En croissance malgré les taux, Crédit Agricole se pose en champion de la solidité financière

Photo d'illustration
Xavier Isaac

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Xavier Isaac
[Article mis à jour à 17h50]
Après avoir publié le résultat net le plus élevé de son histoire au deuxième trimestre de 2018, la base de comparaison était d'emblée difficile à battre pour le Crédit Agricole cette année. Le bénéfice net part du groupe de l'entité cotée en Bourse, Crédit Agricole S.A., s'affiche en baisse de 14,9% à 1,22 milliard d'euros, essentiellement sous l'effet d'une remontée du coût du risque, très bas un an plus tôt du fait de reprises de provisions, et d'un effet technique sur le taux d'impôt. Cette baisse du résultat était attendue et les chiffres publiés ce vendredi 2 août sont dans l'ensemble supérieurs au consensus des analystes.
Une provision a été passée sur un important « dossier de place » a reconnu la banque, s'abritant derrière le secret bancaire : presque toutes les grandes banques de la place ont vu leur coût du risque augmenter ponctuellement ce trimestre du fait de leur exposition au dossier Rallye-Casino.
Dans un marché déprimé après les annonces de Donald Trump de droits de douane supplémentaires sur les produits chinois, l'action Crédit Agricole S.A. a ouvert en baisse de 4,5% ce vendredi matin, tandis que le CAC 40 reculait de 2,5%. Elle a clôturé en retrait de 4,8%, le CAC 40 a perdu 3,57%, une seule valeur de l'indice étant restée dans le vert (Unibail). C'est la plus forte baisse du CAC en une séance depuis le 24 juin 2016.
Le produit net bancaire est en léger retrait de 0,4% à 5,1 milliards d'euros, reflétant notamment la baisse en banque de financement et d'investissement (CACIB), à un point haut l'an passé. La bonne surprise est venue des métiers, qui enregistrent presque tous une croissance de leurs revenus au deuxième trimestre, y compris LCL, souvent attendu au tournant par les analystes.
La banque de détail au réseau très urbain a conquis 28.000 clients particuliers et professionnels de plus ce trimestre (en net), dont 8.000 à sa nouvelle offre d'entrée de gamme à 2 euros par mois LCL Essentiel. En Italie aussi, Crédit Agricole a séduit de nouveaux clients (+12.000 en net), tout comme les caisses régionales en France. En tout, le groupe indique avoir conquis plus de 140.000 nouveaux clients.
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A défaut de battre de nouveaux records ce trimestre, la Banque verte se targue d'être devenue « le premier assureur vie en France », devant CNP Assurances, selon le classement de "L'Argus de l'assurance" en termes de cotisations en affaires directes (en encours, CNP reste leader). Elle met aussi en avant sa rentabilité et sa grande solidité en termes de fonds propres.
Du coté de la solvabilité, le Crédit Agricole a aussi joué la comparaison : « nous avons un ratio de fonds propres durs CET1 de 15,4% (contre 9,5% requis au minimum réglementairement), quand les autres groupes sont plutôt à 12%. La partie CASA peut se permettre d'être à 11,6% (contre 8,5% requis), soit 60 points de base au-dessus de la cible du plan moyen terme 2022 » a souligné Philippe Brassac.
Le groupe annonce donc ce vendredi qu'il compte déboucler plus tôt que prévu le mécanisme de garanties existant entre les caisses régionales et l'entité cotée. Appelé « switch », ce dispositif avait été mis en place en décembre 2011, après les déboires rencontrés en Grèce avec la banque Emporiki, vendue depuis : les caisses s'engagent à supporter, pour le compte de Crédit Agricole S.A., les exigences prudentielles liées à la mise en équivalence de certaines participations détenues par celle-ci, contre rémunération. Ainsi, le ratio de solvabilité de 11,6% de CASA comprend 1,2% apporté par les caisses : il lui en coûte 300 millions d'euros par an.
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Une hausse du résultat qui permettra aussi d'augmenter le dividende. Une bonne nouvelle que devraient apprécier les investisseurs, qui ont déjà bénéficié d'un net rebond de l'action après une mauvaise année 2018 (-34%). Depuis janvier, l'action CASA a progressé de 14,3% quand l'indice Stoxx Banks a cédé 1,7% : Crédit Agricole se targue ainsi d'avoir signé « la meilleure performance parmi les 18 valeurs bancaires européennes ».