Cryptos : pourquoi la France pourrait perdre des entreprises à cause du MiCA
Maxime Heuze
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Alors qu’elle avait choisi Paris pour installer son siège social européen, la plateforme OKX a finalement fait machine arrière l’année dernière pour poser ses valises à Malte.
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Plusieurs sociétés ont déjà reçu le permis leur permettant d’exercer leurs activités en Europe à Chypre, Malte ou encore en Allemagne. Mais aucun n’a été délivré dans l’Hexagone. Un retard à l’allumage qui pourrait nuire à l’attractivité de la place de Paris.
Les permis cryptos européens se multiplient. Lundi, la société de trading eToro a annoncé avoir reçu le statut de prestataire de services sur cryptoactifs (PSCA) auprès de l'autorité de régulation de Chypre (CySEC). Ce précieux passeport, obligatoire depuis l'entrée en vigueur du règlement européen sur les marchés de cryptoactifs MiCA (pour Market in Crypto Asset), permet à l'entreprise de proposer ses services dans 30 pays de la zone économique européenne et d'accéder à 450 millions clients.
EToro se positionne donc en pionnier des entreprises de cryptomonnaies sur le Vieux Continent, tout comme les plateformes d'échange OKX et Crypto.com qui ont reçu leur licence à Malte, ou encore Bitpanda et la société de trading Boerse Stuttgart Digital, agrées en Allemagne ces derniers mois.
De ce côté-ci du Rhin, en revanche, silence radio. L'Autorité des marchés financiers (AMF) française n'a encore délivré aucun permis européen aux entreprises tricolores.
Comment expliquer ce retard de la France ? « L'AMF a pris plus de temps à interpréter certaines mesures précises du MiCA que Chypre, Malte ou l'Allemagne », reconnaît auprès de La Tribune Stanislas Barthélémi, consultant en cryptomonnaie chez KPMG.
Un délai venant d'un manque de personnel, selon les experts interrogés. Si l'autorité française ne communique pas le nombre de personnes qu'elle emploie à l'attribution des permis MiCA, « l'AMF a des moyens plus limités qu'ailleurs pour traiter rapidement les dossiers », affirme Arnaud Touati, avocat spécialiste des start-up et des cryptos chez Hashtag Avocats. Ajoutant qu'à « Malte et à Chypre, il est probable qu'ils aient davantage de moyens ».
Mais si ces pays ont été choisis par des entreprises internationales pour leur accorder le sésame européen, c'est aussi pour une question de coûts. « En France, obtenir le statut PSCA coûte en moyenne 500 000 euros, car cela demande de mobiliser des équipes et des outils. Dans la plupart des cas, c'est moins cher à Malte et Chypre du fait de l'imposition et de cotisations sociales plus faibles sur les emplois ou encore des prix moins élevés de l'immobilier », ajoute l'avocat. Selon ce dernier, pour les sociétés d'investissement non-crypto (PSI), obtenir un permis européen coûte par exemple jusqu'à trois fois moins cher dans ces États insulaires que dans l'Hexagone.
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