L'attrait pour le Livret A montre des signes de faiblesse
latribune.fr
L'encours des Livrets A et des LDDS a gonflé de 19,5 milliards d'euros sur les trois premiers trimestres, quand la collecte nette en assurance vie a atteint 21,3 milliards d'euros.
Le Livret A a signé en septembre son plus mauvais mois de l'année, selon les données publiées jeudi par la Caisse des dépôts (CDC), concurrencé par les dépenses courantes de la rentrée et d'autres placements.
Rentrée difficile pour le Livret A. En septembre, les épargnants ont déposé sur leur livret à peine 210 millions d'euros de plus qu'ils n'en ont retiré. C'est le pire mois de septembre pour ce placement plébiscité par les Français depuis 2021. L'encours du Livret de développement durable et solidaire (LDDS) n'a quant à lui pas bougé. La capacité d'épargne des Français est généralement entamée au mois de septembre par les dépenses liées à la rentrée scolaire et un éventuel prélèvement des impôts, en fin de mois.
Quasi imbattables en termes de taux, l'an dernier, les livrets d'épargne réglementée subissent aussi depuis plusieurs trimestres le réveil de la concurrence d'autres produits à capital garanti comme les fonds euros de l'assurance vie et les comptes à terme.
Le mois de septembre en est l'exemple flagrant : l'assurance vie gagne le match haut la main, avec une collecte nette (solde des dépôts et des retraits) de 2,5 milliards d'euros, selon les données partagées mardi par France assureurs. Ce produit d'épargne « confirme une nouvelle fois son attractivité », a alors salué le directeur général de la fédération professionnelle de l'assurance, Paul Esmein, lors d'une conférence téléphonique.
Un produit peu rentable pour les banques
Le développement du Livret A est limité par le plafond de 22.950 euros, atteint par 12,7% des détenteurs, selon le rapport annuel de l'Epargne réglementée de la Banque de France. Les livrets A sont remplis en moyenne à 7.077 euros à fin 2023, soit seulement le tiers de leur capacité.
A noter que ce produit, garanti, défiscalisé et qui permet de récupérer ses fonds très facilement, est regardé en coin par les banques puisque la rémunération qu'elles doivent servir - 3% depuis février 2023 - pèse sur leurs marges.
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La partie est plus serrée sur l'ensemble de l'année : l'encours des Livrets A et des LDDS a gonflé de 19,5 milliards d'euros sur les trois premiers trimestres, quand la collecte nette en assurance vie a atteint 21,3 milliards d'euros. Au total, les Français disposaient fin septembre de 584,4 milliards d'euros sur leurs Livrets A et LDDS, du jamais vu. Par ailleurs, l'encours du Livret d'épargne populaire (LEP), réservé aux ménages modestes et rémunéré à 4%, a crû de son côté de 330 millions d'euros le mois dernier, indique la CDC, pour atteindre le niveau inégalé de 77,6 milliards d'euros.
Le patrimoine financiers des ménages n'a jamais été aussi élevé
Le nombre de détenteurs a cependant tendance à plafonner. Il s'élève à 11,6 millions à la fin du mois d'août, selon les derniers chiffres de la Banque de France, loin des quelque 19 millions éligibles et de l'objectif donné par son gouverneur, fixé à 12,5 millions à l'été 2024
Le patrimoine financier des ménages en France s'élevait fin mars à 6.267,6 milliards d'euros, selon les derniers chiffres disponibles de la Banque de France. Il n'a jamais été aussi élevé. Difficile à se représenter, cette somme est près de deux fois supérieure à la dette publique, et près de trois fois supérieure à l'ensemble de la capitalisation boursière des entreprises du CAC 40.