Société Générale : une ruée au guichet des départs difficile à gérer

Dans le cadre du plan de départs dans la banque de financement et d'investissement, de nombreux salariés candidats au départ ont vu leur dossier débouté et se trouvent aujourd'hui dans une situation inconfortable.
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Un quota de 880 suppressions de postes a été fixé chez SG CIB, la division de banque de financement et d'investissement de Société Générale. Ouvert officiellement le 2 avril dernier, le plan de départs volontaires récolte un succès imprévu. Les "bénéficiaires directs" de ce plan avaient six mois pour se faire connaître. Et il aura fallu seulement quinze jours pour que la direction comptabilise déjà 404 dossiers en cours de finalisation, dont 366 départs.

Une centaine de dossiers "en trop"

Lors d'une réunion qui s'est déroulée ce mercredi 9 mai avec les représentants syndicaux, la direction a annoncé que le quota de départs possibles pour les activités de back et de middle office était déjà atteint. "Pour les fonctions supports, nous estimons qu'il y a une centaine de dossiers "en trop" ", précise la CGT. Tandis que 150 départs environ sont encore recevables dans les activités de front office.  Une hémorragie dont "Les Echos" faisaient état il y a quelques jours, estimant que "sur 500 salariés ayant essuyé une fin de non-recevoir, 300 ne peuvent pas partir parce que leur poste n'est pas supprimé ou que leur service compte déjà trop de départs."
Par ailleurs, la majorité des dossiers concernent des départs (environ 500), tandis que le reclassement en interne est l'objet d'un peu plus d'une centaine de cas pour l'instant. Les syndicats avaient pourtant formé le v?u que la mobilité en interne puisse être massivement choisie. Aujourd'hui, la plupart des possibilités de mobilité interne sont gelées pour cette raison.

Des conditions de départ confortables

Pour le syndicat de Bernard Thibault, cette ruée vers la sortie est liée au fait que "les salariés étaient sous pression depuis des mois, l'ambiance était mauvaise et certaines pratiques de gestion générait du mécontentement".  Les conditions de départ relativement confortables ont également pu jouer (lire le détail ici). "Les indemnités conséquentes ont favorisé les candidatures au départ, c'est certain, mais je ne pense pas qu'elles soient la cause première du rush vers les départs", explique la CGT.
Parmi les candidats au départ "déçus", "certains ont déjà pris des engagements et leurs dossiers seront examinés au cas par cas, notamment pour leur permettre d'évoluer et de changer de management", précise la CGT. Car nombreux sont ceux qui ont par exemple levé la confidentialité sur leur départ et qui se retrouvent donc dans une position inconfortable vis-à-vis de leurs supérieurs. D'autres encore, poussés par la demande de leur employeur de réaliser les dossiers les plus aboutis possibles concernant leurs futurs projets de vie, sont confrontés à des situations délicates, certains ayant par exemple engagé des fonds pour des créations d'entreprises.
"Le plan lui-même s'est réalisé très rapidement, mais pas forcément là où l'on pensait. Reste à présent à gérer les conséquences des maladresses que le plan de départs a engendrées", conclut la CGT. La direction ne devrait cependant pas dépasser le quota des 880 suppressions de postes qu'elle s'est fixée.
 

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Commentaires 2
à écrit le 10/05/2012 à 13:52
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A part offrir de l'argent! avec les impôts qui vont réduire l'addition. 1 milliard réduisant la part des actionnaires c'est le seul moment où le partage semble équitable; Ceci explique peut être la ruée pour toucher le "pactole"

le 11/05/2012 à 3:24
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C'est limpide...

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