Epargne et décarbonation : quelles solutions derrière les ambitions de Bercy ?
Ingrid Labuzan
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ESG EPARGNE
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Qu'est-ce qui aujourd'hui limite le financement de la décarbonation de l'économie ? A en croire Bercy, peut-être le manque de supports d'épargne qui permettraient de diriger les flux financiers de Français épargnants dans l'âme vers les projets adéquats, même si des efforts en ce sens ont déjà été faits avec la loi Pacte. Le gouvernement planche donc sur la création de solutions de placement grand public, de type livret vert, auquel s'adjoindrait une solution d'épargne bloquée jusqu'à la majorité pour les jeunes. « Pour l'instant, le problème est surtout que les produits financiers existants ne sont pas adaptés aux projets qui contribuent à la décarbonation de l'économie, qui sont des projets innovants, de long terme, aux modèles d'affaires que les acteurs bancaires n'ont pas l'habitude de regarder. Il y a donc un vrai besoin pour de nouveaux produits d'épargne, qui soient tracés en direction de financements spécifiques, comme le nucléaire ou la décarbonation de l'industrie », éclaire Eva Sadoun, co-fondatrice et présidente de Lita.co.
Côté bancaire, la réaction est plus mesurée. Pour Etienne Barel, directeur général délégué de la Fédération bancaire française, il ne faudrait point trop attendre de ces nouveaux placements verts. « Je suis prudent face à la création de nouveaux livrets avec objectif à destination d'un public large. Il faut faire attention aux fausses promesses : un livret d'épargne à visée très large est plutôt un produit sécurisé et relativement liquide, contrairement à de l'épargne de plus long terme - nécessaire pour les projets de décarbonation - et peu liquide ». Créer une nouvelle solution d'épargne verte impliquera donc de se pencher sur le degré d'adéquation possible ou souhaitable entre le niveau de risque des projets financés celui offert par le produit bancaire.
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