BNP Paribas cède à la tentation allemande

 |   |  506  mots
La banque vise des revenus de 1,5 milliard d'euros en Allemagne d'ici à 2016, contre 1,1 milliard en 2012. Copyright Reuters
La banque vise des revenus de 1,5 milliard d'euros en Allemagne d'ici à 2016, contre 1,1 milliard en 2012. Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2011. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
La banque française, qui a publié mercredi des résultats trimestriels en baisse, mise sur l'Allemagne pour relancer sa croissance. Le groupe s'apprête ainsi à recruter 500 personnes outre-Rhin, au cours des trois prochaines années.

BNP Paribas cède aux sirènes de l'Allemagne. Lors de la présentation de ses résultats trimestriels, mercredi, la première banque française a annoncé un plan de développement outre-Rhin. L'objectif : « Doter le groupe de relais de croissance, à l'heure où la conjoncture économique demeure difficile en Europe », a expliqué Jean-Laurent Bonnafé, directeur général de la banque de la rue d'Antin, à Paris. Les ambitions du groupe en Allemagne s'inscrivent d'ailleurs dans un plan de diversification plus global, qui verra la banque se renforcer également dans la région Asie-Pacifique et dans le métier de la gestion d'actifs, entre 2014 et 2016.

De fait, BNP Paribas a clos le deuxième trimestre sur un bénéfice net en baisse de 4,7%, à 1,76 milliard d'euros, pour un produit net bancaire [PNB, l'équivalent du chiffre d'affaires, dans le secteur bancaire ; Ndlr] en repli de 1,8%, à 9,92 milliards d'euros. Il faut dire que deux des principaux marchés européens de BNP Paribas, la France et l'Italie, ne sont pas au mieux de leur forme. L'Hexagone devrait voir son produit intérieur brut (PIB) fléchir de 0,3%, cette année, selon une vingtaine d'économistes interrogés par l'agence Reuters. Quant à l'économie italienne, elle devrait se contracter de près de 2%, en 2013, d'après le gouvernement. Alors que la Bundesbank, elle, table sur une croissance de 0,3% du PIB allemand pour 2013, puis sur une progression de 1,5% en 2014.

BNP Paribas vise 1,5 milliard d'euros de revenus en Allemagne d'ici à 2016

De quoi inciter BNP Paribas, qui « dispose déjà de positions fortes en Allemagne », selon Jean-Laurent Bonnafé, à pousser davantage ses pions au sein de la première économie européenne. Le groupe entend ainsi porter ses revenus en Allemagne à 1,5 milliard d'euros d'ici à 2016, contre 1,1 milliard en 2012, soit une croissance annuelle de 8%, en moyenne. Et ce, en se développant notamment dans la banque de détail [collecte des dépôts et octroi de crédits ; Ndlr], où BNP Paribas vise 1,1 million de clients particuliers en 2017, grâce à la montée en puissance de sa banque digitale Hello Bank !, lancée en Allemagne en juin dernier, et dont l'essor s'appuiera sur le courtier en ligne Cortal Consors.

Parallèlement, BNP Paribas entend se renforcer sur le marché allemand des entreprises, où le groupe ambitionne de figurer parmi les cinq premières banques d'ici à 2018, tant sur le segment des grands groupes que sur celui des sociétés de taille moyenne.

Le développement en Allemagne privilégie la croissance organique

Dans cette optique, BNP Paribas augmentera ses effectifs (en net) de plus de 500 personnes en Allemagne, au cours des trois prochaines années. La banque compte déjà 3.500 collaborateurs outre-Rhin, sur un total de 200.000 salariés à l'échelle mondiale. Interrogé sur d'éventuelles acquisitions, Jean-Laurent Bonnafé a assuré que le plan de développement en Allemagne privilégiait « la croissance organique. » Des opérations de croissance externe « à la marge » ne sont cependant pas exclues, comme l'acquisition, annoncée le 25 juillet, des activités de banque dépositaire de la banque allemande Commerzbank.
 

