Face au maxi-chômage, le microcrédit change de taille

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En 2012, l'activité de l'Association pour le droit à l'initiative économique (Adie) a crû de 8%, avec 13.000 microcrédits distribués. Copyright Reuters
En 2012, l'activité de l'Association pour le droit à l'initiative économique (Adie) a crû de 8%, avec 13.000 microcrédits distribués. Copyright Reuters (Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
L'Association pour le droit à l'initiative économique (Adie) portera cette année à 10.000 euros, au lieu de 6.000, le plafond des microcrédits qu'elle distribue aux personnes exclues du marché du travail et n'ayant pas accès aux prêts bancaires classiques.

Il a l'accent chantant des habitants de la Sardaigne, et le visage d'un bon grand-père. Pourtant, la vie d'Amerigo Murgia est tout sauf sereine. Au chômage depuis 2010, cet ancien restaurateur parisien, encore trop jeune pour prétendre à la retraite, a créé fin 2012 un commerce de produits alimentaires sardes. «C'est Pôle Emploi qui m'a parlé de l'Adie (Association pour le droit à l'initiative économique). Celle-ci m'a accordé un microcrédit pour monter mon entreprise», raconte Amerigo Murgia. Comme lui, quelque 700.000 personnes âgées de plus de 50 ans sont aujourd'hui au chômage, en France, contre 450.000 fin 2009. Et, comme lui, un certain nombre de ces chômeurs seniors souhaitent créer leur propre «boîte», afin de retrouver le chemin de l'emploi.

Une activité en hausse de 8% en 2012

Aider les personnes exclues du marché du travail et qui n'ont pas accès au crédit bancaire classique à monter leur entreprise, telle est justement la mission de l'Adie. L'association, qui existe depuis 1989, a vu son activité augmenter de 8% l'an dernier, avec 13.000 microcrédits distribués, et majoritairement financés par des partenaires bancaires comme Banque Populaire et BNP Paribas.
«Face à la montée du chômage des seniors, nous avons décidé de développer une offre spécifique à ce public», indique Catherine Barbaroux, présidente de l'Adie, qui lançait ce lundi matin la 9e édition de la Semaine du microcrédit. Dans une quinzaine d'antennes pilotes, l'association organisera -cette année- des rendez-vous collectifs et individuels, afin d'aider les seniors à identifier les secteurs d'activité les plus porteurs dans leur région, à définir et à mettre en œuvre un projet de création d'entreprise.

Un plafond de microcrédit relevé à 10.000 euros

Parallèlement, à compter du 1er février, l'Adie portera à 10.000 euros le plafond des microcrédits qu'elle distribue. «Jusqu'à présent, nous n'allions pas au-delà de 6.000 euros, par prudence. Mais, le marché du travail étant de plus en plus précaire, nous voulons faciliter le démarrage de projets qui nécessitent jusqu'à 10.000 euros de prêts», explique Catherine Barbaroux. Ces prêts de 10.000 euros, les clients de l'Adie auront jusqu'à 48 mois pour les rembourser, sur la base d'un taux d'intérêt de 6,13%, au lieu des 8% habituellement consentis par l'association.
Au total, depuis sa création, il y a 24 ans, l'Adie -qui fonctionne avec 463 salariés et 1.700 bénévoles- a financé 117.000 microcrédits. Ce qui a permis la création de 85.000 entreprises. L'accompagnement de l'Adie n'étant pas seulement financier mais comprenant également des formations et des aides en matière juridique ou comptable, 68% des sociétés existent toujours deux ans après leur création.

Une aide de la BPI ?

Mais, pour continuer à fournir cet accompagnement, l'Adie a elle-même besoin d'argent. «Nous aurions matière à ouvrir une dizaine d'antennes supplémentaires, dans certaines régions, mais nous n'avons pas les moyens d'assurer leur pérennité», regrette Catherine Barbaroux. D'autant moins que les ressources émanant des dons et du mécénat «n'ont pas été au rendez-vous, en 2012, en raison des incertitudes fiscales». Catherine Barbaroux attend donc «beaucoup de la BPI (Banque publique d'investissement).» Celle-ci «pourrait prendre une participation dans l'Adie, via des titres associatifs, afin de renforcer nos fonds propres», suggère la présidente de l'association. Mais d'ajouter: «Ce que je dis là, c'est comme une lettre au Père Noël...»
 

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