L'année reste honorable et comparable avec la situation pré-Covid, en 2019, avec une collecte nette cumulée de près de 17 milliards d'euros depuis janvier pour les Livrets A et les LDDS.
Les épargnants ont retiré 1,94 milliard d'euros de plus qu'ils n'en ont ajouté sur leurs Livrets A. Une décollecte qui n'est pas vraiment surprenante à cette période de l'année.
Le Livret A a été boudé par les Français le mois dernier. Les Français ont ainsi retiré 1,94 milliard d'euros de plus qu'ils n'en ont versé sur ce produit d'épargne le mois dernier, selon les données publiées par la Caisse des dépôts (CDC) ce jeudi. Même son de cloche pour le Livret de développement durable et solidaire (LDDS) : il s'est dégonflé de 640 millions d'euros. En comparaison, en septembre, les épargnants ont déposé 210 millions d'euros de plus qu'ils n'en ont retiré sur leur Livret A quand cette balance s'était équilibrée sur le LDDS.
Au total, aujourd'hui, l'encours de ces deux livrets, dont le taux devrait baisser en début d'année prochaine, a baissé de 2,58 milliards d'euros le mois dernier pour atteindre 581,8 milliards d'euros.
Octobre 2024 est le cinquième mois d'octobre le plus « décollecteur » pour les Livrets A et les LDDS depuis la généralisation de la distribution de ces produits d'épargne réglementée dans toutes les banques il y a 15 ans, selon les données de la CDC.
« Depuis le début de l'année 2024, les collectes du Livret A et du LDDS se normalisent, marquant la fin d'une période faste liée à une succession de chocs (Covid-19, guerre en Ukraine, inflation, relèvement du taux de rémunération)», explique Philippe Crevel du Cercle de l'Épargne.
Concurrence du LEP
Le mois d'octobre reste un mois au cours duquel la collecte nette (solde des dépôts et des retraits) est souvent négative. Et pour cause, les ménages doivent notamment mettre la main au portefeuille pour s'acquitter de la taxe foncière et d'éventuelles régularisations de leur impôt sur le revenu.
« Depuis 2009, (...) la collecte n'a été positive en octobre qu'en 2012 (+7,35 milliards d'euros). Cette collecte exceptionnelle et atypique s'expliquait par le relèvement, au 1er octobre, du plafond du Livret A de 15.300 à 19.125 euros», analyse dans une note Philippe Crevel, le directeur du Cercle de l'Épargne.
L'hémorragie avait cependant été plus forte l'an dernier. À ces facteurs saisonniers s'ajoutait la tentation des épargnants également détenteurs d'un Livret d'épargne populaire (LEP) - rémunérant à l'épargne à 4% par an, contre 3% contre les deux premiers livrets - de le garnir davantage, à la faveur d'un relèvement de son plafond de 7.700 à 10.000 euros. D'ailleurs, le LEP a mieux passé le mois d'octobre 2024, avec des dépôts qui ont dépassé les retraits de 210 millions d'euros.
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20 milliards d'euros collectés en 2024
L'année n'en reste pas moins honorable et comparable avec la situation pré-Covid, en 2019, avec une collecte nette cumulée de près de 17 milliards d'euros depuis janvier pour les Livrets A et les LDDS. Elle « devrait se situer à plus de 20 milliards d'euros cette année », estimait il y a trois semaines le directeur général de la Caisse des dépôts, Eric Lombard, interrogé par le quotidien Les Échos.
En revanche, la collecte n'est pas garantie pour l'année prochaine. Et pour cause « l'effet "taux" ne joue plus, les ménages anticipant même la baisse prévue en février prochain », rappelle le directeur du Cercle de l'Épargne. Révisé théoriquement tous les six mois, il avait été figé à 3% jusqu'à fin janvier 2025 par l'ex-ministre de l'Économie Bruno Le Maire. Un niveau aujourd'hui supérieur à l'inflation, mais inférieur à ce qu'auraient pu avoir les épargnants si la formule théorique de calcul avait été strictement appliquée.
Mais la prochaine révision autour du 15 janvier et l'application de la formule de calcul pourraient aboutir à « un taux autour de 2,5% », avait indiqué, fin octobre Eric Lombard, sur Radio Classique. « Le calage final dépendra de la décision du ministre (de l'Economie, ndlr) sur proposition du gouverneur de la Banque de France » François Villeroy de Galhau, avait-il rappelé. Car, en pratique, le gouverneur de la Banque de France proposera au ministre Antoine Armand, dès que les chiffres définitifs de l'inflation pour décembre seront connus, un nouveau taux, en se calant sur le résultat de la formule de calcul ou en y dérogeant.