Brexit : JP Morgan déménagera à Dublin, Francfort et ...

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La tour de JP Morgan à Canary Wharf, le quartier d'affaires de Londres, 25 Bank Street, était occupée par Lehman Brothers avant la crise financière. La banque américaine emploie 16.000 personnes au Royaume-Uni.
La tour de JP Morgan à Canary Wharf, le quartier d'affaires de Londres, 25 Bank Street, était occupée par Lehman Brothers avant la crise financière. La banque américaine emploie 16.000 personnes au Royaume-Uni. (Crédits : DC)
La banque américaine a choisi les trois villes d’Europe où elle délocalisera des centaines d’emplois de Londres. Paris n’en fait pas partie.

Alors que les négociations s'annoncent difficiles entre le Royaume-Uni et l'Union européenne sur le Brexit, les banques implantées outre-Manche sont contraintes d'anticiper la perte du « passeport européen » qui leur donne accès au marché unique tout en étant supervisées par le régulateur britannique. JP Morgan Chase, la première banque américaine par les actifs, a fait son choix pour la relocalisation d'une partie de ses équipes. Paris n'en fait pas partie : ce sera Dublin, Francfort et Luxembourg. C'est le responsable de la banque de financement et d'investissement de JP Morgan, Daniel Pinto, qui l'a indiqué dans une interview à l'agence Bloomberg, sans préciser le nombre exact d'emplois concernés.

« Nous allons utiliser les trois banques que nous avons déjà en Europe comme points d'ancrage de nos activités », a-t-il déclaré mardi en marge de la conférence Euromoney de Riyad. « Nous allons devoir déplacer des centaines de personnes à court terme pour être prêts le jour J, quand les négociations seront arrivées à leur terme, et alors nous regarderons les chiffres dans une optique de long terme. »

Paris pénalisé par le droit du travail

En tête du classement mondial (les « league tables ») des banques d'investissement et de financement, particulièrement pour les émissions de dette, JP Morgan emploie quelque 16.000 personnes au Royaume-Uni, notamment dans sa tour de 25 Bank Street, à Canary Wharf, le quartier des affaires de Londres, ce qui représente près de 70% de ses effectifs en Europe selon une étude de l'institut Bruegel. Avant le référendum de juin dernier sur la sortie de l'Union européenne, le patron de JP Morgan, Jamie Dimon, avait indiqué que 4.000 salariés britanniques pourraient devoir être relocalisés après le Brexit. En janvier dernier, il avait ajouté que cela pourrait être plus, ou moins, en fonction de l'issue des discussions entre le Royaume-Uni et l'Union européenne.

Et pourquoi pas Paris ? C'est sans doute une déception mais guère une surprise pour la capitale et les représentants de la place de Paris. Kyril Courboin, le président de JP Morgan France, avait déclaré que la rigidité du droit du travail français était un obstacle à des relocalisations massives de ce côté de la Manche:

« C'est sûr qu'aujourd'hui, on ne va pas bouger des milliers de personnes à Paris si c'est pour se retrouver avec un contrat de travail très, très protecteur » avait-il confié à l'agence Reuters en novembre dernier. « Si ce sont de petites équipes de gens plutôt bien payés, qui sont des expatriés, ça, Paris est très bien, par contre, si c'est pour déplacer des 'back offices' de mille personnes, c'est beaucoup moins bien. »

Le choix du Luxembourg a de quoi étonner : en septembre dernier, JP Morgan avait annoncé un plan social portant sur 20% de ses effectifs, soit 105 emplois, en vue de les délocaliser vers Edimbourg en Ecosse, pour les activités de comptabilité des fonds d'investissement, et vers l'Inde pour celles d'agent de transfert. Le Grand-Duché attire certains assureurs comme l'américain AIG et les gérants d'actifs.

Francfort et Dublin favorites

Pour l'instant, seule HSBC, qui possède en France une banque universelle de plein exercice, le CCF, racheté en 2002, a choisi Paris et annoncé le projet de relocaliser 1.000 emplois en France, où la banque britannique compte déjà 9.500 salariés. Jusqu'ici, Francfort et Dublin sont les favorites des grandes banques obligées de se repositionner en cas de "hard Brexit."

Deutsche Bank, qui emploie 7.000 personnes à la City, pourrait devoir rapatrier 4.000 personnes vers l'Allemagne, a indiqué la responsable de la conformité de la banque allemande la semaine dernière. Goldman Sachs et Morgan Stanley penchent aussi pour Francfort, où se trouve le siège de la Banque centrale européenne, Citigroup également, en complément de Dublin, choisie par Barclays notamment. UBS envisage Francfort, Madrid principalement. Cependant, quelques équipes commerciales, directement en contact avec les clients français (grands émetteurs du CAC 40) pourraient être redéployées en France.

