Crises bancaires : la Suisse doit renforcer son arsenal
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PIERRE ALBOUY
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Un rapport d'experts indépendants met en garde contre l'incapacité future de la Suisse à organiser un sauvetage d'urgence similaire à celui réalisé par UBS en mars 2023, lorsque Credit Suisse était confrontée à une situation critique. Le rapport souligne la nécessité pour la Suisse de renforcer ses outils de gestion des crises.
Ces experts, missionnés par le ministère suisse des finances, estiment que la fusion des deux principales banques du pays a permis de stabiliser rapidement une situation dangereuse, évitant ainsi des perturbations majeures dans le système financier. Cependant, le rapport met en lumière des lacunes dans le cadre réglementaire, notamment pour les institutions considérées comme "trop grandes pour faire faillite".
Il souligne également qu'avec la fusion de Credit Suisse par UBS, une acquisition par une autre entreprise suisse ne serait plus envisageable en cas de crise d'UBS, ce qui rend impérative l'amélioration de la gestion de crise et la garantie de l'efficacité des instruments de liquidation.
Le rapport émet plusieurs recommandations, dont celle d'examiner régulièrement la faisabilité d'une procédure d'assainissement pour les banques d'importance systémique par la Finma (l'autorité de surveillance des marchés financiers en Suisse), la banque centrale et le ministère des Finances.
Rédigé par un ancien président du Conseil de la banque centrale suisse et des universitaires, ce rapport met l'accent sur quatre axes de recommandations, notamment le renforcement des exigences en matière de fonds propres et de liquidités.
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Le rapport souligne également l'importance pour la Suisse de maintenir une place financière solide afin de soutenir les entreprises suisses dans leur expansion à l'étranger grâce à des services financiers robustes. Cependant, il note que la décision de vendre Credit Suisse à UBS n'a pas été toujours bien comprise, alors que d'autres options étaient envisageables, comme l'assainissement, la liquidation ordonnée ou la nationalisation, conformément aux réformes bancaires mises en place après la crise financière de 2008.
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