Deux semaines se sont à peine écoulées depuis la bilatérale organisée fin juin à Antibes, sommet qui a permis à la présidente du conseil italien de retrouver le président de la République française, Giorgia Meloni et Emmanuel Macron renouvelant ainsi la coopération entre leurs deux pays. Une coopération riche si l’on s’en tient ne serait-ce qu’aux accords conclus à cette occasion. Parmi eux, le MoU signé entre la Fédération de la Haute Couture et de la Mode et la Camera nazionale della Moda Italiana, un memorandum qui trouve sa prolongation dans le déplacement ce 15 juillet de Sébastien Martin à Rome pour retrouver Adolfo Urso. Avec le ministre italien chargé des entreprises et du Made in Italy il a été question à nouveau d’industrie de la mode certes, mais surtout d’industrie tout court.
Car les deux ministres ont redit chacun avec leurs mots, l’absolue nécessité de jouer la carte européenne pour renforcer le secteur industriel et lui donner toutes les cartes nécessaires pour asseoir sa compétitivité.
Adolfo Urso l’a dit très clairement, ce qui est mis en place dans le secteur de la mode doit servir de modèle pour l’ensemble de l’industrie. « Aujourd'hui marque le début d'une voie commune pour créer un accord Italie-France sur la mode, qui pourrait également servir d'exemple et de modèle pour d'autres secteurs industriels où nous partageons la même base de production ». Sébastien Martin est allé un peu plus loin en citant les secteurs concernés, tels l’automobile, le spatial, la défense, le nucléaire, les semi-conducteurs, l’IA… « Partout où se joue l'avenir industriel de l'Europe, la France et l'Italie ont intérêt à avancer ensemble, pour faire bouger le continent européen sur tous les sujets qui nous concernent. Nous devons être capables de bâtir des vraies chaînes de valeurs communes, plus de partenariats industriels et plus de champions européens ».
D’en appeler aussi à une cohérence et une équité en termes de réglementation « nous disons au continent européen que nous ne pouvons pas demander toujours plus d'efforts à nos industriels tout en laissant entrer sur notre marché des produits qui ne respectent ni nos règles, ni nos standards, ni nos exigences », insiste Sébastien Martin. Référence étant faite aux petits colis et à l’initiative franco-italienne de demander des exigences en termes de durabilité et de recyclabilité des productions textiles venues de pays tiers.