Crédit conso : quand l'IA aide à dire oui ou non à un emprunteur

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Pour renforcer ses outils de prise de décisions pour les demandes de crédits, BNP Paribas Personal Finance a choisi MondoBrain, logiciel combinant intelligences artificielle, humaine et collective.
Pour renforcer ses outils de prise de décisions pour les demandes de crédits, BNP Paribas Personal Finance a choisi MondoBrain, logiciel combinant intelligences artificielle, humaine et collective. (Crédits : MondoBrain)
BNP Paribas Personal Finance, la branche de crédit à la consommation du groupe (marque Cetelem), a décidé de renforcer ses outils de scoring dans l’octroi de ses prêts. La banque a recours à la technologie de la startup MondoBrain et aurait déjà constaté en Italie, une seule fois, une amélioration du recouvrement de près de 25%.

L'IA est-elle l'arme fatale contre les impayés ? BNP Paribas Personal Finance (Cetelem, Cofinoga, AlphaCredit, etc) qui se revendique « leader européen du crédit à la consommation », a choisi la startup MondoBrain pour pouvoir s'en prémunir. Appliqué à la banque, ce logiciel "d'intelligence augmentée" (combinant intelligences artificielle, humaine et collective) permettrait à l'établissement de prêts personnels de prendre « la meilleure décision possible » lors d'un octroi de crédit en fonction des données disponibles, a expliqué Bruno Saint-Cast, directeur marketing de MondoBrain, lors d'une conférence à Paris mercredi 3 octobre.

 « Il nous aide à accélérer l'optimisation de nos processus et à sécuriser nos prises de décision », a précisé Khalid Saad-Zaghloul, responsable des risques digitaux et des Fintech au sein de BNP Paribas Personal Finance.

Sur le même principe que le "scoring" de crédit, ce logiciel déployé en avril 2017 chez la filiale de BNP Paribas, fait appel à des compilations de données pour générer des indicateurs plus fiables que les outils traditionnels. Il analyse et croise une série de critères (les dépenses par carte, la situation professionnelle de l'emprunteur, l'âge, les revenus...) afin d'évaluer un niveau de risque, mais avec « une puissance de calcul démultipliée par des algorithmes exclusifs », selon la présentation de MondoBrain.

Lors d'un séminaire en ligne MondoBrain en juillet dernier, Bruno Saint-Cast avait estimé que son logiciel avait permis, une seule fois, une amélioration de 25% du recouvrement en Italie et une augmentation de 13 points de la part de décisions assistées chez BNP Paribas Personal Finance. Lors de la conférence, il n'a pas souhaité communiquer de chiffre.

Du prédictif au prescriptif

Avant l'intelligence artificielle, le groupe de crédit à la consommation a eu recours, dès les années 1970, au scoring (analyse standard) qui permet d'identifier les clients susceptibles de rembourser leurs prêts. Mais avec 27 millions de clients à gérer, la vérification des profils des emprunteurs doit être encore plus pointue et performante. La branche de BNP Paribas pense ainsi que MondoBrain lui permet de passer la vitesse supérieure.

Lors de la conférence, Augustin Huret, le fondateur de MondoBrain, a affirmé que l'intelligence augmentée permettait de « passer du prédictif au prescriptif ». L'analyse prédictive permet de prédire la solvabilité d'un client, alors que l'analyse prescriptive va au-delà, en évaluant quels sont les risques et comment ils se matérialisent en fonction de critères décidés par la personne chargée de l'opération, tout en restituant en langage naturel les raisons de la prise de décision. En d'autres termes, il permet d'optimiser le choix de l'acceptation ou non d'un client qui souhaite emprunter, en ayant une vue d'ensemble et en évitant l'effet « boîte noire » (lorsque personne n'est en mesure d'analyser par quel raisonnement on arrive à tel ou tel résultat).

« L'utilisation de MondoBrain est aussi simple qu'un jeu vidéo. Nous avons tout simplement traduit la somme de dizaines et de dizaines de statistiques en un code couleur », a expliqué Augustin Huret.

