Crédit Mutuel Arkéa : l'écosystème de la tech apporte son soutien

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Quelques unes des personnalités signataires de la pétition de soutien en faveur  d'Arkéa, qui est prêt à prendre son indépendance et à renoncer à la marque Crédit Mutuel.
Quelques unes des personnalités signataires de la pétition de soutien en faveur d'Arkéa, qui est prêt à prendre son indépendance et à renoncer à la marque Crédit Mutuel. (Crédits : DR)
Olivier Mathiot, Frédéric Mazzella, Pierre Kosciusko-Morizet, Fleur Pellerin : entrepreneurs et personnalités, pas tous bretons, sont montés au créneau en faveur des fédérations de l'ouest en conflit avec l'organe central du groupe bancaire mutualiste.

Crédit Mutuel Arkéa est loin de s'avouer vaincu dans le bras de fer qui l'oppose à l'organe central du groupe bancaire mutualiste, même si son projet de séparation en vue de créer une banque distincte est plutôt mal vu des pouvoirs publics. L'ensemble regroupant les fédérations de Bretagne et du Sud-Ouest (le Massif central étant lui-même en sécession d'Arkéa) vient de recevoir l'appui de plus d'une centaine d'entrepreneurs, pas seulement issus de la région bretonne mais pour beaucoup de l'écosystème des startups, dans une pétition baptisée "Avis de tempête".

« Je suis choqué par le Crédit Mutuel qui lance un processus de sanction contre les dirigeants d'Arkéa : Arkéa et Ronan Le Moal [le directeur général, Ndlr] sont des piliers de l'innovation numérique, investissant dans le futur et ouvrant des voies » a réagi mercredi Olivier Mathiot, le Pdg de PriceMinister, sur son compte Twitter.

Plusieurs noms bien connus du milieu de la French Tech font partie, comme lui, des signataires : Pierre Kosciusko-Morizet, le cofondateur de PriceMinister devenu business angel ; Frédéric Mazzella, le cofondateur de BlaBlaCar ; Fleur Pellerin, l'ex-ministre reconvertie dans le capital-risque ; Marie Ekeland, cofondatrice du fonds Daphni et ex-éphémère présidente du Conseil national du numérique ; Jean-David Chamboredon, président du fonds ISAI, etc.

« Arkéa est un acteur agile, moderne et innovant très utile à l'écosystème 'digital' français - sa taille moyenne et son indépendance sont certainement à la base de ce positionnement et de cette efficacité », déclare ce dernier, qui fut l'initiateur du mouvement des Pigeons.

« OPA hostile »

De nombreux entrepreneurs et personnalités de la région, tels que Christian Guillemot, le cofondateur d'Ubisoft, Jean-Guy Le Floch, le président d'Armor Lux, ou Patrick Le Lay, ex-patron de TF1, soutiennent aussi les dirigeants d'Arkéa.

« Le maintien de l'indépendance d'Arkéa est vital pour la Bretagne et pour l'économie numérique française ! », martèle la pétition, qui affirme : « Le CM11-CIC [l'ensemble de 11 fédérations du Crédit Mutuel, présidé par Nicolas Théry, également à la tête de l'organe central du groupe mutualiste, Ndlr] tente une véritable "OPA hostile" sur les actifs de cette banque prospère et innovante. »

Le texte détaille l'action du groupe brestois, qui a la cote chez les startups.

« Grâce à la dynamique engagée par Ronan Le Moal, son directeur général, le groupe est devenu un grand champion européen du digital. Il est le premier investisseur français du monde des Fintech (Fortuneo, Leetchi, Younited Credit, Pumpkin...) avec plus de 100 millions d'euros investis en direct ces dernières années. Dans le paiement, Arkéa est même un leader européen respecté : tous les paiements d'Amazon arrivent à Brest ! »

La pétition évoque aussi la menace pour l'emploi (9.000 à Arkéa dont 1.800 au siège près de Brest) que représenterait le projet « centralisateur » de la Confédération nationale du Crédit Mutuel, et demande à l'Etat français d'appuyer la démarche d'Arkéa dans son projet d'indépendance. Or, le gouvernement a clairement fait savoir qu'il ne voulait pas modifier la loi afin de permettre la création d'une nouvelle banque mutualiste.

Suspension de la procédure de sanction

Crédit Mutuel Arkéa a reçu un autre soutien : à sa demande, le Conseil d'Etat a décidé mercredi de suspendre en référé la procédure de sanction engagée en janvier par la Confédération nationale du Crédit Mutuel, à l'encontre du Pdg d'Arkéa, Jean-Pierre Denis, de Ronan Le Moal, le directeur général, et d'Anne Le Goff, la directrice générale déléguée, sanction pouvant aller jusqu'à une révocation.

Le Conseil d'Etat indique dans sa décision que l'article invoqué par la Confédération pour mettre en oeuvre la procédure « méconnaît le principe de l'impartialité ». La procédure est suspendue jusqu'au jugement sur le fond des demandes d'Arkéa sur la légalité même de certains articles des statuts de la Confédération.

