Un mois avant son entrée en Bourse, Facebook accuse une baisse de ses profits

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Si le réseau social compte désormais 901 millions d'utilisateurs actifs, le chiffre d'affaires généré au premier trimestre 2012 a reculé par rapport à la fin 2011. Une première depuis au moins trois ans. Il est en outre nettement inférieur aux prévisions des analystes.

A peine un mois avant son arrivée sur le Nasdaq - qui devrait avoir lieu le 17 ou le 24 mai et s'élèvera au moins à 5 milliards de dollars, devenant la plus importante introduction Internet de l'histoire -, Facebook a réservé une mauvaise surprise aux investisseurs en divulguant lundi soir ses résultats financiers du premier trimestre 2012. Le réseau social a certes enregistré un bond de 45% de son chiffre d'affaires par rapport à l'an passé, ses revenus atteignant 1,06 milliard de dollars. Mais cette performance est nettement inférieure aux prévisions des analystes, qui tablaient sur 1,3 milliard.

En outre, les documents déposés auprès de la Securities & Exchange Commission (SEC), le gendarme boursier américain, font état d'un repli de 12% de ses profits sur la période, passant de 233 millions à 205 millions de dollars, en raison d'une progression des coûts marketing et des dépenses en recherche et développement. Sur les douze derniers mois, la société dirigée par Mark Zuckerberg a par ailleurs embauché plus de 1.000 employés supplémentaires, portant ses effectifs à 3.539 salariés. Au total, ses dépenses ont quasiment doublé, à 677 millions de dollars

"Nous coûts progressent rapidement, ce qui pourrait affecter notre activité et notre profitabilité", reconnaît Facebook dans ces documents destinés aux investisseurs. "Mettre nos produits à disposition de nos utilisateurs coûte cher et nous nous attendons à ce que nos dépenses continuent d'augmenter en même temps que nous élargirons notre base d'utilisateurs, que nos utilisateurs nous enverront de plus en plus de données, que nous développerons de nouvelles fonctionnalités et que nous embaucherons de nouveaux employés".

901 millions d'utilisateurs

La comparaison avec le quatrième trimestre 2011 est encore moins flatteuse pour Facebook. Ses profits affichent en effet une chute de 32% en rythme séquentiel. Et son chiffre d'affaires a reculé de 6,5%, alors que le revenu généré par utilisateur a lui baissé de 12%, à 1,21 dollar. Le réseau social justifie ces replis par des effets saisonniers, les annonceurs étant traditionnellement plus dépensiers à l'approche des fêtes de fin d'année. Mais c'est la première fois depuis au moins trois ans que son chiffre d'affaires ne progresse pas d'un trimestre sur l'autre.

Facebook compte désormais 901 millions d'utilisateurs actifs par mois - dont 526 millions qui se connectent chaque jour -, soit un tiers de plus qu'il y a un an. Ils n'étaient que 845 millions en décembre. Plus de la moitié d'entre eux (488 millions) se connectent par l'intermédiaire d'un smartphone ou d'une tablette. "Nous ne tirons pas de recette directe significative de l'utilisation de Facebook sur portables, et notre capacité à le faire reste à prouver", précise le document. 82% des revenus sont en effet issus de la publicité, absente des applications mobiles, le reste provient des micro-paiements, essentiellement générés par les jeux créés par Zynga. 

En outre, le groupe de Palo Alto peine encore à monétiser une grande partie de son audience réalisée à l?étranger. La moitié du chiffre d'affaires (525 millions) est en effet réalisée aux Etats-Unis et au Canada où le revenu par utilisateur est deux fois plus élevé qu'en Europe (2,86 dollars contre 1,40). Facebook compte 230 millions d'utilisateurs en Asie, soit 50 millions de plus qu'en Amérique du Nord, mais ses recettes y sont cinq fois inférieures. La situation est encore moins bonne en Amérique Latine et en Afrique: 242 millions d'utlisateurs pour un chiffre d'affaires de 88 millions de dollars au premier trimestre. Les coûts, eux, restent élevés quelque soit le pays de résidence du membre.

