De nouveaux audits en perspective pour les banques espagnoles

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Les audits externes pourraient entraîner une dévaluation des actifs des banques et donc de nouvelles pertes suivies d'injections de fonds publics. Le premier ministre Mariano Rajoy nie que les banques aient besoin du secours européen.

Oliver Wyman et Roland Berger seront chargés de redonner confiance? ou pas, dans le secteur bancaire espagnol. Les deux groupes de conseil ont été désignés pour mener la première partie des audits externes imposés par le Gouvernement afin de mettre un point final aux doutes sur la solvabilité du secteur. Il s?agira d?un stress test dont les résultats sont attendus au cours de la deuxième quinzaine de juin. Il sera suivi d?une évaluation du bilan de chaque banque, par trois auditeurs nommés fin mai. Mariano Rajoy, le premier ministre espagnol, a considéré ce week-end qu?il « serait très positif que l?exercice que va faire l?Espagne se fasse dans d?autres pays de l?UE ». Ce n?est pas la première fois que l?Espagne se retrouve seule à jouer la carte de la transparence. Lors des stress tests de l?EBA de 2010 et 2011, José Luis Zapatero s?était distingué en faisant passer l?examen à près de 100% de son secteur. L?impression de transparence n?en avait pas été renforcée mais la faiblesse du secteur était restée patente, plusieurs entités ayant été recalées.

Nouveau lot de mauvaises nouvelles

Les audits pourraient aussi apporter leur lot de mauvaises nouvelles avec une dévaluation des actifs, donc une hausse des provisions, voire des pertes, et de nouvelles injections de fonds publics. Le ministre de l'Economie, Luis de Guindos, estime que Bankia aura besoin de 7 à 7,5 milliards d?euros pour assainir son portefeuille immobilier. En tout, la facture pour l?Etat du renflouement de la quatrième banque d?Espagne pourrait atteindre 12 milliards. D?aucuns doutent donc que l'addtion pour l?ensemble du secteur soit inférieure à 16 milliards d?euros comme promis par le Gouvernement. Ces craintes se reportent sur la capacité de l?Etat à y faire face alors qu?il se finance à des taux record sur les marchés.

Quelle aide du Fonds européen ?

 

L?option du fonds d?aide européen se pose donc, mais le gouvernement veut l?éviter car « cela serait analysé comme une intervention de l?Europe dans les comptes de l?Etat dans son ensemble », estime Joaquin Maudos, chercheur au Centre Valencien de Recherches Economiques (IVIE). D?où le malaise suscité par la proposition de François Hollande,  faite vendredi, d?utiliser le fonds européen pour recapitaliser les banques espagnoles. « Monsieur Hollande ne sait pas comment vont les banques espagnoles », a répondu ce week-end Rajoy, qui a répété que le secteur n?aura pas besoin du secours externe.

L'Espagne a-t-elle le choix ?

 

L?Espagne aura-t-elle vraiment le choix ? Les parallèles dressés avec l?Irlande sont fréquents. « La comparaison tient jusqu?à un certain point. Le secteur irlandais était beaucoup plus concentré qu?en Espagne, où le risque est plus dilué. De plus, les deux principaux acteurs, BBVA et Santander, n?auront pas besoin de fonds publics », compare Alberto Roldán, stratège chez Inverseguros. Joaquin Maudos rappelle quant à lui que « le poids des banques espagnoles réprésente  3,5 fois le PIB. Celui des irlandaises atteignait 10 fois le PIB ». L?intervention de l?Etat dans les comptes des banques irlandaises avait porté le déficit public à plus de 30% du PIB en 2010, rendant inévitable le sauvetage.

 

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Commentaires
a écrit le 22/05/2012 à 19:31 :
Epoustouflant ce que l'argent est facile à trouver en Espagne. Mais 10 milliards après la nationalisation ça à l'air plus complexe! De créances douteuses sur l'immobilier?quel immobilier?une crise Dès demain juste avant les élections irlandaises en fin de mois nous verrons. JPM 2 milliards non 3, mrd 5 maintenant. recapitaliser à flux tendu un nouveau métier à la BCE

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