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Le casse-tête de l'assurance de la Coupe du monde de rugby

Laura Fort

Publié le 09 septembre 2011 à 14:27 - Mis à jour le 09 septembre 2011 à 15:02

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Risque d'annulation totale de l'événement, tremblement de terre, mouvements de foule, fraude à la billetterie, protection des sportifs... De nombreux paramètres doivent être pris en compte par les organisateurs d'un tel événement dans leur programme d'assurance.

Février 2011 : une séisme de magnitude 6,3 touche Christchurch, deuxième plus grande ville de la Nouvelle Zélande. A six mois du début de la Coupe du monde de rugby, cette catastrophe naturelle, qui a fait 180 morts et occasionné entre 6 et 8 milliards d?euros de dégâts, a modifié le programme d?assurance de la compétition. Les sept matches prévus dans la capitale ont été déprogrammés et auront lieu dans d?autres villes. "Forcément, de l?argent a été dépensé, car des recettes avaient déjà été prévendues. Par exemple, des réservations de chambre d?hôtel ou de faisceaux satellitaires", affirme Cédric Thévenot, directeur du pôle sports et événements chez Gras Savoye, courtier qui a participé au programme d?assurance de la Coupe du monde de rugby 2007. Et les primes d?assurance de l?organisateur de la compétition ont dû être revues à la hausse, d?autant plus que d?autres tremblements de terre se sont produits depuis. "L?aléa étant amoindri, le coût de l?assurance a augmenté. Certains assureurs ont pu essayer de sortir du programme, considérant qu?il y a eu une aggravation du risque", précise Cédric Thévenot.

Annulation d?événement

Trois ou quatre ans avant l?événement, les assureurs proposent aux organisateurs une cartographie des risques, avec leur probabilité de survenance et leurs conséquences financières. Par exemple, un stade qui s?effondre est peu probable, mais aura des répercussions financières importantes. A contrario, les vols ou les agressions sont plus courants mais n?ont pas les mêmes conséquences sur la tenue de l?événement.

Dans un premier temps, l?International Rugby Board (IRB), fédération internationale, doit se couvrir contre l?annulation totale de l?événement. "C?est le seul contrat dont ils ont besoin, mais il coûte cher. Car il doit couvrir la perte de recettes de tous les droits qu?ils pensaient pouvoir toucher. L?assiette de primes peut donc aller jusqu?à plusieurs milliards d?euros", explique Cédric Thévenot. Cela comprend notamment les pertes de recettes des droits télévisés, des produits dérivés, des recettes de sponsoring et de billetterie? Un programme lourd, qui est pris en charge par plusieurs assureurs et réassureurs à l?échelle mondiale. Le comité national organisateur doit lui aussi s?assurer. Et de nombreux paramètres doivent être pris en compte : la responsabilité civile de l?organisateur, la protection des bénévoles, l?assurance des stades et de leurs équipements d?éclairage et de sonorisation, sans compter la protection des sportifs.

Le comité d?organisation peut proposer une couverture aux joueurs. Il est en effet responsable des sportifs pendant tous leurs transports et sur les lieux mis à leur disposition (hébergement, centres d?entraînement, salles de musculation?). Par contre, lorsque les joueurs disputent un matche, ils sont sous la responsabilité de leur club ou de leur fédération nationale.

"Le comité d?organisation néo-zélandais va dépenser environ 300 millions d?euros. Si l?événement lui coûte plus cher, il sera plus difficile de le rentabiliser. En effet, en fonction de la capacité des stades, on arrive à évaluer plus ou moins la valeur globale des billets", ajoute Cédric Thévenot.

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Fraude à la billetterie

Le comité organisateur peut également prendre une garantie appelée "protection image" permettant de couvrir la totalité des personnes détentrices d?un billet ou se trouvant à proximité de l?événement en cas d?accidents liés par exemple aux mouvements de foule ou à des effondrements de tribune.

Mais le comité organisateur fait face à une difficulté supplémentaire par rapport à l?IRB : trouver un assureur. "Pour le comité national, le problème réside dans le fait que les capacités disponibles sur le marché de l?assurance et de la réassurance ont déjà été absorbées par l?IRB. Et tout ce qui est rare est cher", constate Cédric Thévenot.

Sachant que pour l?organisateur, "le véritable risque d?un événement comme celui-ci est la mévente". C?est-à-dire que le comité organisateur ait dépensé 300 millions d?euros et qu?il n?ait pas réussi à vendre assez de billets pour couvrir ses investissements. Ce qui pourrait être le cas dans un pays d?accueil aussi éloigné. "Les Jeux du Pacifique, qui se déroulent en Nouvelle-Calédonie, et dont nous sommes les courtiers d?assurance, ont été nommés "grand événement", ce qui permet d?avoir une caution publique si jamais l?événement ne remporte pas le succès escompté", déclare Cédric Thévenot.

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L?autre risque de taille est celui de la fraude à la billetterie. "C?est un risque important à partir du moment où la vente des billets est informatisée et centralisée. Cela nécessite de disposer d?un serveur unique et de gros moyens de protection contre la fraude. Si la base de données des billets vendus disparaît par exemple?".

Laura Fort

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