Aux Etats-Unis, le club des "too big to fail" s'étendra au-delà des banques

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Les autorités américaines ont annoncé lundi avoir approuvé une liste préliminaire d'établissements financiers non bancaires désormais jugés "systémiques", et qui feront donc l'objet d'une surveillance accrue de la part de la Réserve Fédérale.

"Le Conseil a approuvé par un vote une liste préliminaire de compagnies financières non-bancaires", a indiqué Suzanne Elio, la porte-parole du Trésor américain. Nouvelle étape dans la surveillance des acteurs financiers réclamée après la crise de 2008, cette décision augmentera le nombre - actuellement fixé à 19 - des établissements financiers d'une taille telle que leur faillite pourrait provoquer l'effondrement de l'ensemble du système financier (et surnommés "too big to fail", littéralement "trop grosses pour faire faillite") et qui risqueraient de devoir être sauvés de la faillite avec l'argent des contribuables. Et étend donc cette liste au delà des banques.

"Promouvoir la stabilité financière"

"Aujourd'hui, le Conseil a franchi une étape importante en exerçant une de ses principales prérogatives afin de protéger les contribuables, réduire les risques du système financier et promouvoir la stabilité financière", a déclaré dans un communiqué Jacob Lew, le secrétaire américain au Trésor qui préside cette instance.

Ni les noms ni le nombre de ces établissements , dont la liste a été adoptée en séance à huis clos par le Conseil de surveillance de la stabilité financière (FSOC), n'ont été rendus publics. Les organismes désignés ont en effet un mois pour faire appel et la liste définitive sera adoptée d'ici trois mois, a-t-on indiqué de source proche du FSOC. Elle sera ensuite revue chaque année.

Assurance et gestion d'actifs

Ces grands groupes, dont les actifs sont égaux ou supérieurs à 50 milliards de dollars, relèveraient des secteurs de l'assurance ou de la gestion d'actifs. Le nom d'AIG, l'assureur que l'Etat américain avait sauvé de la faillite lors de la crise et celui de la division de prêt du conglomérat General Electric, GE Capital, sont les plus fréquemment cités dans la presse comme candidats à l'entrée dans ce cercle des entreprises "too big to fail". Dans un document soumis à l'autorité boursière SEC début mai, AIG indiquait que le paiement de ses dividendes "dépendrait en partie" du fait de savoir "si nous sommes désignés comme une institution financière non bancaire systémique".

Une fois définitivement désignés, ces groupes seront soumis, comme les banques dites systémiques, à un contrôle accru de la part de la banque centrale des Etats-Unis (Fed) et à de futurs tests de résistance. C'est la loi de réforme de Wall Street Dodd-Frank, votée en 2010 après la crise financière, qui a donné le pouvoir au FSOC de soumettre à ce contrôle des établissements non-bancaires. Le FSOC est constitué des principaux organes de surveillance financière américains dont la Fed et la Compagnie fédérale d'assurance des dépôts bancaires américaine (FDIC).

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a écrit le 04/06/2013 à 21:02 :
article inquiétant mais pas étonnant , les faits sont têtus , plus les entreprises sont grosses , plus elles sont en position de monopole ou de rente plus elles sont fragiles et donc urgentes a sauver par le contribuable via la dette publique , vu que le privé refuserait de cautionner cela , on tue bien des éléphants pourquoi pas des géants ? , seulement l'impact serait si énorme on a vu en septembre 2008 avec lehmann , 8 jours et la planète paniquait totalement , réguler au plus vite la taille des géants devrait être l'enjeu du prochain G8 , chose que les américains n'ont pas voulu faire depuis les années 40 , on a laissé faire et aujourd'hui on dance avec une allumette autour du baril de poudre et avec les pieds dans de l'essence
a écrit le 04/06/2013 à 18:20 :
La FED devient donc un énième régulateur... Est-ce bien son rôle? Est-ce surtout bien légitime et sans risque de conflits d'intérêts dont ne se privent pas ceux déjà en place? Sur le fond, il y a plusieurs erreurs, dont celle qui vise finalement à consolider la position d'acteurs irresponsable (au sens exact du terme) et qu'on a laissé encore plus grandir. Pour la réalité des chiffres, cet article de Berruyer est particulièrement cinglant, ne serait-ce parce qu'il ne s'attache qu'aux chiffres: http://www.les-crises.fr/solvabilite-banques-systemiques/
a écrit le 04/06/2013 à 13:55 :
Contrairement à des secteurs industriels où on peut forcer un découpage géographique ou par métiers; dans la finance, il n'y a pas de limites, on peut emprunter de n'importe où à n'importe qui, le problème est de comment réduire la taille des grosses sociétés financières avant que leur chute inéluctable un jour ne crée une grosse crise. C'est nouveau car dans la banque de dépôt on peut découper géographiquement mais pas dans la banque de finance.
a écrit le 04/06/2013 à 12:39 :
Bingo pour ces entreprises.....perdu pour le contribuable...
a écrit le 04/06/2013 à 11:35 :
Moyennant des stress tests bidons, ces entreprises vont pouvoir jouer au poker avec une recave infinie. Belle loi.

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