Le capital-risque européen à la recherche des futurs Facebook et Apple

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Du 9 au 11 mai, dans le cadre de la manifestation Tech Tour, les fonds de capital-risque européens tenteront de repérer les futurs Facebook. Copyright Reuters
Du 9 au 11 mai, dans le cadre de la manifestation Tech Tour, les fonds de capital-risque européens tenteront de repérer les futurs "Facebook." Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2011)
Du 9 au 11 mai, le European Tech Tour mettra en relation capital-risqueurs en quête de pépites et start-up à la recherche de financements. Viadeo et Spartoo, deux jolis succès de ces dernières années, ont déjà profité de ce casting.

Le capital-risque européen part à la chasse aux start-up. Après une première étape à Paris le 9 mai, l'association à but non lucratif European Tech Tour posera ses valises en Belgique puis aux Pays-Bas, les 10 et 11 mai. Ce tour d'Europe des Facebook et Apple de demain a été créé en 1998, en plein « boom » de l'Internet, par le Suisse Sven Lingjaerde, co-fondateur de la société de capital-investissement Endeavour Vision. Chaque année, dans une région d'Europe bien définie (France et Benelux, Royaume-Uni-Irlande, Scandinavie, etc.) et durant deux jours et demi, le Tech Tour joue le rôle de courroie de transmission entre une vingtaine de jeunes pousses en quête de financements et une soixantaine de sociétés de capital-risque comme Siparex, Sofinnova ou le fonds de « corporate venture » Intel Capital.

« Le secteur du capital-risque est très sélectif. Or il faut qu'au-delà des « success stories », d'autres belles start-up puissent trouver des financements. C'est dans cet esprit qu'a été créé le European Tech Tour », explique François Lainée, co-président du Tech Tour et directeur associé au sein de la société de capital-risque Auriga Ventures.

 Opérer sur un marché mondial et proposer une offre de rupture

 Exemple avec Viadeo, qui, sans être Facebook, n'en est pas moins un joli succès. Le réseau social professionnel français, qui avait pris part au Tech Tour 2009, compte aujourd'hui 45 millions de membres, moins de huit ans après sa création, et a levé ce mois-ci la coquette somme de 24 millions d'euros, auprès du Fonds stratégique d'investissement (FSI) et de fonds du Moyen-Orient. Une trajectoire qui fait se bousculer les start-up au portillon du Tech Tour. Une affluence d'autant plus importante que la participation à cet événement est gratuite. Sur les quelque 200 dossiers reçus, le comité de sélection, composé de VCs (capitaux-risqueurs) et de sociétés de hautes technologies, tous bénévoles (si si !), en a retenu 25.

Pour être sélectionnées, les start-up, au-delà de leur appartenance aux industries de la high-tech, des green-tech et des med-tech (matériel médical), « doivent opérer sur un marché important, européen voire mondial, et proposer une offre de rupture », indique François Lainée. Et elles doivent voir grand tout de suite. Comme Spartoo, qui avait participé au Tech Tour voici trois ans. Dès la création du site Internet de vente de chaussures, en 2006, son patron, Boris Saragaglia, avait pour ambition d'en faire un leader en Europe. Cinq ans plus tard, c'est le cas, Spartoo étant présent dans 12 pays européens et réalisant un chiffre d'affaires de l'ordre de 100 millions d'euros.

 Les 25 start-up recherchent 100 millions d'euros environ

 C'est dire si Spartoo et autre Viadeo pourraient être de bon conseil pour les start-up qui « pitcheront » les investisseurs durant une vingtaine de minutes chacune, du 9 au 11 mai, afin de tenter de lever des fonds. « Environ 20% des 25 start-up sélectionnées réalisent un chiffre d'affaires de 10 millions d'euros au moins, et sont donc en quête de financement pour leur développement. A l'autre extrémité, un tiers des sociétés sélectionnées recherchent du financement d'amorçage, soit deux millions d'euros en moyenne. Au total, les 25 start-up devraient rechercher de l'ordre de 100 millions d'euros, pour les 3 ans à venir », précise François Lainée.

Un speed investing » d'autant plus sélectif que les VCs ont de moins en moins d'argent. En 2011, les fonds de capital-risque européens ont levé trois milliards de dollars seulement, un montant en chute de près de 12% par rapport à 2010, selon le cabinet Ernst & Young. La conséquence des nouvelles réglementations en matière de capitaux propres qui pèsent sur les banques et les assureurs, pourvoyeurs de fonds historiques du « venture », mais également de la performance insuffisante des fonds de capital-risque, trop peu nombreux à collectionner les pépites.
 

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