Dexia : Mariani reste amer vis-à-vis des agences de notation

Lors de l'Assemblée générale de Dexia ce mercredi à Bruxelles, l'administrateur délégué de la banque désormais en démantèlement, Pierre Mariani, a expliqué que le coup de grâce lui a en partie été donné par les agences de notation.
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Si les principales responsabilités de la déconfiture financière de Dexia sont à aller chercher du côté de ses anciens dirigeants, la direction actuelle s?est fait reprocher quelques errements par plusieurs petits actionnaires, lors de l?Assemblée générale qui se déroulait mercredi au Centre culturel de Woluwe-Saint-Pierre à Bruxelles. Les deux hommes forts de la banque, Pierre Mariani et Jean-Luc Dehaene, qui ont annoncé qu'ils partiront avant la fin juin 2012, ont fait face à des reproches sur leur communication. Certains actionnaires se sont ainsi plaints de désinformation de la part de la direction sur la solidité financière du groupe. Mais Pierre Mariani, l?administrateur délégué de la banque franco-belge, persiste et signe, il n?a pas menti à ses actionnaires en 2011. "Le retour de crise brutal a été fatal au redressement de Dexia", a-t-il indiqué. "A la mi-2011, Dexia était au milieu de son plan de redressement, mais dans les délais", a également déclaré Jean-Luc Dehaene. "Nous avons été rattrapés par des facteurs externes sur lesquels nous n'avions pas de prise. Notre tâche s'est avérée être 'mission impossible'", a ajouté l'ancien premier ministre belge.

Les agences de notation ont leur part de responsabilité dans le naufrage de la banque

La crise des dettes souveraines, un environnement de taux d?intérêt "absolument exceptionnel", ainsi que des dégradations en cascade de la part des agences de notation ont, selon Pierre Mariani, eu raison de Dexia. Le français reste d?ailleurs aigri vis à vis des agences : "Une fois de plus les agences de notation ont provoqué la crise", déplore-t-il. En cause, leurs indications autoréalisatrices. "Elles ne provoquent pas un risque, mais quand elles le signalent, elles le provoquent (?) La dégradation du groupe par Moody?s, le 3 octobre dernier, a provoqué une perte de 7 milliards d?euros de dépôts commerciaux pour le groupe et de 9 milliards d?euros de financement court terme non sécurisés". La succession de décisions négatives des agences vis-à-vis de Dexia "ont entrainé une perte de 38 milliards d?euros de financement non sécurisés pour l?ensemble du groupe en 2011", s?indigne Pierre Mariani.

Mariani en Sibérie!

Certains actionnaires n?ont cependant pas semblé convaincus par les justifications de la direction. L?un d?entre eux, qui a indiqué "avoir 30 millions d'actions Dexia et avoir perdu 40 millions d'euros" suite à la débâcle, a même demandé à Pierre Mariani si "son protecteur (Nicolas Sarkozy, ndlr) virtuellement disparu", il songeait à rejoindre en Sibérie Mikhaïl Khodorkovski, un oligarque russe mis en prison par le régime en place depuis 2004. Prenant l?allusion avec humour, Pierre Mariani a assuré qu'il n?avait pas besoin de protecteur tout en confessant qu?il n?aimait "pas trop la Sibérie", lui préférant son île natale, la Corse.
Blague à part, les petits actionnaires de la banque n?ont en tout cas pas pu empêcher les actionnaires de voter à plus de 82 % la "décharge" des administrateurs, dont font partie Messieurs Dehaene et Mariani. Concrètement, il sera désormais quasi impossible de les attaquer pour d'éventuels délits de mauvaise gestion. Il faut cependant noter que les représentants du gouvernement fédéral belge au conseil d'administration de Dexia se sont abstenus, à l'instar de ceux des gouvernements wallon et bruxellois.

Pas de recapitalisation urgente

Concernant le futur de la banque., les dirigeants ont réaffirmé qu?à ce stade, Dexia, n'avait "pas besoin d'une recapitalisation d'urgence. Mais en fonction de différents paramètres du plan de restructuration, il pourrait dans l'avenir en aller autrement". D?autres part, les deux dirigeants ne veulent pas précipiter leur départ, même si ce n'est qu'une question de jours : "Nous avons conclu, Monsieur Mariani et moi, que nous laisserions le temps nécessaire au gouvernement belge pour prendre contact avec le nouveau gouvernement français. Pierre Mariani et moi-même partirions au plus tard au 30 juin", indiquait Jean-Luc Dehaene.
Enfin, suite à une question d?un délégué syndical de Dexia Crédit Local (DCL), Pierre Mariani a indiqué qu?il ne pouvait à ce jour « pas confirmer que chaque salarié de DCL serait fixé sur son sort » avant la fin juin 2012, étant donné que la Commission européenne n?a pas encore donné son accord pour la cession d?une grosse partie de Dexia Municipal Agency à l?Etat français, la Caisse des dépôts et la Banque Postale. Il a d?ailleurs jugé le montage regroupant les nouvelles entités censées gérer les stocks de prêts et accorder les nouveaux financements "très complexe, peut être trop".

 

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Commentaires 3
à écrit le 10/05/2012 à 22:32
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un repère d'escrocs !

à écrit le 10/05/2012 à 10:25
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C'est toujours plus simple et plus commode de s'en prendre à l'autre que de voir ses propres erreurs, ben voyons !

à écrit le 10/05/2012 à 9:00
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"30 millions d'actions..." Ce n'est pas précisément ce qu'on appelle un PETIT ACTIONNAIRE...

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