Le « vert » représente un risque faible, le « jaune » un risque limité et le « rouge » un risque important de défaillance. Mais Khalid Saad-Zaghloul a tenu à souligner que c'est bien « l'intelligence humaine » qui prend la décision finale et qu'il n'y aura jamais de « réponse automatique », précisant que ce procédé est de toute manière obligatoire en Europe contrairement aux États-Unis.

Réduction du temps de réponse

MondoBrain assure également que sa technologie permet à BNP Paribas Personal Finance « d'améliorer la compétitivité et la rentabilité, de réduire les coûts et de fidéliser les clients », selon Bruno Saint-Cast. En analysant des milliards de combinaisons « en quelques secondes », MondoBrain permettrait de réduire considérablement les temps de réponse aux demandes de crédit.

« L'intelligence augmentée permet d'obtenir une décision plus optimale, mieux partagée et plus rapidement mise en œuvre. La prise de décision se fait entre 5 à 20 fois plus vite par rapport à un processus classique. On passe de quelques heures sur un dossier à quelques minutes », assure Khalid Saad-Zaghloul.

Pour l'heure, le nombre d'utilisateurs de MondoBrain chez BNP Personal Finance se limite à une trentaine de personnes, « réellement capables de définir des problématiques, pour ensuite trouver le type de données qu'il faut utiliser et trouver une solution. [Elles] sont dotées d'une certification », selon Khalid Saad-Zaghloul, ajoutant toutefois que ce logiciel pourrait être étendu à une centaine de personnes au sein de la filiale crédit du groupe, du fait de sa simplicité d'utilisation.

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Commentaires
a écrit le 08/10/2018 à 9:53 :
Mondobrain de l'IA?
Serait peut etre temps de se renseigner sur le sujet des articles avant d'écrire..

C'est un sujet à la mode, mais c'est pas une justification pour désinformer pour autant.

Le projet dont vous parlez est simplement basé sur de l'analyse descriptive (et il n'y a rien de novateur là dedans), l'IA ne permet pas encore de prendre de décision au sein d'un processus d'octroi.

De sucroit, il est invraisemblable de parler de gain de temps inhérent à Mondorain (car pas de déploiement d'API lié à l'outil, donc pas de prise de décision)

A la limite, ce sont les conclusions de l'étude (pour laquelle mondobrain a peut etre servi) qui ont permis d'améliorer le process de décision. Mais attention aux gros raccourcis et l'éthique journalistique :)
Réponse de le 08/10/2018 à 14:49 :
Bonjour Habon,
Vous avez raison sur un point : l'AI ne prend pas de décision d'octroi de crédit. Ce sont des analystes qui le font. En France, la prise de décision automatique d'octroi de crédit est interdite par la loi, et BNP Paribas s'y conforme, bien entendu.
Pour le reste, l'article est assez bien documenté et son titre plante bien le décors : "... l' IA aide à dire oui ou ou non ...". C'est exactement ce que nous faisons : de la prescription.
Réponse de le 09/10/2018 à 9:33 :
"l' IA aide à dire oui ou ou non ...". C'est exactement ce que nous faisons : de la prescription. "

Ce que l'on vous reproche c'est d'utiliser le terme "intelligence artificielle alors que cela n'est pas de l'intelligence artificielle.

Comme d'habitude le secteur marchand anticipe le secteur scientifique tout cela pour vendre plus.

Cela ne va pas, vous ne faites qu'induire les gens en erreur du coup, c'est moche, remettez vous en question svp au lieu de sans arrêt remettre les autres en question dès que l'on vous critique.

Merci.
Réponse de le 12/10/2018 à 8:55 :
L'outil n'a strictement rien de novateur si ce n'est monetiser ce que savent faire de simples macros VBA depuis une trentaine d'années;

A partir de ce postulat, l'article devient vide de sens(publicité mis à part) et même désinformateur...
a écrit le 08/10/2018 à 9:26 :
L'IA n'existe pas et n'est pas prévue pour demain non plus.

Merci.

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