Crédit Agricole privilégie la consolidation des métiers aux grandes fusions

Philippe Brassac Crédit Agricole
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[Article mis à jour à 18h50]
« Tout est au vert ! Désolé de ce mauvais jeu de mots » s'est exclamé Philippe Brassac, le directeur général de Crédit Agricole S.A., l'entité cotée en Bourse de la Banque verte, en présentant les résultats du premier trimestre, publiés ce mercredi 15 mai. « Tous les métiers ont performé, y compris les marchés, et je tiens à souligner la très belle performance du LCL » a-t-il ajouté. Pourtant, le produit net bancaire (les revenus) de Crédit Agricole S.A. (CASA) a légèrement reculé de 1,1% à 4,85 milliards d'euros (+0,1% en comparable) et le résultat d'exploitation a baissé de 5,9% du fait du « poids extrêmement lourd du FRU », le Fonds de résolution unique européen, dont la contribution a augmenté de 13,9% à 332 millions d'euros.
Le résultat net part du groupe accuse un repli de 10,9% à 763 millions d'euros (+1% en sous-jacent). « Cette baisse est entièrement imputable à des éléments spécifiques » a expliqué le groupe mutualiste : il avait notamment bénéficié l'an dernier à la même période d'un profit lié à l'acquisition de trois banques italiennes à un prix inférieur à leur niveau de fonds propres (badwill).
La réaction du marché a été plutôt fraîche : l'action CASA a terminé en baisse de 2,60%, signant le plus fort recul du CAC 40. Elle a gagné 17% depuis janvier.
Du côté de la performance opérationnelle, le Crédit Agricole s'est notamment félicité du « fort dynamisme commercial » de son activité de banque de proximité, en Italie mais surtout chez l'ex-Crédit Lyonnais, avec « des taux élevés de croissance des crédits » (+9,1%), aux entreprises et à l'habitat, et « la conquête clients nette [qui] se révèle toujours dynamique chez LCL (+18.900 nouveaux clients particuliers et professionnels au premier trimestre 2019). » Sa contribution au résultat net part du groupe a augmenté de 12,2% à 119 millions d'euros pour des revenus en légère hausse à 861 millions d'euros.
Dans le reste du groupe, les caisses régionales ont aussi enregistré de bons résultats avec une conquête nette de 35.500 clients particuliers sur le trimestre - quand d'autres banques ont un solde négatif - et un produit net bancaire en hausse de 3,9%. L'offre bancaire d'entrée de gamme Eko a séduit 15.000 clients de plus, soit 93.000 en tout depuis le lancement en novembre 2017.
Il a insisté sur l'absence d'effet de cannibalisation, les cartes haut de gamme ayant augmenté de 10,8%. Il a indiqué que le groupe allait revoir toutes ses offres d'entrée de gamme pour les rendre plus inclusives.
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Dans les autres métiers, la Banque verte a profité au premier trimestre, comme BNP Paribas, d'un « environnement plus favorable, marqué par une reprise d'activité sur les marchés, notamment en émission de dettes » : sa filiale CACIB s'est classée au deuxième rang mondial sur les émissions obligataires en euros et a augmenté de 5,2% ses résultats à 194 millions d'euros. De plus petits métiers comme les services aux investisseurs (Caceis) et la gestion de fortune (Indosuez) ont connu un trimestre plus difficile, lié à un décalage de revenus pour l'un et à des charges d'intégration (Leonardo, etc) pour l'autre.
Le groupe Crédit Agricole présentera son nouveau plan à moyen terme (2022) le 6 juin prochain.
A l'heure où ressurgissent des rumeurs d'offre de rachat la première banque italienne, UniCredit sur l'allemande Commerzbank, la Banque verte se montre dubitative.
Il a cité les obstacles à la circulation des liquidités entre les pays européens, empêchant de consolider LCL et Crédit Agricole Italie en une entité "Banque de détail Europe" par exemple.
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Il a estimé que les grandes opérations de rapprochement « interpellent certains grands établissements qui ont besoin de réponse aux exigences en capital de Bâle IV dans les trois à cinq prochaines années. »