Les grandes banques d'affaires marchent sur les plates-bandes des boutiques

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Morgan Stanley a bondi de la 14ème à la 1ère place, sur le marché mondial des fusions et acquisitions de taille moyenne, au premier trimestre 2012. Copyright Reuters
Morgan Stanley a bondi de la 14ème à la 1ère place, sur le marché mondial des fusions et acquisitions de taille moyenne, au premier trimestre 2012. Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2011. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Au premier trimestre, Morgan Stanley et Goldman Sachs ont ravi à KPMG et à PricewaterhouseCoopers les deux premières places du classement mondial des banques-conseil sur le marché des fusions et acquisitions de taille moyenne.

En période de vaches maigres, il n'y a pas de petits profits pour les grandes banques d'affaires. Faute de pouvoir se mettre sous la dent des fusions et acquisitions d'envergure, Goldman Sachs, Morgan Stanley et autre JP Morgan se rabattent aujourd'hui sur le marché des M&A (mergers and acquisitions) de taille moyenne. Il est vrai que ce marché, qui comprend les opérations d'un montant de 500 millions de dollars (400 millions d'euros) au maximum, a chuté de 16,8% "seulement", au cours des trois premiers mois de 2012, à 148,8 milliards de dollars, alors que l'ensemble du marché des M&A a plongé de 44%, à 416 milliards de dollars, selon Thomson Reuters.

 Ernst & Young chute de 12 places

 Mais en se diversifiant ainsi, les grandes banques d'investissement marchent sur les plates-bandes de leurs consoeurs spécialisées dans les "midcaps", comme KPMG, PricewaterhouseCoopers (PwC) ou bien encore Ernst & Young. Abonnés depuis 2008 aux deux premières places du classement mondial des banques-conseil, sur le "mid-market", KPMG et PwC ont subi un sérieux revers, au premier trimestre 2012 : KPMG a rétrogradé de la première à la septième place de la "league table" élaborée par Thomson Reuters, avec 34 opérations conseillées contre 114 au cours des trois premiers mois de 2011. PwC se voit reléguée du deuxième au cinquième rang, Deloitte n'est plus que 12ème alors que la société caracolait en troisième position un an plus tôt, et Ernst & Young tombe de la 5ème à la 17ème place !

A l'inverse, Morgan Stanley bondit du 14ème au 1er rang, Goldman Sachs gagne six places, devenant ainsi numéro deux, juste devant Lazard, JP Morgan grimpe de trois échelons, pour se hisser en 6ème position, et Citi clôt le top 10, alors que la banque n'était que 16ème un an auparavant.

 Les PME exigent une baisse des commissions

 Si les ténors de Wall Street empiètent aussi aisément sur le pré carré des boutiques, c'est parce que les PME ne résistent pas à la tentation d'être conseillées par ces grands noms qui, en temps ordinaire, ne leur jetteraient pas un regard. "Il est humain de vouloir s'attacher les services d'un grand établissement très connu", reconnaît Douglas M. Schmidt, président de Chessiecap, dans une lettre publiée sur le site Internet de la petite banque d'affaires. Les boutiques sont d'autant moins en mesure de résister à cette déferlante que les PME font jouer la concurrence, en exigeant une baisse des "fees", les commissions perçues par les banques sur la valeur des opérations qu'elles conseillent. Baisse qui peut atteindre 20%, et que nombre de petites banques sont incapables d'amortir.

 Les banquiers juniors affectés au mid-market

Pourtant, les fusions et acquisitions de moins de 500 millions de dollars, qui génèrent des commissions de l'ordre de 3 millions de dollars "seulement", ne paraissent guère rentables pour les stars des M&A. Celles-ci paient en effet leurs collaborateurs très cher mais rentrent dans leurs frais grâce à des "fees" de l'ordre de 35 millions de dollars sur une opération à 10 milliards. Douglas M. Schmidt a son explication : pour le patron de Chessiecap, les grandes banques affectent leurs employés juniors - les moins bien rémunérés - aux transactions de "mid-market." Avec le risque "de donner au client le sentiment d'être un dossier de seconde classe", pointe du doigt Douglas M. Schmidt. Qu'ile rassure : une fois les méga-fusions de retour, les grandes banques d'investissement se feront une joie de lui adresser leur clientèle de PME.

 

 

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Commentaires
a écrit le 30/05/2012 à 7:27 :
fee peut se traduire par honoraire, nul besoin d'utiliser l'anglais pour se donner un genre.

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