200 millions de dollars en cas d'échec du rachat d'Instagram

Facebook a par ailleurs indiqué qu'il verserait 200 millions de dollars en cash à Instagram si les autorités n'accordaient pas leur feu vert au rachat du service de partage de photos. Facebook a proposé un milliard de dollars, dont 70% en actions. "Nous pensons que l'usage mobile de Facebook est essentiel pour maintenir notre croissance, écrit le groupe dans les documents rendus publics ce lundi. Nous cherchons à accroitre cette usage, même s'il ne se traduit pas directement en revenus significatifs".

Plus tôt dans la journée, la société avait annoncé qu'elle allait mettre la main sur 650 brevets détenus par Microsoft (qui les a lui-même rachetés à AOL). Coût de l'opération: 550 millions de dollars. Elle représente "une autre étape importante dans le processus qui se poursuit pour bâtir un portefeuille de propriété intellectuelle qui protège les intérêts à long terme de Facebook ", avait expliqué un porte-parole de Facebook, qui fait actuellement l'objet de poursuites de la part de Yahoo.

Fin mars, Facebook avait mis un terme à la cotation de ses actions sur le marché secondaire SharesPost. Le réseau social était alors valorisé à 102,8 milliards de dollars, un chiffre légèrement supérieur aux prévisions des analystes, qui misent sur une valorisation comprise entre 75 et 100 milliards lors de la fixation du prix d'introduction. Sa capitalisation boursière devrait cependant grimper lors des premiers jours de cotation. Ses résultats financiers devront alors rapidement justifier un tel niveau de valorisation.

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Commentaires
a écrit le 19/05/2012 à 8:18 :
faut-il boycotter FACEBOOK ?
pausons nous la question, nous les européens qui utilisons ce site et qui délocalisons de fait les supports de publicité hors europe et en l'occurence vers les USA, pays qui n'hésite pas à tout vendre sur la vie privée des personnes.......Moi c'est décidé j'ai cloturé mon compte facebook, j'aurai mis du temps à comprendre mais mieux vaut tard que jamais

a écrit le 24/04/2012 à 14:11 :
C'est normal c'est un pion de la CIA, et personne ne veut de ces actions, car c'est une bulle spéculative pour prendre de l'argent et clacher le cour de l'action dans les prochains mois, et ruiner les acheteurs, à bon entendeur...
a écrit le 24/04/2012 à 13:41 :
Pénible : les chiffres de l'article sont imprécis. Le chiffre d'affaires est un chiffre trimestriel, d'où un chiffre annuel de 3.7 milliards de dollars (source wiki). Bon, 180 millions d'utilisateurs en Amérique du Nord ; qui est ce qui y croit vraiment? 40 % de la population utilisatrice régulière? Vraiment? facebook pipote ses chiffres pour ses introductions en bourse, on se demande pourquoi...
a écrit le 24/04/2012 à 13:16 :
Bulle.
a écrit le 24/04/2012 à 13:09 :
Il semble un peu normal que l'activité de Facebook ne soit pas linéaire à l'approche de l'introduction en bourse. Il faut bien investir un peu ça et là ... Facebook réalise quand même un CA annuel de 3 ou 4 milliards de dollars en vivant uniquement de la publicité; 200 millions de profits en ne vendant rien, c'est pas mal quand même. Il y a pas mal de société française qui aimerait bien en faire autant. Ce qui m?attriste le plus, c'est que Facebook n'aurait pas pu naitre en France. Des banques trop frileuses pour prêter à des petites sociétés, des capitaux-risqueeurs inexistants, des fonds d'amorçage aux abonnés absents ... Et surtout un état qui favorise les grands groupes (taxés à 12%) au détriments des petites et moyennes structures (étouffées par les impôts et les taxes, sans aucun passe droit). Du Crédit Impôt Recherche (qu'il faudrait réserver EXCLUSIVEMENT aux structures de petites taille) aux marchés publics (qui devraient réserver une part significative aux PME), que de réforme urgentes à effectuer en France !

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