Comment les collectivités locales et les entreprises apprennent à se passer des banques

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Confrontées à une diminution du crédit bancaire, les entreprises et les collectivités locales se regroupent pour lancer des émissions d'obligations afin de se financer.

Face au resserrement du crédit, des entreprises et des collectivités locales se tournent vers le marché obligataire pour accéder à de nouvelles sources de financement, en procédant à des émissions groupées pour convaincre les investisseurs. Conséquence de l'entrée en vigueur des nouvelles normes réglementaires Bâle III à partir de 2013, les banques réduisent la voilure car elles seront contraintes de mettre en réserve des fonds propres représentant 7% du montant des prêts qu'elles accordent, compliquant l'accès au crédit, surtout pour les acteurs les plus petits.

Ce phénomène a poussé certains acteurs de taille intermédiaire à s'unir. "L'idée d'un regroupement est assez cohérente avec la recherche d'un effet taille important qui permet d'accéder à des investisseurs institutionnels majeurs", estime un spécilaiste en parlant des collectivités locales. C'est pourquoi plusieurs collectivités locales, affectées par le démantèlement de la banque franco-belge Dexia, acteur majeur sur ce marché, jouent désormais la carte collective. Soixante-dix d'entre elles sont sur le point de lancer une émission obligataire commune.

Une solution de dépannage

"C'est une solution de dépannage qui n'a pas forcément vocation à être reconduite chaque année", a cependant souligné Olivier Landel, délégué général de l'Association des communautés urbaines de France (ACUF). L'Acuf évalue cette année à quelque 17 milliards d'euros les besoins de financement des collectivités locales. Elle espère que cet emprunt lui permettra de lever 1,15 milliard. Trois banques ont été auditionnées cette semaine pour être chefs de file de l'émission obligataire et deux ont été retenues, a-t-on appris de source proche du dossier.

"Il y a un appétit des investisseurs pour prêter de l'argent aux collectivités locales sous cette forme-là. On a de bonnes informations sur le fait qu'il y aura des Européens, des Français et des Allemands essentiellement", a détaillé M. Landel. Selon Franck Claeys, chargé de mission finances et fiscalité au sein de l'Association des maires de grandes villes de France, l'objectif final reste la création d'une agence de financement des collectivités.

Un regroupement de 70 collectivités locales

"Comme on ne peut pas y aller avec une structure porteuse qui serait l'agence, on est obligé de présenter au marché une structure complexe avec 70 collectivités individuelles. C'est pourquoi seules des grosses collectivités, de plus de 100.000 habitants ont été sollicitées", a fait valoir Olivier Landel. Les collectivités ne sont pas seules à emprunter cette voie.

Les ETI aussi

Plusieurs entreprises de taille intermédiaire (ETI) se sont également lancées sur ce créneau afin de diversifier leurs sources de financement. Un fonds commun de placement (FCP) baptisé Micado France 2018 va ainsi être lancé prochainement et regroupera les émissions obligataires d'une quinzaine d'ETI.

"Le cadre général et la structure sont en place. L'opération devrait démarrer d'ici l'été", indique-t-on du côté de MiddleNext, association représentant des Midcaps (valeurs moyennes) cotées, à l'origine du projet. Les besoins de chaque entreprise seront de cinq à vingt millions, pour un objectif minimal global de 100 millions d'euros.

"Le marché obligataire constitue un complément très intéressant afin de diversifier les sources de financement mais il n'est évidemment pas question qu'il se substitue aux prêts des banques", a affirmé à l'AFP Raphaël Gorgé, PDG de Groupe Gorgé, qui fait partie des entreprises intéressées par l'opération. Il escompte notamment que le marché obligataire pèse entre 30% et 40% pour le financement de son groupe à terme.

 

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Commentaires
a écrit le 21/04/2012 à 14:26 :
l' emprunt obligataire a été monopolisé par les banquiers et le particulier ne peut souscrire que des produits frelatés émis par les banques . Il faut revenir à l' accès direct et ainsi au moins faire comme au Japon cantonné la dette le plus possible dans nos frontières . Les banquiers iront moins faire les charlots à l' international avec notre argent !
a écrit le 21/04/2012 à 13:49 :
Je pense qu'il n'aura pas échappé à tout le monde que c'est recouvrir de la dette par de la dette. Soit, le mécanisme du sur-endettement... Très bon mouvement pour obtenir des révolutions salvatrices.
Réponse de le 21/04/2012 à 14:59 :
oui oui c'est tout à fait ça. Au lieu d'arrèter d'investir dans des trucs parfois inutiles.

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