[Article publié le mardi 3 septembre 2024 à 6h30, mis à jour le samedi 14 juin 2025]
Les fonds en euros sont-ils en train de retrouver la cote ? Après avoir lentement décru, les cotisations dans ces supports d'assurance-vie garantissant le capital des souscripteurs se sont stabilisées. Une surprise puisque l'attrait des épargnants pour ces fonds essentiellement exposés aux obligations d'États s'était fortement érodé. Et pour cause, entre 2015 et 2022, les rendements des obligations d'États se sont effondrés - proche, voire inférieur à 0 pour le taux obligataire à 10 ans de la France -, ce qui a progressivement tiré la performance des fonds en euros à la baisse. Affichant un rendement moyen de 2,5 % en 2024 selon l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), le support majoritaire du placement préféré des Français s'est donc fait devancer par d'autres placements sans risque.
Dès le début de la remontée des taux directeurs de la Banque centrale européenne, mi-2022, le Livret A et le Livret de développement durable et solidaire (LDDS) ont vu leurs rendements monter jusqu'à 3 % quand le Livret d'Épargne populaire (LEP) a même affiché un taux de 6 % pendant plusieurs mois. Dans le même temps, « la très bonne performance du cours des actions et des fonds immobiliers depuis 2015 ont incité les épargnants à souscrire à des contrats d'assurance-vie partiellement ou totalement en unités de compte qui offrent plus d'exposition à ces actifs risqués que les fonds en euros », note le directeur du Cercle de l'Épargne, Philippe Crevel. Des regards tournés vers les UC, incités d'autant plus par les assureurs. Et pour cause, ces derniers ont fait peu de publicité sur les fonds euros à leurs clients « pour éviter d'avoir à investir l'argent frais dans des obligations à taux très faibles », confie Olivier Weller, directeur général adjoint de Maif Solutions Financières.
Après plusieurs années difficiles pour les fonds euros, les choses pourraient cependant changer.