Boursorama.

La filiale de la Société Générale, opérant dans une « logique concurrentielle assumée » avec la banque de détail de la maison-mère, a commencé à élargir sa cible au-delà de sa clientèle CSP+ multi-bancarisée, en abaissant le revenu net mensuel requis pour une carte Premier et en lançant une carte sans condition de revenus ou d'encours, destinée notamment aux étudiants, les clients de demain. Elle vient également de lancer une offre destinée aux professions libérales et artisans. Son objectif est de dépasser les 2 millions de clients dans trois ans en France, où elle concentre ses efforts, alors qu'elle s'apprête à sortir d'Allemagne après avoir quitté le Royaume-Uni, faute de synergies.

Concurrence d'Orange et des Fintech

Et si le nouveau dispositif de mobilité bancaire profitait davantage à de tout nouveaux entrants, le futur Orange Bank ou les "néobanques" comme Compte Nickel ou Morning ou la Fintech allemande N26 qui va se lancer pour de bon en France ?

« Compte Nickel, c'est un compte prépayé et basta ! » objecte Benoît Grisoni.

En revanche, il dit suivre avec attention le lancement à venir d'Orange Bank, « un acteur sérieux par définition, qui a beaucoup de clients et de moyens. Son arrivée fera parler de la banque et des écarts de prix, on se sent moins visé que d'autres ! »

La directrice générale de Boursorama analyse :

« Les néobanques ne sont pas des banques, elles ne proposent pas une offre bancaire complète comme nous. Les Fintech sont souvent rattrapées par la réalité et la nécessité de gagner de l'argent, beaucoup évoluent vers le BtoB ».

La banque en ligne veut aussi marquer sa différence : « Nous sommes 100% digital, mais ça ne veut pas dire sans contact ! » insiste Marie Cheval. Boursorama emploie un peu plus de 200 conseillers qui répondent au téléphone ou par mail, sur près de 700 salariés.

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Commentaires
a écrit le 23/01/2017 à 18:33 :
Je suis à cette banque et je peux vous assurer qu'en 1 an ils ne m'ont rient prélevé comme frais et tous et gratuit.Leurs conseillers sont pro et largement joignable tous le contraire du crédit agricole...

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