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Commentaires
a écrit le 16/02/2018 à 20:24 :
Comment quelqu'un de la qualité de M. Guillemot, qui sait mieux quiconque ce que "OPA hostile" signifie et comment y faire face avec succès, peut énoncer une telle ânerie ?
Le Code Monétaire et Financier pose le cadre de fonctionnement des 4 groupes mutualistes ; pour le Crédit Mutuel, les articles L 512 - 55 et 56 décrivent une organisation pyramidale : caisses locales autonomes / fédérations / confédération nationale, précisant que chaque caisse de crédit mutuel doit adhérer à une fédération régionale et chaque fédération régionale doit adhérer à la confédération nationale dont il fixe les attributions. Il laisse aux fédérations le loisir de se regrouper pour former des groupes comme Arkéa ou CM-11.
Rien dans ce Code ne permet à M.Théry d'envisager, et encore moins d'imposer aux fédérations d'Arkea, une alliance dont elles ne voudraient pas .
Ces histoires d'OPA et de centralisme, cet hymne foireux à la liberté, cette excitation malsaine des passions liées au sentiment breton, tout cela sonne faux et nous éloigne de l’excellence intellectuelle que devrait stimuler la fréquentation assidue des messieurs-dames des start-up.
Ce petit monde d'Arkéa est à l’étroit dans l'habit juridique du "mutualisme", un habit que les pouvoirs publics n'osent pas retoucher de peur qu'il craque de toute part : puisse ce petit monde avoir la décence et la franchise d'endosser un habit non mutualiste, ça lui irait si bien !
Nous, ringards mutualistes, avons désormais l'assurance que des caisses de Crédit Mutuel "authentique" seront maintenues ou recréées en Bretagne.
a écrit le 11/02/2018 à 9:38 :
Le paradoxe : Les dirigeants du groupe Arkéa dénoncent une politique centralisatrice de la part de la caisse nationale du crédit mutuel alors qu'ils la mettent en œuvre au sein de leur propre groupe.
En effet une partie des richesses acquises par les fédérations du crédit mutuel du Sud-Ouest et du crédit mutuel du massif central est transférée en Bretagne.
Je comprends mieux pourquoi nos politiques bretons et uniquement breton défendent l'autonomie d'Arkéa et son dynamisme régional
- transfert des services supports en Bretagne qui étaient auparavant présents sur les deux autres fédérations
-construction de sièges sociaux à l'image de fortuneo et bientôt d'ABEI

Le malheur des uns fait le bonheur des autres!!!!!
a écrit le 11/02/2018 à 9:38 :
Le paradoxe : Les dirigeants du groupe Arkéa dénoncent une politique centralisatrice de la part de la caisse nationale du crédit mutuel alors qu'ils la mettent en œuvre au sein de leur propre groupe.
En effet une partie des richesses acquises par les fédérations du crédit mutuel du Sud-Ouest et du crédit mutuel du massif central est transférée en Bretagne.
Je comprends mieux pourquoi nos politiques bretons et uniquement breton défendent l'autonomie d'Arkéa et son dynamisme régional
- transfert des services supports en Bretagne qui étaient auparavant présents sur les deux autres fédérations
-construction de sièges sociaux à l'image de fortuneo et bientôt d'ABEI

Le malheur des uns fait le bonheur des autres!!!!!
a écrit le 10/02/2018 à 10:28 :
ARKEA est effectivement un Groupe innovant et dynamique, opposé au conservatisme du Crédit Mutuel canal historique. Le Gouvernement serait bien inspiré de le soutenir au lieu de freiner son expansion.
Réponse de le 10/02/2018 à 22:16 :
Et pourtant, ce n'est pas la banque la plus innovante...elle utilise cela pour défendre la rémunération des cadres dirigeants logés au sein de la fameuse Arkea SCD... et oui, pour une banque mutualiste, cela fait tâche ... mais bon, il faut bien se gaver à 900 k€ pour moi et 1,6 M d'€ pour Jp, on se gave...
On peut dire ce que l'on veut mais c'est ça la réalité...
Les salariés triment et les SCD se gavent... la centralisation, c'est déjà la cas...tout est dans le finistère...
a écrit le 09/02/2018 à 8:11 :
Tout a dégénéré le jour où le CIC (banque privée) à mis la mai sur une partie du Crédit Mutuel, on connait la suite... La filiale suisse Pasche, l'arrivée de Thery, ex ponte de la CFDT, les menaces, puis la tentative de déstabilisation des fédé indépendantes... Le groupe CM Arkea a raison de défendre son autonomie et son modèle, les chiffres sont au plus haut, l'innovation quotidienne, la défense de l'emploi une priorité...
Réponse de le 10/02/2018 à 23:43 :
Loïc,
Je tiens à te remercier personnellement, tu es un salarié modèle.
Oui, je le pense grâce à toi et les autres gueux. Jp, Moi et les autres de la SCD, on peut se gaver et faire ce que l'on veut... JP, il m'a dit fait toi plaisir...et bien, moi, j'aime le vélo et bien maintenant grâce à toi, j'aime mon équipe de vélo.
Alors Loïc, je te remercie et désolé pour la mutuelle, il fallait que l'on réduise les coûts pour assurer nos salaires.
Loïc, tu es un brave gars.
Ronan, le DG et rouleur
Réponse de le 12/02/2018 à 23:53 :
Prudence cher Monsieur Loïc ; ignorez-vous que cette noble institution qu'est le CIC était présidée, de 1987 à 1989, par le brillant Jean-René BERNARD, beau-père d'un certain Jean-Pierre DENIS ?
Cela peut expliquer quelques petites choses.
a écrit le 09/02/2018 à 7:39 :
L'exemple d'une banque dite "mutualiste" qui fabrique ses propres filiales qui ont ensuite des velléités d'indépendance. Autant dire que le particulier se fait "pigeonner" et que le directoire de la banque mène en fait la vie qu'il souhaite, alors les batailles Arkea/CM, ce n'est pas normal du tout et les autorités de régulation devraient mettre leur nez dans le "système" CM qui n'a rien de mutualiste...
a écrit le 08/02/2018 à 23:54 :
L’heure est plus que jamais au rassemblement qu’à la division des actifs. Les Mutualistes n’y échappent et leurs élus et cadres dirigeants doivent aussi le comprendre : l’union a toujours fait la force.

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