Vol record de cryptomonnaies : le FBI accuse la Corée du Nord
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Lancé en 2015, l’ether ou ethereum est désormais la deuxième devise numérique en valeur totale, estimée à plus de 460 milliards de dollars, derrière le bitcoin.
Dado Ruvic
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Lancé en 2015, l’ether ou ethereum est désormais la deuxième devise numérique en valeur totale, estimée à plus de 460 milliards de dollars, derrière le bitcoin.
Dado Ruvic
400.000 ethereum, l'équivalent de 1,5 milliard de dollars (1,43 milliard d'euros) : tel est le montant du plus grand vol de l'histoire du secteur des cryptommonaies. Et le responsable est, selon le FBI, l'organisation nord-coréenne TraderTraitor, qui ferait partie du groupe Lazarus, lui-même lié aux autorités de Pyongyang.
Pour rappel, le vol a eu lieu vendredi dernier. Les ethereum (deuxième cryptomonnaie au monde en termes de capitalisation après le Bitcoin) dérobés appartenaient aux clients de la plateforme dubaïote d'échange Bybit. Celle-ci a en conséquence connu « une pénurie de liquidités », a reconnu dans la foulée son fondateur et dirigeant, Ben Zhou.
D'après l'agence fédérale américaine, le groupe de hackers « a rapidement converti une partie des actifs volés en bitcoin et autres actifs numériques éparpillés à travers des milliers d'adresses sur de nombreuses blockchains », a-t-elle détaillé mercredi. Et d'ajouter : « On s'attend à ce que ces actifs soient blanchis et convertis en monnaie fiduciaire ».
C'est aussi l'avis de nombre d'experts dans le domaine. Reste que l'opération pourrait être compliquée à réaliser. Si bien qu'« il est probable qu'une partie des fonds soient retrouvés un jour au vu des réglementations », estime Thibault Langlois-Berthelot, fondateur statutaire de Kryptosphere et élève avocat au sein du cabinet spécialisé ORWL, dans un article du journal Le Figaro.
Ben Zhou s'affiche en tout cas bien décidé à retrouver ses ethereum. Il a ainsi promis des primes aux internautes qui traqueraient les transactions des pirates. « Dans le cadre des efforts d'enquête et de récupération, Bybit s'engage à verser 10 % des fonds récupérés pour récompenser les experts en cybersécurité et en sécurité réseau éthiques qui jouent un rôle actif dans la récupération des cryptomonnaies volées lors de l'incident », a posté la plateforme sur le réseau social X.
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Pour rappel, le groupe Lazarus s'est fait connaitre en 2014 quand il a été accusé d'avoir hacké l'agence de production américaine Sony Pictures Entertainement. Il avait alors agi en représailles à la sortie du film « The Interview », qui ridiculisait le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un.
Cette organisation serait aussi à l'origine du vol, en 2022, d'ethereum et d'USD Coin d'une valeur de 620 millions de dollars sur le Ronin Network, qui était jusqu'à présent le plus grand vol de cryptomonnaies de l'histoire. Plus récemment, en décembre dernier, les États-Unis et le Japon lui ont reproché un vol de cryptomonnaies pour une valeur totale de 308 millions de dollars sur la plateforme d'échange japonaise DMM Bitcoin.
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D'après les estimations d'un groupe d'experts des Nations unies datant de l'année dernière, la Corée du Nord aurait volé plus de trois milliards de dollars en cryptomonnaies depuis 2017. Mais le pays aurait lancé son programme de guerre informatique il y a bien plus longtemps, au milieu des années 1990. Selon un rapport de l'armée américaine en 2020, l'unité nord-coréenne dédiée à cette activité, baptisé le « Bureau 121 », compterait 6 000 membres dont certains opèrent aussi à partir de l'étranger, notamment de Biélorussie, de Chine, d'Inde, de Malaisie ou de Russie. Une grande partie de l'activité de piratage serait dirigée par le Bureau général de reconnaissance de Pyongyang, sa principale agence de renseignement étrangère. Et l'argent volé aiderait à financer le programme d'armes nucléaires du pays.
(Avec AFP)
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