La politique fait son entrée en force dans les scénarios de marché en France, en zone euro, et aussi aux Etats-Unis, où le premier débat télévisé entre Joe Biden et Donald Trump donne le coup d’envoi de la campagne pour l’élection présidentielle en novembre. L’impact sur les marchés de cette séquence politique troublée et dense demeure limité, à l’exception d’une plus forte volatilité sur les taux souverains et les actions.
Toutes les élections ne se ressemblent pas. Les résultats des européennes en France, après un parti d'extrême droite largement en tête, et l'annonce d'une dissolution a certes provoqué des remous sur les marchés. L'impact aura finalement été mesuré, avec une prime de risque sur la dette souveraine qui a pris 30 points de base - ce qui est finalement peu au regard de la situation politique - et une correction boursière de 10% à 15%, très largement concentrée sur quelques secteurs, dont le secteur bancaire, toujours sensible au risque souverain.
Les prochaines élections présidentielles américaines en novembre - dont le premier débat télévisé intervient ce jeudi sur CNN entre Joe Biden et Donald Trump donne le top départ de la campagne - risque de secouer plus fortement les marchés.
Difficile à anticiper
L'effet du risque politique reste toutefois toujours difficile à mesurer ou à anticiper. « Les investisseurs n'anticipent que très rarement le risque politique et ils réagissent plutôt à posteriori lors de la matérialisation de ce risque », observe Olivier Raingeard, directeur des investissements chez Neuflize OBC. Les exemples sont en effet légion, comme par exemple, l'absence de mouvement de marché à la veille du vote britannique sur le Brexit, voire lors des menaces russes sur l'Ukraine.
En revanche, chacun s'attend à une nouvelle période de volatilité sur les marchés. « Avec le retour du risque politique en zone euro, nous devons nous attendre à des épisodes de volatilité sur les spreads souverains, dont nous avons déjà fait l'expérience dans le passé », souligne Franck Dixmier, directeur des gestions obligataires chez Allianz GI.
Et cette volatilité se retrouve également sur les actions, du moins sur certaines valeurs. Ce mouvement est d'ailleurs amplifié en zone euro par un assèchement des liquidités, dont l'origine reste encore assez mystérieuse. « Ce n'est pas simple la vie sur les actions », s'exclame Catherine Garrigues, directrice de la stratégie actions Europe Conviction chez Allianz GI.
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