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 01/08/2013 à 1:08 :
Mais moins 1,600 en Belgique.
a écrit le 31/07/2013 à 14:28 :
Déni de réalité, vous qui aimez citer les fin stratèges, permettez-moi de vous dire que vous êtes aussi perspicace que la stratégie de Napoléon à Waterloo !
«Traite les gens comme s?ils étaient ce qu?ils devraient être et tu les aideras à devenir ce qu?ils sont capables d?être» ? Goethe
Et vive l'europe !
Réponse de le 31/07/2013 à 15:51 :
Cher Arthur: êtes-vous vraiment le 8eme duc de Wellington?! Je cite avec plaisir notre grand européen : "Comparer n'est pour l'ignorant qu'un moyen commode de se dispenser de juger." Et "La clarté, c'est une juste répartition d'ombres et de lumière." Mais l'ironie sert à éclairer les zones d'ombres sans apporter de la clarté, certes. Ainsi, je ne vois pas le lien entre Waterloo et la lucidité de mes pensées. Mais comment pourais-je traiter Mr Hollande, comme s'il était président? Dépourvu de cette grandeur d'esprit, je n'en suis pas capable, hélas.
a écrit le 31/07/2013 à 13:17 :
Ce projet de BNP Paribas a été certainement concocté lors du dernier bal masqué des banquiers à l'Elysée qui a rassemblé tous les malfrats de la République. Notre visionnaire Hollande est arrivé au sommet du raffinement stratégique et présidentielle. Renvoyer l'ennemi de la République dans les bras des perfides sirènes allemandes est une stratégie digne d'un Von Clausewitz! Et que l'argent aille vers l'argent...
Réponse de le 31/07/2013 à 14:09 :
L'ENA fait certainement plus de mal à la république que les banquiers. A méditer.
Réponse de le 31/07/2013 à 15:07 :
BNP Paribas annonce un plan de développement en Allemagne (entre autres) et c'est... la faute de Hollande ? Je veux bien ne pas être naïf, mais quand même...
Réponse de le 31/07/2013 à 17:27 :
Oui, laissez donc s'exprimer les Sarkolatres aigris par la défaite de leur poulain qu'ils voyaient comme le sauveur de la france alors qu'il à contribuer que tous à creuser des déficits abyssaux...

Oui laissez donc s'exprimer ces sarkolatres dénués de la moindre parcelle de discernement qui continuent de penser que la gauche vide les caisses quand la droite les remplis....

Oui c'est vrai j'oublie de dire tout cela c'est la faute à la réduction du temps de travail de madame Aubry.....
Réponse de le 31/07/2013 à 17:30 :
A ceux qui veulent encore savourer et resavourer le fameux discours du Bourget de notre candidat fabuleux à l'époque....F. Hollande!
"Mais avant d?évoquer mon projet, je vais vous confier une chose. Dans cette bataille qui s?engage, je vais vous dire qui est mon adversaire, mon véritable adversaire. Il n?a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature, il ne sera donc pas élu, et pourtant il gouverne. Cet adversaire, c?est le monde de la finance. Sous nos yeux, en vingt ans, la finance a pris le contrôle de l?économie, de la société et même de nos vies. Désormais, il est possible en une fraction de seconde de déplacer des sommes d?argent vertigineuses, de menacer des Etats.

Cette emprise est devenue un empire. Et la crise qui sévit depuis le 15 septembre 2008, loin de l?affaiblir, l?a encore renforcée. Face à elle, à cette finance, les promesses de régulation, les incantations du « plus jamais ça » sont restées lettre morte. Les G20 se sont succédés sans résultat tangible. En Europe, 16 sommets de la dernière chance ont été convoqués pour reporter au suivant la résolution définitive du problème. Les banques, sauvées par les Etats, mangent désormais la main qui les a nourries. Les agences de notation, décriées à juste raison pour n?avoir rien vu de la crise des subprimes, décident du sort des dettes souveraines des principaux pays, justifiant ainsi des plans de rigueur de plus en plus douloureux. Quant aux fonds spéculatifs, loin d?avoir disparu, ils sont encore les vecteurs de la déstabilisation qui nous vise. Ainsi, la finance s?est affranchie de toute règle, de toute morale, de tout contrôle."

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :