Commerzbank sanctionnée après le relèvement de ses prévisions annuelles

Berlin favorable a une fusion commerzbank-bnp paribas
Ralph Orlowski

Berlin favorable a une fusion commerzbank-bnp paribas
Ralph Orlowski
Commerzbank fait mieux que prévu, mais doit encore faire ses preuves. Sur le dernier trimestre clos fin juin, le résultat net de Commerzbank est ressorti à 272 millions d'euros. C'est bien au-dessus des 213 millions d'euros que prévoyaient les analystes. Ce résultat est en nette amélioration, puisqu'au cours de la même période de l'année précédente, la banque, toujours partiellement contrôlée par Berlin, devait faire face à une perte de 640 millions d'euros. Elle avait notamment été contrainte de comptabiliser des charges importantes en raison d'un plan de restructuration, impliquant la suppression de 9.600 postes.
Dans le même temps, Commerzbank a relevé sa prévision de coûts pour 2018. La banque anticipe désormais 7,1 milliards d'euros de coûts pour l'ensemble de l'année, contre 7 milliards attendus précédemment. Cette hausse est liée notamment aux investissements dans sa campagne de numérisation, prévue dans le plan Bank 4.0.
Mais Martin Zileke, qui a pris ses fonctions en mai 2016, a prévenu que les initiatives de croissance « vont prendre du temps pour produire leur plein effet ». Cet ajustement n'a d'ailleurs pas convaincu les investisseurs à la suite de la publication des résultats, ce d'autant moins que Commerzbank dit également prévoir une légère baisse des revenus annuels de l'activité de financement des entreprises alors que la banque les avait initialement prévus en hausse.
À la Bourse de Francfort, le titre est délaissé et évoluait en baisse de 3,8% à 8,60 euros à l'ouverture, avant de perdre à nouveau 2% environ à 8,78 euros vers 15h.
D'autres raisons inquiètent les investisseurs . Au sein de son ancien pilier notamment, la banque des PME et grandes entreprises, les recettes ont stagné depuis un an. Quant au gain opérationnel, il a reculé de près de 10%, en raison d'une demande atone de crédit dans un contexte concurrentiel.
De son côté, l'établissement allemand reste convaincu qu'il pourra de nouveau distribuer un dividende aux actionnaires, dont le montant a été fixé à 20 centimes d'euro par action au titre de 2018. Pour rappel, depuis la crise financière de 2008, Commerzbank n'a versé qu'une seule fois un dividende aux actionnaires, pour l'exercice 2015. La banque se veut désormais optimiste, car elle a notamment pu voir sa performance tirée par la branche de banque des particuliers et des petites entreprises, qui a ramené 80.000 clients nouveaux en net lors du trimestre écoulé. De ce fait, les recettes ont augmenté grâce à une distribution de crédits accrue.
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De plus, Commerzbank prévoit de réduire ses coûts d'au moins 200 millions d'euros d'ici à 2020, après avoir cédé son pôle Dérivés et gestion d'actifs à la Société Générale, en juillet dernier. Cette opération représenterait un véritable coup de pouce pour le groupe qui poursuit un objectif de réduction des coûts de 6,5 milliards d'euros d'ici deux ans.
Mal en point depuis le début de l'année, l'action Commerzbank est en recul de près de 30% et figure parmi les premiers perdants à la Bourse de Francfort. Avec une capitalisation boursière d'environ 11,2 milliards d'euros, Commerzbank, en tant que banque universelle, vaut moins que d'autres valeurs moyennes de la cote regroupées à l'indice Dax. La banque allemande pourrait alors être exclue par l'opérateur de la Bourse de Francfort, Deutsche Börse, qui révisera le 5 septembre prochain la composition du Dax auquel elle appartient depuis ses débuts, il y a 30 ans.
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Selon Philipp Hässler, analyste chez Equinet Bank, contacté par l'AFP, un retrait du Dax serait « un nouveau revers » pour Commerzbank, qui perd déjà depuis plusieurs années de son influence sur le marché des capitaux. En sortant de la Bourse de Francfort, le titre Commerzbank disparaîtrait de nombreux fonds basés sur cet indice. Certains investisseurs pourraient alors se délester du titre en appliquant des règles strictes de gestion.
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