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Commentaires
a écrit le 05/05/2017 à 17:43 :
Le Pen aussi est pour le franc fort. Personnellement, je pencherais plutôt pour Dublin parce que la Saint Patrick, c'est un jour de festivités et 364 jours de préparation aux festivités. A Guinness a day keeps the doctor away :-)
a écrit le 04/05/2017 à 0:04 :
Il suffit de lire la presse étrangère pour voir que les bons résultats à la présidentielle des incompétents aventureux que sont Mélenchon et Mme Le Pen, effraient les milieux de l'économie et de la finance. C'est encore plus dissuasif que le coût du travail en France.
a écrit le 03/05/2017 à 15:58 :
Ouf... Les emplois en carton pâte liés à la finance on sait qu'ils sont bien plus nocifs que bénéfiques.
a écrit le 03/05/2017 à 15:45 :
Des déménagements qui sont loin d'être francs et massifs....et pourquoi tant de mystères sur la destination . La restructuration dans la banque est lancée , l'intelligence artificielle commence à faire son oeuvre...attention au miroir aux alouettes .
a écrit le 03/05/2017 à 15:00 :
Il faut être niais pour croire que les banques anglaises et américaines allaient choisir Paris pour installer des grands cadres et les gros salaires. Malheureusement pour nous.
a écrit le 03/05/2017 à 14:40 :
"Paris n’en fait pas partie." Merci François pour ce bon moment, la France reconnaissante !!
a écrit le 03/05/2017 à 14:37 :
Je vous pari 1 sur 3 , que ce sera le Luxembourg la banque Européenne .
Réponse de le 03/05/2017 à 17:30 :
Oui et ca serait justifié car le pays a fait des enormes progres et aujourd'hui grace à sa stabilité politique est un bel exemple de croissance.
a écrit le 03/05/2017 à 14:30 :
entre les banques adeptes du laxisme/de la fraude qui ont causé des catastrophes ces dernières années et l'industrie, on préfère la 2e. la France est la 1ère destination des investissements industriels étrangers en Europe depuis un moment (EY, Business France). en France, on a déjà de bonnes banques. la Banque de France disait en 2014 que l'encours de prêts aux entreprises avait augmenté entre 2008 et 2014 alors qu'il avait pas mal baissé en zone Euro et UK.
Dublin, une capitale du laxisme et de la poudre aux yeux comme on l'a vu. bon endroit pour des banques Anglos et autres. idem pour Frankfurt, fief de la banque pourrie DB, et Luxembourg facilitateur d'évasion fiscale et de blanchiment (comme Londres).
Réponse de le 03/05/2017 à 17:18 :
Vous dites du n' importe quoi. Seulement parce que Paris n est pas choisit à cause des ses prix exhorbitants, infrastructures vetustes et syndicats prets à imposer une greve chaque semaine pour garder les 35 heures. Soyez honnête et admettez que d'autres pays sont bien plus competitifs.
a écrit le 03/05/2017 à 14:24 :
Pas folle la guèpe, cerains ont sans doute remarqué que le déménagement était prévu là où la fiscalité est avantageuse :-)
Réponse de le 04/05/2017 à 9:13 :
pour la banque , c est secondaire, vu que par des manip comptables ils peuvent faire apparaitre le benef ou ils veulent.
Le choix d un endroit ou ouvrir des bureaux depend des taxes sur le travail, du prix du m2, du nombre de personnes qualifiees qu on peut y trouver (ou qui accepteraient d y aller) et des salaires locaux.
La banque va pas se relocaliser en roumanie meme si les gens sont paye 500 € par mois car elle ne trouvera pas assez de personnel la bas
a écrit le 03/05/2017 à 13:53 :
Si d'aventure Mme Lepen passe, c'est un brexit puissance 1000 qui se prépare car pensez vous un seul instant que les banques, industries etc....resteront dans un pays qui a pour chef de l'état Mme Lepen? Il n'y a que les aveugles et sourds qui ne se rendent pas compte du risque encouru. Et pourtant, certains hésitent encore....pauvre france.
a écrit le 03/05/2017 à 13:52 :
Choix très logique : à Dublin JP Morgan garde un pied dans l'archipel britannique, et pour le reste elle rejoint les places financières qui comptent dans l'UE.
a écrit le 03/05/2017 à 13:47 :
quelle surprise!
plus personne ne veut venir en france, alors l'ennemi de hollande et de le pen, c'est plie avant d'avoir pose la question.........

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