L'entrée en vigueur de la loi Macron sur la mobilité bancaire va-t-elle rebattre les cartes du marché ? C'est l'espoir de tous les challengers et nouveaux entrants à l'approche du 6 février, date d'entrée en vigueur du service d'aide à la mobilité bancaire, qui obligera les établissements à procéder aux démarches à la place de leurs clients pour que tous les prélèvements et virements automatiques, d'EDF au salaire, suivent sans interruption et sans incident. Axa Banque par exemple en profite pour remodeler son offre et supprimer les frais de tenue de compte mis en place il y a quelques mois.
La filiale de l'assureur, qui avait racheté Banque directe à BNP Paribas en 2002, compte un peu plus de 700.000 clients (à comparer aux 900.000 et un million des leaders Boursorama et ING Direct) et le nombre de comptes actifs serait en croissance de 10%. Son produit net bancaire approche des 150 millions d'euros et son bilan « augmente de 100 millions d'euros par mois » a confié Amaury de Warenghien, le directeur des finances, de la stratégie et du juridique d'Axa France.
Il suffira en effet au client de signer un "mandat de mobilité bancaire" avec sa nouvelle banque pour obtenir le transfert de domiciliation automatisé (virements, prélèvements, solde positif du compte), qui sera effectif dans un délai maximum de 22 jours ouvrés.
L'assureur décrit sa banque comme « digitale native » du fait de son histoire - tout peut être fait en ligne, depuis l'application mobile ou en relation avec l'un des 450 conseillers bancaires de sa plateforme téléphonique disponible 6 jours sur 7 - mais il indique que « 80% des clients s'enrôlent auprès de leur agent » d'assurance. Axa Banque peut en effet s'appuyer sur son réseau propriétaire d'agents, commissionnés à l'acte : 2.500 sont certifiés intermédiaires en opérations bancaires, dont 850 sont de vrais « assurbanquiers » pouvant réaliser des crédits immobiliers ou à la consommation.
Le groupe d'assureur est convaincu qu'il est « indispensable d'avoir une présence physique » comme en attestent plusieurs enquêtes où les sondés soulignent l'importance de la proximité de l'agence ou de la possibilité de pouvoir rencontrer physiquement un conseiller en cas de besoin.
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Du côté du numérique, Axa Banque va « se poser la question de l'avenir de Soon », une offre disponible uniquement sur smartphone, lancée en 2014 à destination des jeunes actifs et étudiants : « ça a été un laboratoire pour tester de nouvelles spécifications, nous avons énormément appris » a déclaré Amaury de Warenghien. Soon, qui aurait 27.000 clients, est en fait absorbée dans l'offre principale d'Axa Banque qui en reprend plusieurs éléments, tels que la catégorisation et la géolocalisation des dépenses, le calcul du reste à dépenser, la fonction « lock & unlock » qui permet de désactiver temporairement sa carte bancaire en un clic, qui sera proposée en février.
D'autres fonctions innovantes seront ajoutées pour créer un « centre de contrôle » des comptes et de la carte, comme la gestion du plafond à distance, l'exclusion de l'e-commerce ou de certaines zones géographiques :
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D'où la suppression des frais de tenue de compte et la gratuité de la carte bancaire (Visa Classic ou Premier), à condition de réaliser au minimum 300 euros d'achat par mois, 150 euros pour les moins de 30 ans. Axa se défend de participer à la chasse aux clients à coups de primes :
Axa Banque ne dédaigne pas pour autant les petits coups de pouce à l'ouverture de compte : elle offre jusqu'à 250 euros aux nouveaux clients qui acceptent de domicilier chez elle leur salaire.
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