Le capital-risque, l'autre visage de SFR

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SFR Développement a investi 40 millions d'euros dans 22 sociétés, depuis sa création en 2006.

SFR Développement vient de souffler sa cinquième bougie. C?est en 2006 que l?opérateur français de téléphonie a créé sa filiale de capital-investissement, sur le modèle de l?américain Intel Capital, le plus célèbre des fonds de « corporate venture. » Ou, plus près de nous, d?Innovacom, la société de capital-risque de France Télécom, fondée en 1988. L?objectif de SFR Développement, qui fait peu de R&D (recherche et développement) en interne : financer le développement de start-up innovantes, afin de se doter de relais de croissance. SFR Développement investit donc principalement dans l?Internet, les réseaux de communication, les contenus pour mobiles et télés.

Un mise multipliée par dix

L?intérêt financier, même s?il n?est pas prédominant, contrairement à un fonds de capital-investissement classique, est bien sûr présent : l?an dernier, la cession à Prosodie (groupe Capgemini) de sa participation dans l?agence de marketing mobile Backelite a permis à SFR Développement de multiplier sa mise par dix.
L?une des prises de participation les plus récentes du fonds, qui investit toujours de façon minoritaire, est son entrée, en janvier, au capital de G-Cluster, une société spécialisée dans le « cloud gaming » (jeux basés sur la technologie de l?informatique en nuage) et dont le siège se trouve? au Japon. En effet, SFR Développement n?a pas pour vocation d?investir uniquement dans des start-up françaises. « Des pays comme Israël, les Etats-Unis, constituent des viviers potentiels importants », explique Stéphanie Hajjar, l?une des responsables de SFR Développement.


Un ticket moyen de 1 à 1,5 million d'euros


Au total, depuis sa création, le fonds a investi quelque 40 millions d?euros, dans 22 sociétés, dont dix millions l?an dernier. Soit un ticket moyen de 1 à 1,5 million d?euros, un montant trop élevé pour les business angels (investisseurs particuliers) mais trop faible pour les fonds de capital-risque, et qui répond donc à la fameuse problématique de « l?equity gap » déplorée par nombre de jeunes pousses en quête de financements.
Pour autant, « nous ne voulons pas enfermer les start-up dans notre écosystème », assure Stéphanie Hajjar. Et d?expliciter : « SFR n'a pas pour vocation d'acheter une société dans laquelle il a pris une participation. » Une précision de taille pour les fonds de capital-investissement classiques, qui, il y a quelques années encore, voyaient d?un mauvais ?il les fonds de « corporate venture », convaincus que ces derniers prenaient un ticket dans de jeunes pousses innovantes pour faire de la veille technologique ou pour mettre rapidement la main sur la start-up en question. Cela d?autant plus facilement que le « corporate venture », à la différence des fonds traditionnels, n?a pas besoin de lever des fonds auprès d?investisseurs institutionnels.

Complémentarité avec le « private equity » classique

Mais, « au gré des sorties que nous avons réalisées, les fonds d?investissement traditionnels ont compris que nous n?étions pas dans une logique prédatrice », affirme Marc Westermann, directeur des participations chez SFR Développement. De fait, le fonds a cédé six participations depuis 2006. « Nous sommes complémentaires des fonds classiques, au côté desquels nous investissons régulièrement. Ils peuvent notamment disposer de davantage de relais que nous à l?international, alors que notre connaissance du milieu industriel est généralement plus large que la leur », poursuit Stéphanie Hajjar. En tout état de cause, les fonds d?investissement « d?entreprises » semblent plus que jamais avoir leur place, à l?heure où les fonds traditionnels peinent à lever de l?argent.
 

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