JP Morgan, star d'un marché des fusions et acquisitions en berne

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JP Morgan, numéro un mondial des banques d'affaires. Copyright Reuters
JP Morgan, numéro un mondial des banques d'affaires. Copyright Reuters (Crédits : © 2010 Thomson Reuters)
Le marché mondial des fusions et acquisitions a chuté de 44%, au premier trimestre, selon Thomson Reuters. L'américaine JP Morgan ravit à sa compatriote Goldman Sachs le rang de première banque-conseil au monde.

Le marché mondial des fusions et acquisitions avait débuté l'année 2011 sur les chapeaux de roues, pour la finir sur un violent dérapage. L'inverse se produira-t-il en 2012 ? En tout état de cause, le premier trimestre s'est achevé sur une chute de 44% du marché mondial des fusions et acquisitions, sur un an glissant, selon les données publiées ce vendredi par Thomson Reuters, dans la lignée du second semestre 2011. A 416 milliards de dollars sur les trois premiers mois de 2012, le volume de fusions et acquisitions est au plus bas depuis...2004. « Le marché a continué à être très affecté par la crise de la dette dans la zone euro. En effet, le dynamisme des fusions et acquisitions repose sur la confiance des acteurs dans l'avenir », explique Lucille Quilter, analyste chez Thomson Reuters. Or, de retour de la confiance chez les dirigeants d'entreprise ou les fonds d'investissement - autres acquéreurs potentiels-, il n'y a pas eu, le suspense lié au sauvetage de la Grèce ayant duré jusqu'au bout.

JP Morgan numéro un devant Goldman Sachs

Dans cet environnement exécrable pour les banques d'investissement, qui conseillent cibles ou prédateurs, l'une d'elles a bien tiré son épingle du jeu. Il s'agit de l'américaine JP Morgan, passée en un an de la cinquième à la première place du classement des banques d'affaires mondiales élaboré par Thomson Reuters, avec 107 milliards de dollars d'opérations conseillées, au premier trimestre. Il faut dire que JP Morgan, qui a notamment travaillé sur le rachat du groupe minier suisse Xstrata par Glencore, une méga opération de 62 milliards de dollars, n'est autre que la plus grande banque américaine. Autrement dit, une valeur sûre pour les entreprises tentées par des acquisitions en période de crise. Conséquence, sa compatriote Goldman Sachs rétrograde d'un cran, au deuxième rang, avec 103 milliards de dollars de « M&A » conseillées. Et pourtant, Greg Smith, le cadre de Goldman qui, dans sa récente lettre de démission, a accusé sa banque de chercher son propre profit au détriment de celui de ses clients, n'avait pas encore fait des siennes...

Le trio de tête demeure américain

L'ascension de JP Morgan a également fait de l'ombre à Morgan Stanley, tombée de la deuxième à la cinquième place. Reste que le trio de tête des banques d'affaires mondial demeure américain, Citi arrivant en numéro trois, avec 101 milliards de dollars de « deals. » Les banques étrangères n'ont cependant pas démérité. Trois « petites » nouvelles s'invitent ce trimestre dans le « top ten » des plus grandes banques d'affaires du monde. L'allemande Deutsche Bank grimpe de la douzième à la quatrième place, la japonaise Nomura est désormais 8ème au lieu de 20ème, et la française Lazard s'envole du 16ème au 9ème rang.

JP Morgan a les faveurs des sociétés françaises

Mais, sur le marché des M&A impliquant au moins une société française (proie ou acquéreur), Lazard n'est « que » deuxième, derrière... JP Morgan. L'américain, qui pointait à la 17ème place seulement un an plus tôt et a, là encore détrôné Goldman Sachs, a travaillé sur trois des dix plus importantes transactions concernant au moins une société française, ce trimestre. D'abord en conseillant l'américain Simon Property dans le cadre du rachat de 28,7% de la foncière Klépierre à BNP Paribas, une opération de 2 milliards de dollars. JP Morgan a également aidé ADP (Aéroports de Paris) à mettre la main sur le groupe aéroportuaire turc TAV Havalimanlari, pour 874 millions de dollars.

Enfin, c'est aussi à la banque américaine que la holding Batipart a fait appel, lors de l'acquisition de 52,2% du capital de la foncière Eurosic auprès de BPCE, un « deal » à 671 millions de dollars. Les prochains mois pourraient toutefois laisser davantage d'opportunités aux concurrentes de JP Morgan : « Nous tablons sur une amélioration du marché des M&A, le problème de la restructuration de la dette grec étant en cours de résolution », prédit Lucille Quilter.
 

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Commentaires
a écrit le 23/03/2012 à 16:53 :
Avant qu'une entreprise soit "phagocytée" par une autre,rien ne devr
ait être fait si elle est viable,"rentable",et si son carnet de comm
andes est plein,lui garantissant des mois de prospérité sans vagues.
Outre cela,une "taxe" doit être instituée qui forme une épargne qui
agisse éventuellement en prestation de relance d'une entreprise dont
la viabilité est compromise.
a écrit le 23/03/2012 à 8:37 :
Bientôt la chute, patience

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